HYSTÉRIE
(kasoa).
Les gens qui vous en veulent peuvent donner cette maladie ; elle peut provenir aussi d'une grande contrariété, d’un amour méconnu. Dans la grande île, on ne sait pas que l'hystérie peut atlaquer l’homme et on ne sait donc pas la soigner.
Pour éviter les conséquences d’un refus (vengeance
avec toutes ses suites), une jeune fille est tenue d'accepter la première demande en mariage qui lui est faite. La maladie est très répandue et pour le traitement on tombe dans le domaine de la fantaisie pure.
Exemple : pour guérir lhystérie on prend la dernière paille (vo/om-bodin-trano, poil de la maison) du toit de la maison de la patiente, à l’extrémité sud. On la pile dans un creuset, on rape une partie de la tige d'une Courge (Voatavo) et en ajoute un peu d’eau tiède ; puis on aspire le tout avec le tube formé par ce qui reste de la tige et on en emplit les oreilles de la malade. Quand ce mélange s’est refroidi la malade est déclarée guérie. Il est nécessaire de renouveler ce traitement plusieurs fois, mais il n’y a pas de limites.
Quand la maladie provient d’un mauvais sort qu'on a jelé à la jeune fille, il suffit de prendre une marmite bien noire, de réveiller l’hystérique dans sa crise et de la forcer à fixer cette marmite. Au bout d’un certain temps la malade doit être guérie de son accès.
Un procédé, non moins baroque, mais dans lequel je maintiendrai le mot malgache, pour ne pas choquer les. oreilles françaises, est celui qui consiste à l'emploi du volom-body de la femme. On prend un balai avec lequel ou frotte le corps de la tête au pied, puis on arrache à la malade, le volom-body, en son milieu, on va le placer dans
un pelit trou creusé en terre, à l’endroit où deux routes se croisent, et on recouvre le trou d’une pierre plate.
Cette opération terminée, on conduit l’hystérique à une
cascade, dans laquelle on la plonge à trois reprises. La maladie disparaît subitement. Gette conception du vo/ombody de la case, de celui de la femme et le trou dans lequel on les a mis est un rapprochement voulu avec la cause de l’hystérie, car on nomme aussi cette maladie adalam-pitia qui veut dire folle d’amour. | | Un autre traitement consiste à prendre la bande d’étoffe (rambon-tsalaka) qui sert de calecon aux hommes, de la tremper dans Peau la plus fraîche que l’on puisse trouver et d’en frapper inopinément la malade au visage. Le froid, la violence du choc et le saisissement suffisent pour faire revenir l’hystérique, { | On emploie aussi une plante le Kélimaika (de kely, petit,
et a, pre sser) pour faire une tisane.