‹ Pratiques et croyances médicales des MalgachesChapitre 5 sur 12 · MALADIES GÉNÉRALES ET ÉRUPTIVES · texte numérisé non relu

MALADIES GÉNÉRALES ET ÉRUPTIVES

Généralités. — 1° Ces maladies sont presque toutes produites, suivant les Malgaches, par les ancêtres, les vazimba , etc., toutes personnes qui vous veulent du mal.

On a recours aux mpisikidy pour connaître la cause particulière de chaque maladie et pour leur demander le traitement à suivre, les médicaments à prendre et les

choses à éviter.

2° Les maladies éruptives sont contagieuses et produites par le vent, le contact, et aussi par les ennemis. On ne soigne les malades que lorsque l'éruption se produit, sans savoir distinguer aucune différence, et le traitement principal consiste en fumigations et en onctions de graisse.

Nous allons voir d’ailleurs le traitement suivi pour chacune de ces maladies.

La Fièvre

( tazo ).

Définition. — Tout le monde sait que la grande île de

Madagascar est un pays fiévreux, mais surtout sur les côtes; le centre de l’île est sain et la fièvre y est inconnue par les indigènes.

Qu’est-ce que la fièvre?

D’après les Malgaches, la fièvre est l’odeur même de la terre, qui s’exhale plus particulièrement après une grande pluie suivie d’un soleil ardent. La fièvre est comme une bête invisible qui entre dans le corps par toutes les ouvertures, bouche, narine^, pores, etc. Pour la vaincre, le Malgache livre un combat corps à corps avec un être impalpable et imaginaire, et le traitement qu’il suit nous en donnera la preuve.

Etiologie. - Pendant l’hiver, la fièvre dort, impuissante,, et l’on peut sortir sans crainte; pendant les autres saisons, la fièvre est très féroce. C’est pourquoi, on choisit de préférence l’hiver pour voyager. La fièvre vient encore quand on sort à jeun ; elle est occasionnée aussi par des * fruits trop sucrés, gâtés; elle vient souvent par les blessures, quelles qu’elles soient, par les piqûres de bêtes, la fatigue extrême, la vie déréglée. Elle attaque plutôt les femmes et les enfants que l’homme, le blanc plutôt que le noir: le blanc n’est pas l’Européen, c’est celui qui est anémique et pâle.

Telles sont, d’après les Malgaches, les causes de la fièvre.

Symptômes indiqués. — - Courbature extrême après la marche, surtout le soir, soif très intense, bouche amère, dégoût du Riz et de toute nourriture, désir de mets très

épicés, nausées, vomissements, maux de lète, vue brouillée, bourdonnements d’oreille, urine colorée en jaune ou rougeâtre, frissons de froid, odeur marécageuse, essoufflement, envie de dormir, tels sont les nombreux symptômes

qui précèdent la fièvre.

Prophylaxie. - Quand il part en voyage, le Malgache emporte avec lui une certaine quantité de terre prise au milieu de la porte d’entrée de sa propriété ; cette terre est très employée dans la prophylaxie delà fièvre. S’il traverse un pays qu’il suppose fiévreux, il sent cette terre qui lui rappelle l’odeur de son pays natal ; c’est d’ailleurs le conseil que le mpanao ody lui a donné ou qu’il a reçu en

rêve de ses ancêtres.

Les indigènes ne boivent jamais de l’eau dans un pays suspect, car, disent-ils, elle renferme la fièvre en dissolution; ils ne mangent pas non plus les fruits, comme les oranges, les bananes, la canne à sucre, surtout quand ils sont gâtés : ils renferment la fièvre également et peuvent la communiquer. Cependant, si lion veut absolument manger des fruits, on les passe dans la cendre chaude et

cela suffît pour tuer la fièvre .

Ils courent très vite, en se fermant les narines et la bouche, s’ils traversent un endroit douteux, car la fievre entrerait avec l’air dans les poumons et dans l’estomac. Us évitent toute fatigue, le travail, la vie déréglée, car le corps, devenu faible, n’a plus la force de lutter contre la fievre . On marche avec précaution, pour éviter les blessures au pied, car la fièvre pénètre avec la terre qui se mélange au sang.

Les indigènes croient qu’il est très rare d avoir une seconde attaque de fièvre ; mais si le cas se présente, c’est qu’on mène une vie déréglée. On n’est homme que lorsqu’on a eu la fièvre : celui qui ne la connait pas est considéré comme un enfant, comme une femme. Aussi pour devenir homme, les jeunes gens vont quelque-fois volontairement dans les pays fiévreux pour gagner la maladie.

Nous voyons donc que d’un côté la crainte de la fièvre est terrible, et que d’un autre côté on la désire quelquefois, mais comme on désire un danger, un incendie, avec l’appréhension d’en être victime.

Les hova se croyaient invincibles, car ils avaient une grande confiance en la puissance de la fièvre des côtes pour arrêter les Européens. Aussi, au moment de la déclaration de guerre de la France, le général en chef des troupes malgaches, s’adressant à ses soldats leur dit :

« Ayez confiance ! Ne craignez rien !

