Précieux avantages de la charité envers les âmes du Purgatoire [microforme]
‘ 6 quelqu'un donne un verre d’eau seulemert à un de ces plus petits, je vous diszen vérité qu’il ne perdra pas sa récompense.”
de { Math. X1, 42.]
En offrant à Dieu nos bonnes œuvres pour les âmes du Purgatoire, loin d'y perdre, nous y gagnons beaucoup. Expliquons un peu en détail cette consolänte vérité.
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Toute bonne action est mérifoire, si on la fait avec une intention pure; si petite qu’elle parait, sa récompense sera grande au dernier jour, lorsque le Juge souverain, se tournant vers les élus, leur dira: “Venez, les bénis de mon Père, prenez possession du royaume qui vous a été FRE ste «lo s'CRP is eu faim, et vo F ds
a ado “Eric Er at >
AA# Soif, et vous m'avez donné à boire, ”etc. (ib.
XXV, 24.) Remarquez ici Pourquoi les élus sont appelés au Royaume céleste. C’est, dit le Juge, parceque J'ai eu faim, et que vous m'avez donné à Mmunger, elc.... Aussi en parlant à chacun d’eux, il leur dit: O bon et fidèle serviteur, parceque Vous avez été fidéle dans les moindrés:choses, je vous en donnerai de grandes : entrez dans la joie de votre Seigneur [ib. xxv, 23] C'est donc la fidélité et le soin que nous apportons à faire les bonnes œuvres, qui est la vraie cause pour laquelle le Sauveur comble de joie ses saints dans le ciel.
Les bonnes actions * Qie nous faisons nonseulement sont néréloires, mais elles sont émpétratoires, c'est-à-dire qu'elles nous ob. tiennent des grâces actuelles, même sans que nous les demandions ;— et ces grâces, nous pouvons les transférer au prochain avec un grand accroissement de mérites et de nou:
velles grâces pour nous-mêmes.
S sont sa/isfactoi- MANU I Gérer ar FAT ; RES SU METOE SER
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etc. (ib.
les élus C’est, dit UC VOUS USs1 en ) bon et été fidéen donde votre fidélité les bonour ]la- Saints
ns non- >s sont Jus obins que S, nous vec un e nou-
factoi-
re
res, c'est-à-dire qu’elles obtiennent de la justice de Dieu la rémission des peines dues aux péchés dont'neus avons déjà obtenu le pardon ;:— et ces’ satisfactions, il nous est permis de les emfbyer à payer, non pas nos propres dettes, mais’ celles des pécheurs pénitents, et surtout 'dès'âmes du Purgatoire.
Nous venons de voir ‘comment le mérite, limpétration, et la satisfaction se rencontrent dans nos œuvrés: On ne perd donc rien du mérite de ses prières et de ses aumônes, quand on les offre poifrles âmes de ses fréres. Au contraire, on l'augmente de beau- Coup, parceque la &harité qui se joint aux vertus les relève extrêmement et gagne un plus Aaut dégré de givire, comme nous le verrons.
En appliquant aux âmes du Purgatoire mon aumône, je leur cède toute la satisfaction que je pourrais faire par cette aumône pour mes propres péchés à la Justice divine, et je prie le souverain Juge de l’accepter pour l’expiation des leurs. Si donc je donne
à un pauvre, tout le mérite est pour moi, toute /’impétration est pour moi ou pour ceux à qui je veux l'appliquer, mais la satisfaction n'est pas pour moi, .ellé est pour les morts, à qui je la donne toute-entière; je satisfais pour leurs fautes et ñon:pour les miennes.
On n'y perd rien néanmoins : au contraire on y fait un gain très ‘éonsidérable. On en doit croire le Saint Esprit, qui parlant d’un homme charitable, dit qu'il fait du 4éen à son âme [Prov. XI,17], bien loin de lui faire tort. Cette vérité se prouvé par l’autorité de St.
Thomas; ce saint doçteur enseigne que lors-.
que, par charité, un homme souffre pour un autre, la satisfaction ou la pénitence qu’il fait est plus agréable.à Dieu que s'il souffrait pour lui-même. Car, dit-il, l'un est l’effet d’une fervente charité, et l’autre d’une inévitable nécessité.” ['lib. III contra gent. ch. VIII] La divine vertu de charité relève les choses les plus petites et les rend agréables aux yeux de Dieu.
Comme donc une bonne action d'elle-mé-
dava
chari Fi tout :
cela à un que méri!
mom esth verre de jouir.
avior un v ache!
il no du m pour sensé Je du P
me est méritoire, elle l'est incomparablement. davantage quand on y ajoute le motif de la:
charité envers les pauves âmes du Purgatoiré:
Figurons-nous un instant deux hommestout à fait égaux en mérifes ; supposons après cela que l’un des deux: donne un verre d’eau: à un pauvre pour l'ambur de Jésus-Christ, et que l’autre ne donne'ren. Dès lors leurs mérites ne sont plus égaux, et si au même moment ils viennent à.mourir tous deux, il est hors de doute que célui qui a donné le verre d’eau aura un dégré de gloire au-dessus de l'autre, et que pendant toute l'éternité il jouira de Dieu plus:partaitement. Si nous.
avions donc pour Dieu et pour nous-mêmes un véritable amour,’hous ne croirions pas acheter bien cher ce degré de gloire, quand il nous faudrait endurer tous les supplices du monde, et même les peines du Purgatoire pour l'obtenir. Ne faut-il donc pas être insensé pour mépriser un si grand bien?