Nous avons avec nous et pour nous défendre,

Un général bien plus redoutable Que les généraux français : la fièvre » .

Observations.

En 1888, j’avais entrepris le voyage de Tananarive à la côte nord-est ; j’avais quinze porteurs dont cinq n’avaient jamais eu la fièvre. Moi -même je n’en avais jamais éprouvé les souffrances ; mais ie voyage s accomplit sans encombre, ce n’est

qu’après un séjour de quelques semaines à la cote, que je - fis connaissance avec elle et que je devins un homme.

Ayant marché pendant une semaine après notre départ de la capitale, un des porteurs qui n’avait jamais eu la fièvre, le plus jeune, le plus chétif, en fut atteint car il n’avait pas voulu suivre les conseils de ses camarades plus expérimentes, et il avait mangé des fruits, bu du rhum indigène fabriqué avec la canne à sucre; ses compagnons lui disaient ; tu auras sûrement la fièvre; et en effet, il fut obligé d’abandonner la route et nous le laissâmes sur le chemin.

Deux ou trois jours après, un deuxième, un peu plus fort, fut blessé à la main, et le sang coulait avec assez d’abondance, ses camarades employèrent les médicaments les plus extraordinaires et réussirent à arrêter l’hémorrhagie, mais lui prédirent qu’il allait avoir la fièvre, et effectivement, il en fut atteint

vers le soir et ne put nous suivre.

Un troisième, qui avait déjà eu la maladie, mais encore plus chétif que les deux autres, fut reprit parle fléau, mais avec moins de force, et, le lendemain il pouvait continuer la route et arriver au terme du voyage ayant seulement quelques accès

tous les soirs.

Les deux autres porteurs accomplirent le voyage sans incident ; mais à leur arrivée ils tombèrent à leur tour, malgré les ablutions qu’ils avaient faites en arrivant au bord de la mer, ce qui devait, d’après les autres, les protéger. Les autres porteurs se dispersèrent et je ne sus s’ils avaient payé leur dette à

la fièvre.

Je ne fus pris par le fléau que lorsque la provision de quinine, que j’avais emportée de Tananarive, fut épuisée. J’en avais offert à plusieurs reprises à mes malades, mais ils se gardèrent bien d’en prendre, car, disaient-ils, la fièvre retardée serait plus cruelle pour nous : son œuvre doit s’accomplir, et si on la laisse

venir, elle sera satisfaite et ne reparaîtra plus. C’est une idée très commune à Madagascar, et pour rien au monde on ne voudrait employer le sulfate de quinine. Je n’avais eu garde aussi de manger des fruits sans les avoir, au préalable, passés dans les cendres, car si je n’avais pas voulu suivre les conseils de mes porteurs, ils auraient refusé de continuer la route ; ils ont une certaine responsabilité morale de la personne qu’ils accompagnent, et, de même qu’ils doivent la protéger contre tous les dangers de la route, ils doivent la préserver de la fièvre.

Et maintenant, nous allons dire comment les Malgaches traitent les malades atteints de la fièvre.

Traitement de la Fièvre

Prophylaxie. — Terre prise au milieu de la porte de la propriété ;

ne pas manger des fruits sucrés, surtout s’ils sont gâtés > à moins de les faire passer dans les cendres chaudes;

marcher vite en traversant les endroits suspects et se boucher soigneusement les narines ; ne pas boire l’eau stagnante ; éviter toute blessure ou piqûre de hôte; éviter toute fatigue ; mener une vie régulière; n’entreprendre un voyage qu’en hiver; ne pas sortir quand il fait du brouillard ; avoir soin de manger avant de partir.

Ligne de conduite. - Lu lier contre la fièvre comme contre un être matériel.

Hygiène. — Prendre un bain froid tous les matins en ayant soin de antsitrika (piquer une tête);

manger beaucoup pour avoir plus de force dans la lutle , ne jamais se mettre au lit si l’on sent venir la fièvre. Alimentation. - Manger du Riz jusqu’à satiété et boire du bouillon chaud, ainsi que de l’eau et du lait chauds également pour provoquer la transpiration et activei la

sortie de la fièvre.

Médication

1° Produits animaux

Taolamamba (os de Crocodile), en fumigation. On fait bouillir, dans une chaudière, de l’eau et cet os de Crocodile qui a une odeur infecte ; le malade se place le plus près possible du récipient, et on recouvre le tout, la chaudière et l’homme, avec plusieurs étoffes qui les renferment hermétiquement. C’est une véritable fumigation, qui provoque la sueur chez le patient; l’odeur, par trop désagréable, le fait vomir, et il vomit en même temps la fièvre, à moins que la vapeur, le manque d’air ne provoquent l’asphyxie; dans ce cas la maladie est guérie à jamais. 11 faut aussi

boire de ce liquide.

Mena-kisoa (saindoux). — Ca fièvre fait maigrir d une façon très rapide ; il faut donc remplacer la graisse perdue

par du saindoux liquide que 1 on fait boii6 au ma là do on lo forçant a absorber des quantités considérables de viande

de Porc .

Vorombazaha (Canard). — On suit la même méthode qu’avec Los de Crocodile ; on fait cuire le Canard, coupé en morceaux, dans Peau bouillante ; on prend un bain de vapeur; mais il faut avoir soin de manger le Canard entier pour que cette médication ait un résultat pratique.

2° Produits végétaux

Landemy . — L'écorce verte et bouillie de cet arbre donne une tisane soulageant le malade. Dose : 250 à 500 gr.

Nonoka. — Les feuilles vertes de cet arbre donnent

aussi de bons résultats. Dose : le plus possible.

Komy. — La décoction de l’écorce et des feuilles de cet arbre est employée à faire des lotions sur tout le corps du malade. Elle peut aussi être avalée et servir à faire des fumigations.

Kiranjay. — C’est un arbuste dont les feuilles possèdent une odeur infecte ; on les emploie comme Pos de Crocodile cité plus haut.

Traitement symptomatique

Frissons. — Il faut se couvrir de trois ou quatre couver-

turcs et prendre de l’eau chaude, quand on ne peut plus marcher, car on vous force à rester debout jusqu à complet épuisement.

Vomissement. — Le vomissement est un soulagement, non seulement pour le malade, mais pour les personnes présentes, car la fièvre est vomie en même temps que le contenu de l'estomac.

Anorexie. — On fait manger de force le malade, on le gave, toujours dans l’idée que, quand le ventre est rempli, les forces sont décuplées.

Atodin-tazo (œuf de la fièvre). — C’est fhyperthrophie de la rate. L’ atodin-tazo est l’œuf que la fièvre a déposé dans le corps de l’homme ; s’il ne se développe pas, c’est qu’il était stérile ou que le terrain ne lui est pas favorable.

Traitement de l’oeuf de la fièvre. — Pour traiter cette maladie, les Malgaches emploient des moyens très bizarres- et très curieux. .Le but poursuivi est de faire crever cet œuf et d’en débarrasser le malade au moyen de purgatifs. Voici ce que l’on emploie pour briser f œuf et guérir

cette hypertrophie.

A. — Qn couche le malade sur le dos. Le rebouteux s’enduit alors les deux mains avec de la graisse, il les présente au feu pour que cette graisse soit bien chaude, et il pratique des compressions dans tous les sens sur la rate, afin de l’écraser, de la faire rentrer en ellemême et de la rendre plus petite. Il répète cette manœuvre deux ou trois fois par jour et administre des mé-

dicaments purgatifs pour rejeter au dehors, les débris de l'œuf qui, dit-il, est brisé.

b. • — Ou bien on enduit le ventre de graisse et on expose le malade au soleil afin que le ventre et l’hypertrophie se ' ramollissent.

c. — Ou bien encore, le matin de très bonne heure, on conduit le patient dans un endroit où il y a des pierres énormes ou des canons, on l’applique contre une de ces pierres ou un de ces canons et la sensation de froid le soulage momentanément ; quand la pierre est échauffée, il en prend une autre et ainsi de [suite jusqu’à ce qu’il ait embrassé avec son ventre, ou plutôt son hypertrophie, toutes les pierres présentes ou tous les canons; le malade est ramené chez lui, et on lui roule sur le ventre des bouteilles remplies d’eau glacée : tout cela parce que la rate comme tous les corps (dilatation cubique des corps) se contracte par le froid et devient plus petit.

d. — ■ Dans cette maladie, nous savons que le diaphragme est relevé, les poumons comprimés, etc., et que la respiration devient difficile (dyspnée) par le fait même du relèvement et de la grosseur de la rate. Il faut donc l’obliger à descendre dans l’abdomen, et pour cela, on prend le malade par les bras, on le soulève afin que les pieds ne touchent pas la terre et on le secoue en l’air pour que la raie descende entraînée par son propre poids. Ou bien on couche encore le malade sur le dos, on passe une main sous

les reins à la hauteur de la rate, on met l’autre dessus et

on opère de manière à ramener la rate vers le bassin et a dégager ainsi le diaphragme.

Médication de l’hypertrophie de la rate, Vahivoraka, — C’est une plante grimpante très vénéneuse que les Malgaches emploient comme purgatif afin de faire couler l’œuf brisé.

Tout ce que notis avons dit sur la fièvre n’est pas la manière unique de traiter cette maladie, car chaque tribu a la sienne propre ; c’est plutôt celle des habitants du

centre de l’île.

Variole

( nendra ) .

Définition malgache. — - La variole est une maladie du vent. Elle est considérée comme très dangereuse; aussi la loi malgache obligeait les parents à isoler le malade, à le conduire dans un endroit clos et à l’abri du vent, et permettait au peuple de lapider le malade s il se refusait à quitter le village. On devait brûler le linge, les meubles, la maison même et tout ce qui était susceptible d’avoir été

touché.

Les Malgaches distinguent deux nendra , la nendra normale et 1a, nendra anormale ; la normale correspond tout à fait à ce qu’ici on appelle la forme commune, eu 1 anoimale, à la forme maligne, La nendra comprend la forme blanche et la forme aveugle. Les boutons de la forme blanche sont remplis de pus de couleur blanche et tiès liquide ; ceux de la forme aveugle sont un peu rougeâtres

et cette forme peut se communiquer à ceux qui ont déjà eu la variole .

Etiologie. — Cette maladie attaque de préférence les gens malpropres, mais elle attaque aussi les craintifs qui, voyant un malade, s’affectent et tombent eux-mêmes malades. Aussi, pour éviter la contagion, le varioleux doit prévenir de sa présence, en criant le long du chemin : Rendra ! nendra ! comme autrefois en France, les lépreux agitaient leurs cliquettes. On peut aussi tomber malade si l’on passe près d’un varioleux et que le vent vienne de sa direction .

Une autre cause de la contagion est dans cette tradition malgache ce que l’on appelle mamadika (transfert des morts). Quand une famille vient à perdre un de ses membres, on l’enterre très souvent dans un tombeau provisoire; si la famille prospère, elle veut donner une nouvelle demeure à celui qu’elle a perdu et on l’exhume pour le mettre dans un tombeau en rapport avec sa fortune. Si le défunt est mort de la variole, cela suffît pour que ceux qui rapprochent prennent le germe de la maladie, quoique cette exhumation soit une fête et l’occasion de réjouissances pour toute la famille.

Les mpihady fasana (violateurs de tombeaux). — Les morts, nous l’avons déjà dit, sont entourés de larnba qui atteignent quelquefois une très grande valeur. Il existe dans tout le pays une véritable bande de voleurs, de pillards qui sont à l’affût de toutes les occasions et qui, dès que la famille a abandonné un parent entouré de riches étoffes, se

font un devoir de les déterrer pour s’emparer des lamba et aller les revendre dans tout le -pays et principalement dans les marchés. Ces lamba entourent quelquefois des varioleux et cela suffit pour répandre le fléau dans toute une contrée.

Nous avons dit que la loi malgache ordonne de brûler tout ce qui a appartenu aux malades, mais si cette loi est suivie, cela provoque la ruine de toute la famille. Pour échapper à ce désastre, les parents qui préfèrent leur intérêt particulier à l’intérêt public, distraient tout ce qu’ils peuvent de l’incendie et vont le vendre assez loin pour que l’on ignore la provenance de leurs marchandises.

Les malades sont isolés, mais ils ne sont pas livrés à eux-mêmes, ils sont soignés par des gardes-malades qui ont déjà eu la variole et qui ne craignent rien. Ces gardesmalades ne doivent pas entrer en communication avec le public, et ils doivent venir chercher les médicaments et les vivres qu’on a déposés à distance pour leur usage et celui des malades.

Malgré cela, ils trompent bien souvent la surveillance dont ils sont l’objet et vont faire leurs emplettes euxmêmes. Gela, d’après les Malgaches, suffit bien souvent pour transporter la variole et la répandre dans le village.

Symptômes. — Il n’y a que les gens qui ont eu la variole et ceux qui ont l’habitude de la soigner qui peuvent en connaître parfaitement les symptômes. Voici ceux qu’ils connaissent à la période d’invasion, mais ces symptômes sont ceux qui sont connus en médecine.

Les Malgaches mettent en première ligne la céphalalgie, puis la courbature, viennent ensuite les frissons, les nausées, les vomissements, des douleurs lombaires atroces qui durent à peu près quatre ou cinq jours. C’est ce qui fait que si vous présentez un de ces symptômes, on présume que vous allez avoir la variole et immédiatement, après une douleur de tête ou quelques frissons, on vous transporte avec les varioleux et cela est suffisant pour qu’effectivement vous tombiez malade.

C’est pendant la période d’éruption que le Malgache prétend bien connaître la forme de la maladie en examinant les boutons; mais malheureusement il confond presque toujours la rougeole avec la variole et met les gens qui n’auraient eu que la rougeole avec les varioleux; ils ont alors les deux maladies en même temps.

Prophylaxie. — Elle consiste à écarter le malade de la famille, à le chasser de la ville et à l’isoler dans un endroit désert, abrité du vent. De plus, il ne faut pas avoir peur en voyant un varioleux.

Vaccine rudimentaire. — Takoperinendra (croûtes des pustules).— Pendant qu’en Europe toutesles Facultés étaient à la recherche d’un sérum pour prévenir cette terrible maladie, et bien avant que Jenner eût découvert son vaccin, les Malgaches pratiquaient la vaccine à leur manière et obtenaient des résultats merveilleux. En effet pendant la période de dessiccation v ils prenaient quelques parcelles de la croûte grisâtre qui se détache des pustules et les introduisaient avec la pointe d’un couteau sous l’épiderme du bras

des individus de tout âge, enfants, femmes ou hommes que l’on voulait préserver. Il se développait alors quelques boutons en différents endroits du corps et vous étiez immunisé contre une plus violente attaque de la maladie.

Efitra aranari akoho (peau interne du gésier de volaille). on prend la peau interne du gésier d’un Poulet, on la fait brûler pour la réduire en cendres, on la mélange avec l’eau et on boit le tout pour se protéger de la maladie ; parce que cette peau, séparant les aliments absorbes par la poule en deux parties, c’est-à-dire séparant le bon du mauvais, peut séparer aussi dans notre corps ce qui est bon

de la maladie qui est mauvaise.

Hygiène. — On fait sortir le malade de la ville, il quitte sa famille et on le place dans un endroit où il n’y a pas de

vent.

Alimentation. — Elle consiste à avaler du Riz cuit a l’eau, mais très dur. On ne doit pas le mâcher pour qu il crève les pustules de la bouche et du gosier. On boit du bouillon chaud et de l’eau avec du sucre mélangé de Gingembre pour améliorer la voix enrouée. Si la personne a de l’appétit, on lui donne tout ce qu’elle désire.

Traitement. — Période d’invasion. — Fumigations a l’eau üe Poulet pour que l’éruption aboutisse.

Période d'éruption. — Enduire tout le corps de graisse, et continuer les fumigations ; pour l’éruption bucco-pharyngienne, avaler sans le mastiquer un morceau de viande attaché avec une ficelle ; tirer ensuite fortement pour faire crever les boutons et faire expectorer le pus.

Période de suppuration. — - Crever les boutons avec une aiguille \ coucher le malade sur une natte très dure pour qu'en se roulant sur cette couche, il crève lui-même les boutons qui couvrent son corps.

Période de dessiccation. — -Enduire le corps de graisse,

îouler le malade sur une natte ou enlever les croûtes avec Pongle.

Pendant tout le traitement, si le malade veut se gratter on lui lie fortement les mains au dos.

Conclusion. — Malgré ce traitement bizarre et curieux qui ne ressemble pas beaucoup au traitement des pays civilisés, on parvient à sauver beaucoup de malades par le seul fait que ceux-ci ont une confiance illimitée dans les personnes qui les soignent.

Note. - Une figure grêlée est une tare pour une jeune fille ; elle trouvera difficilement à se marier.

La Lèpre

\(boka)

La lèpre, assez fréquente à Madagascar, présente trois périodes dans son développement.

La première période est caractérisée par l’apparition de taches qui deviennent des tubercules dans la deuxième.

La troisième période amène l’ulcération et parfois la chute des membres.

RAM1SIRAY.

GesHrois phases sont tout à fait connues des Malgaches étant "donné l’expérience acquise. Ces trois phases de la maladie peuvent exister simultanément sur differents

points du corps.

Etiologie.' - La cause est peu connue, mais on croit généralement qu’une alimentation exclusive de Poissons prédispose à cette maladie. En effet, près de Tanananve, se trouve un village dont les habitants ne mangent que du Poisson de rivière ; leur peau devenue plus blanche fait dire aux Malgaches qu’ils sont plus sujets que d’autres

à la lèpre. -

Il est difficile de préciser à quelle époque remonte invasion de la lèpre à Madagascar ; son origine est aussi problématique que l’origine même des. différents peuples de l’île, et il est probable que ce sont les diverses races noires qui l’envahirent qui amenèrent avec elles le fléau.

Elle peut se communiquer par contagion, et de nombreux exemples en font foi, mais les Malgaches la croient

surtout hériditaire.

symptômes. -Les symptômes et les progrès delà lèpre à Madagascar ne diffèrent pas sensiblement des descriptions données à ce sujet par les auteurs les plus anciens.

Tout en affectant la peau, les cheveux, les membres on a remarqué aussi que la lèpre provoque des troubles dans les fonctions essentielles de la vie, troubles du système respiratoire, troubles clans les organes et troubles dans

système nerveux. »

Tout d’abord la peau devient boursouflée et l’on éprouve

une certaine démangeaison. C’est alors que les taches de couleur rougeâtre contrastent fortement avec la couleur noire de la peau saine ; ces taches augmentent peu à peu et il n’v a plus de doute, c’est la lèpre qui poursuit son œuvre !

Evolution. — Les pieds et les mains présentent des lésions précoces, les ongles se déforment et les doigts se recourbent en forme de griffes, sans qu’il soit possible de les redresser. Au pied, les doigts conservent leur forme habituelle, la forme en griffe est très rare.

Plus tard, il survient des ulcérations au niveau des phalanges des doigts ou des orteils; ces ulcérations creusent les chairs, arrivent jusqu’aux articulations qu’elles détruisent et les phalanges se détachent. Ces ulcérations se remarquent sur tout le corps, mais plutôt vers les extrémités; aussi il n’est pas rare de rencontrer des lépreux privés des mains, des pieds, des bras ou des jambes, de voir même des êtres humains manchots et cul-de-jatte tout à la fois. Ces mutilations les rendent très maladroits et comme ils n’ont personne pour les servir, il leur arrive d’ajouter à leurs souffrances d’autres souffrances occasionnées par les brûlures qu’ils se font en préparant leurs aliments.

Prophylaxie. — La prophylaxie de la lèpre était ainsi déterminée par la loi malgache :

« Les lépreux doivent être placés dans des endroits qui leur sont réservés. Si les personnes connaissent des lépreux vivant dans leur voisinage, elles doivent en

informer le gouvernement, sous peine de se voii condam ner à une amende d’un Bœuf et de cinq francs. A défaut de paiement le délinquant devra être emprisonné jusqu’à ce qu’il ait payé l’amende, chaque jour de prison équivalant à soixante centimes.

Hygiène. — Manger le plus possible et ce qui vous plaît. Malheureusement les lépreux appartiennent à la classe misérable et il ne leur est pas souvent facile de suivre cette ordonnance, car les offrandes sont rares et le lépreux ne peut pas travailler pour satisfaire ses besoins.

Traitement. — Au début et dès que les plaques rougeâtres commencent à paraître, on applique sur la peau des plantes pouvant produire l’effet d’un vésicatoire.

On racle la peau avec un couteau ou un morceau de cruche en terre, mais quand les membres tombent, on abandonne tout traitement et le malade est livré à son sort. La plante la plus généralement employée comme vésicatoire est le Fanoroboka. C’est une herbe droite dont le sucre a, dit-on, la propriété de cautériser ; aussi chez les - Malgaches et principalement chez les Betsileo, ce remède est-il donné aux individus ayant le symptôme de la lèpre (peau rougeâtre), et appliqué sur toutes les parties du corps atteintes. L’épiderme s’exfolie ensuite.

La loi malgache citée plus haut, n’est plus guère en usage, car nous l’avons dit, on croît plutôt à 1 hérédité qu’à la contagion.

Les lépreux sont tolérés sur les voies publiques mais en dehors des villes où ils ne doivent plus pénétrer. Isolés

complètement, dénués de tout, les malades sont encore très malheureux et cherchent à émouvoir les passants pour obtenir quelque soulagement à leur infortune. Echelonnés sur le bord des routes, seuls, par petits groupes ou par famille, ils cachent sous leur lamba les ravages du terrible mal, et font entendre leur chant triste et lugubre :

« Andriamanitra nohamaly!

Ary ny soa alaonareo !

Ho tonga tohatra ,

Hiakaranareo any an-danitra ! » .

(Que Dieu vous bénisse et que votre bonté devienne l'escalier qui vous conduira au ciel).

La langue malgache est remplie de proverbes dépeignant bien la misérable vie des lépreux :

Proverbes. — La jeune fille n’aime pas le garçon lépreux.

Le garçon n’aime pas la fille lépreuse .

Personne ne plaint le lépreux qui vient à mourir.

Personne ne réclame le lépreux disparu.

Le lépreux riche doit donner les restes de sa table à son Chien.

Si le lépreux devient riche, il sera toujours triste.

Le lépreux, même riche, ne connaît pas le plaisir de manger certaines viandes, car privé de ses mains, il ne peut pas se nettoyer les dents.

La Rougeole

(kitrotro).

La rougeole fait partie des maladies dangereuses et épidémiques connues des Malgaches. Malheureusement ceuxci en confondent les symptômes avec ceux de la variole et les traitent de la même manière et en les envoyant dans

les endroits affectés aux varioleux.

Etiologie. — Le Malgache sait parfaitement que cette maladie ne récidive jamais, et qu’elle peut se communiquer par la contagion. Indépendamment de cela, il croit aussi quelle peut être produite par un de vos ennemis avec l'intermédiaire du mpanao ody . Aussi pour être fixé sur ce point il consultera le sikidy, Le Malgache sait encore que cette maladie s’attaque plutôt à l’enfant de deux à huit ans, aussi quand un adulte en est atteint, il ne le soigne pas du tout et laisse la maladie accomplir son œuvre et étendre sa contagion.

Symptômes. Pendant la période d incubation le Malgache hésite, à moins d’être accoutumé à cette maladie.

Pendant la période d’invasion, si l’enfant à la fièvre et l’inflammation des muqueuses oculaires et nasales, on croit que ce n’est qu’un rhume qu’on traite comme tel.

Pendant la période d’éruption, le Malgache est fixé et sait qu’il se trouve en présence de la rougeole.

Formes. — Le Malgache distingue deux formes de rougeole, la forme maligne et la forme bénigne. Celle qu’il appelle bénigne est celle dont les symptômes ne paraissent pas dangereux. Celle qu’il appelle maligne est celle qui, après l’éruption, disparaît complètement. C’est que la rougeole est entrée dans le corps et s’est mêlée au sang.

Prophylaxie. — Pendant la période d’incubation et d’invasion, les parents gardent tous leurs enfants à la maison, mais dès que l’éruption apparaît, ils renvoient ceux qui ne sont pas malades. Les adultes ne quittent pas la maison, car ils n’ont pas peur de cette maladie; ils vont partout, sauf chez les amis qui ont des enfants.

Hygiène. — Il ne faut jamais baigner les enfants, ni leur faire boire de Peau froide ; ne pas les exposer aux courants d’air; tenir la chambre chaude et allumer de grands feux de cheminée.

Alimentation. — Manger des choses liquides, lait chaud, bouillon également chaud.

Traitement 1 — Avant la période d’éruption, le Malgache laisse l’enfant en liberté, mais dès qu’elle apparaît, il faut entretenir une chaleur constante, faire prendre des fumigations et se servir de plantes médicinales.

Les fumigations pour enfants diffèrent sensiblement de celles employées pour les adultes. On fait bouillir dans de l’eau, un Canard et un Poulet et certaines plantes possédant une odeur très forte. La vapeur est conduite par une natte roulée et recourbée sur l’enfant que l’on recouvre d’une étoffe. L’odeur du Canard ou du Poulet hâtera

l’éruption, les plantes médicinales la guériront, la chair de la volaille sera pour. ... le médecin.

On maintient le lit de l’enfant à une température assez élevée. Pendant la période de desquamation, on enduit le corps de graisse et le lendemain on fait prendre un bain au malade. Deux jours après, l’enfant peut sortir et se promener.

S’il y a des complications, le malgache ne sait pas les soigner, il ne soigne que la rougeole qu’il connaît.

La Varicelle (■ nendram-boalavo ) .

Le nom malgache veut dire variole du Rat. On nomme ainsi cette maladie à cause de sa légèreté et de sa bénignité. On dit que la varicelle n’est jamais contagieuse ; aussi quand les symptômes delà rougeole commencent à apparaître chez un enfant, on garde les autres pour expérimenter et si la contagion ne se produit pas, ce n’est pas la rougeole, on a affaire à un cas de varicelle que l’on traitera pourtant comme la rougeole avec des fumigations et de la chaleur tout en laissant plus de liberté à l’enfant. On ne soigne pas les adultes.

La Scarlatine

Les malgaches ne distinguent pas cette maladie, ils la

confondent toujours avec la rougeole et la varicelle et même

la variole. Pourtant j’affirme que cette maladie existe.

Le traitement est donc le même que si l’on avait affaire à l’une des trois maladies précédentes.

La Syphilis ( tety ).

Parmi les maladies qui sont communes à Madagascar, la syphilis est peut-être une des plus connues quoiqu’elle fût assez rare autrefois. Depuis quelques années cette maladie semble avoir étendu son action, et avoir répandu une plus grande terreur. Dans certaines tribus, chez les Betsiléo , par exemple, on garde les varioleux chez soi et on expédie les syphilitiques. On rencontre cette maladie plutôt chez les esclaves ou les domestiques que chez les maîtres ; chez les personnes malpropres que chez celles qui suivent les règles de l’hygiène.

Étiologie. — On sait parfaitement que cette maladie peut se contracter par les rapports avec un syphilitique, aussi, on évitera de se commettre avec une personne qui passe pour telle et même qui aura la. réputation de trop fréquenter le sexe opposé. On dit aussi que la maladie peut être communiquée parles domestiques qui se gardent bien de dire leur état et qui servent continuellement leurs maîtres, sans prendre aucune précaution antiseptique.

Quand la syphilis atteint les organes génitaux et que le

chancre ronge la verge, le Malgache ne dit plus que c est la syphilis -qui produit ses ravages, mais que le mal est occasionné par les ody , les mosaviy et les gens, hommes ou femmes, qui vous en veulent.

Symptômes. — Les signes connus par les Malgaches sont la chute des cils et la voix rauque. Si ces deux symptômes ne se présentent pas, on traite les malades comme des ulcéreux. La figure marbrée et brillante est aussi un signe pour les Malgaches.

Prophylaxie. — Chez les Betsileo , on considère ce mal comme très grave. On ne garde jamais les syphilitiques dans la famille, on gardera plutôt un varioleux. Les domestiques syphilitiques sont renvoyés, chez les Hova ; aussi quand un domestique veut obtenir quelques jouis de congé, il dit qu’il est syphilitique et revient quelque temps après en se disant guéri.

Dans une famille, quand un des membres est atteint de la maladie, tous les autres prennent l’intérieur de la peau d’un gésier, le font brûler, le pulvérisent et l’avalent comme

nous l’avons vu précédemment.

Alimentation. — Les syphilitiques mangent tout ce qu’ils veulent, excepté les choses fady, interdites par le sikidy et les mpomao fanafody (faiseurs de médicaments).

Traitement. — Au commencement, au lieu de laver le syphilitique, on l’entretient dans un état de saleté caractéristique ; plus tard on le lavera avec du savon noii tous les matins. On applique alors quelques médicaments externes : le TaninJd andro , On cueille les feuilles de cette

plante avant le lever du soleil, quand elles sont couvertes de rosée ; on les pile, puis on en extrait le suc que l’on expose au soleil pendant plusieurs heures. Le résidu, devenu épais, est appliqué sur les parties atteintes que l’on a soigneusement lavées, et il se produit alors une souffrance atroce qui empêche de rester en place.

Le Hanidraisoa, le Sonar a, le Dmgadingcina, arbustes dont les feuilles sont écrasées et appliquées.

Quand la maladie s’aggrave et qu’on l’attribue aux ody, etc., voici les médicaments que l’on emploie : le Rambiazina, dont on prend les feuilles que l’on fait brûler pour appliquer les cendres sur la partie malade.

Le Mandravasarotra (étym. mandrava , qui détruit; saro tra, difficulté). C’est un arbre auquel les Malgaches attribuent le pouvoir de préserver des calamités et des maléfices.

Les Oreillons

(i donika ).

On sait que cette maladie est contagieuse et, dès qu’un cas se produit dans une famille, on s’attend à ce que plusieurs personnes en soient atteintes. Le Malgache dit que la personne atteinte de cette maladie à des joues de Mouton ; aussi pour ne pas être la risée de tout le monde on reste à la maison, les jeunes filles surtout.

Traitement. — Cette maladie, n’est pas très redoutée à Madagascar ; elle se guérit d’elle-mème, sans qu’on fasse

grand’chose ; on se contente de mettre une espèce de terre blanche, qui sert aussi à blanchir les maisons, et on entoure le tout d’un trait au charbon de bois.

La Rage

( romotra )

Il y a beaucoup de Chiens enragés à Madagascar. Les Chiens sont nombreux, ils vivent en liberté et un seul suffit pour répandre le mal chez tous ses congénères. Dès qu’une personne a été mordue par un Chien, on se met à la poursuite de l’animal jusqu’à ce qu’on s’en soit emparé, on le tue, on lui arrache les dents que l’on brûle et on • met les cendres sur la blessure. Si on ne parvient pas à s’emparer du Chien, on prend un couteau et Ton coupe le morceau entamé par les dents de l’animal. Ou bien s’il y a du feu, on prend un morceau de bois enflammé et l’on brûle les chaires.

Il y a aussi beaucoup de Chats enragés dans l’île et ils causent encore plus de terreur que les Chiens.

Dès qu’on aperçoit un Chien enragé, on se garde bien de fuir ; on reste droit dans la rue ou dans la campagne, sans s’inquiéter si l’animal se dirige dans votre direction.

Celui-ci va droit devant lui comme s’il ne voyait rien. S’il butte contre un obstacle, il mord. Il passe ainsi à quelques centimètres de vos genoux sans vous toucher pour aller mordre un arbre, une pierre ou un autre Chien

se trouvant sur son chemin. Il y a en effet du bon sens dans tout cela; le Chien se mettra à la poursuite d’une personne qui fuit.

Quand un Homme est atteint de la rage, on lui attache solidement les bras et les jambes et on le laisse mourir dans de terribles souffrances.

La Blennorrhagie.

( angatra ) .

Cette maladie, si commune dans les pays civilisés, est aussi connue à Madagascar et les causes en sont les mêmes.

Traitement. — Dès que l’écoulement se produit, il faut que le malade marche, travaille, se fatigue afin de le faire avorter. Pour détruire la trop grande souffrance, on verse de l’eau chaude dans l'endroit où l’on écrase le Riz, on y met de l’étoffe brûlée et on entretient une forte chaleur en y jetant des pierres chauffées au feu : le malade s’asseoit sur cette espèce de table et baigne la partie malade. Il mange des cervelles de Bœuf et des tripes, et en boit le bouillon pour faire uriner. Il ne faut pas manger des choses sucrées.

On se sert aussi de certaines plantes comme médicaments :

1° Kivolavola , herbe que l’on prend en décoction pour guérir cette maladie.

2° Vatolalaka, dont on avale la graine réduite en poudre.

3° Songosongo dont on prend les feuilles en décoction.

4° Kijejalahy , dont la racine est employée pour faire de

la tisane.

Goutte et Rhumatisme ( Gaotra et Rohana).

Le Malgache ne distingue pas ces deux affections et les soigne de la même manière.

Elles sont pourtant très répandues dansl’île.

Chaque fois qu’on souffre au poignet, à Larticulation du pied on dit : c'est la goutte, ce sont les rhumatismes. L’on dit aussi que ces deux maladies, sont les « maladies des riches » ; ceux qui veulent paraître riches marchent comme les goutteux. Pour éviter ces maladies on recommande de ne pas manger trop de viande ni une nourriture trop recherchée.

Traitement. — S’il y a gonflement aux jointures, on prend un morceau de verre et on coupe pour faire saigner. On fait aussi un cataplasme de bouse de Vache enveloppée dans une feuille de Bananier et chauffée dans les cendres et on l’applique sur la partie douloureuse. On prend de même une plante que l’on appelle Sodifafana , on la pile et on l’applique comme cataplasme après Lavoir fait chauffer.

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