Je dis de plus, que d'offrir pour les âmes du Purgatoire ses prières et ses aumônes est.
un: œuvre excellente entre les autres œuvres de misericorde. Car celui qui tire une âme d: Purgatoire et.qui lui ouvre le ciel, lui donne, non pas up verre d’eau froide, mais Ja source tout entiérede cette eau gw? rejaillit \yusqu'à la vie éternelle [S. Jean, IV, 14 rs de cette eau dont lke ‘a une telle soif, qu'elle brûle jour et nuit san's’se pouvoir procurer le moindre rafraichissement. Il la revêt, non pas d’un habit que letemps consume, mais de la robe d'immortalité, qui la défendra éternellement du froid et de la chaleur.
Comprenez, si vous le pouvez, quel doit être le prix d’une œywæ si héroïque.
‘Ceux qui sont affectionnés aux âmes du Purgatoire reçoivent du ciel tant de grâces qu'à moins d’une extrême négligence ils feont de rapides progrès dans la vertu. Car ces âmes, en reconnaissance, leurs obtiennent pour cela de puissants secours du ciel.
Denys le Chartreux rapporte une vision de sainte Brigitte, qui entendit quelques unes de ces âmes dire à haute voix: “ Seigneur,
Ruvres 1e àme ‘el, lui e, mais rejaiilit [,14); qu'elle curer le êt, non e, mais éfendra ur.
el doit
mes du > grâces ce ils feru. Car tiennent el.
e vision ues unes Seigneur,
Dieu tout puissant, rendez le centuple à ceux
qui nous assistent de leurs prières auprès de vous, pour nous faire jouir de la lumière de
votre Divinité.” 7
Ces pauvres âmes savent de quels horribles tourments elles ant été délivrées par nos. prières et bonnes œuvres; elles sont si heureuses d’avoir commeñté à voir Dieu un jour; une heure, un moment: plus tôt qu'elles ne le devraient ! Il ne faut pas croire, que pour être élevées en gloire, ces âmes en soient moinsreconnaissantes; non, l’ingratitude n’habite pas au ciel!
Je tiens à répèter, pour le bien faire com:
prendre, que toutes nos prières et nos bonnes œuvres sont méritoëres,) impiératoires ei satisfactoires ;.qu’en tant qu’elles sont méritoires, il n’y a que nous qui en profitons ; quecomme émpétrutoires, elles peuvent être utiles et à nous, et à tous ceux pour qui nous.
voulons obtenir de Dieu quelque grâces; que comme safisfactoires, elles ne servent qu'à nous seuls, à moins que nous n’en fassions
un transport à d’autres personnes, ou aux âmes du Purgatoire ; et qu’en ce cas toute la satisfaction appartient à ceux en faveur des- ‘quels nous nous en privons.
C'est une erreur‘tiep commune de s’imaginer que quand on gadqnne tout de bon à secourir les âmes du: Rugatoire, on ne puisse pas faire des prières er l'honneur de la bienheureuse Vierge Maïje ou des saints, ni offrir à Dieuses prières et Ses aumônes pour soi-même ou pour ses amis ; Car nous conservons le droit de disposer librenfent de la valeur impétratoire de nos œuvres, et tant s’en faut que l'application qu'on fait.de ses prières et aumônes aux âmes des défunts soit incompatible avec d’autres inténüons, que c'est-à l’égard de Dieu une puissante raison pour accorder toutes les grâces qu’on lui demande.
‘Saint Thomas dit que, les prières qu’on fait pour les morts sont mieux reçues, et plus souvent exaucées de Dieu, que celles qu'on fait pour ies vivants, parceque les morts ont plus besoin de ce secours, n'étant pas
ou aux oute la ur des-
s'imagi- )n à se-
puisse
la bien- 1offrir à soi-mêvons le r impéaut que s et auompatist’à l’é- Jour aCnande.
;s qu’on , et plus s qu'on orts Ont
int pas
comme les vivants, en état de s'aider eux:
mêmes et de mériter que Dieu les soulage.
[x Suppl. g. Z. XX, art. 5.]
Que ceux qui ont été ‘lents et paresseux à secourir les défunts, et qui n'ont pas eu de compassion de leurs, Peines, sachent qu'on les traitera de la même AManière qu'ils aurcnt traité les autres. [ Deñÿs le Chartreux. ] Cette opinion doit effrayer’ beaucoup de chrétiens, qui prient rarement pour les morts.
En priant pour nos chers défunts, il est bon d’avoir des intentions supplémentaires.
pour le cas où celui pout lequel on prie ne serait pas dans le Purgatoire. On peut dire, par exemple: ‘ Je désiré que si l’âme pour laquelle je dis ces prières, j'offre cette messe, n'est pas en état d’en-profiter, si elle n'est plus'au Purgatoire, je désire que le fruit en: soit appliqué a celle dont la délivrance rendra plus de gloire à Dieu. ou à celle que la. Sainte Vierge aime davantage,” etc.
Il n'est pas croyable combien la miséricorde qu’on exerce envers ces âmes donne de:
vertu à nos bonnes œuvres. Cet acte est si excellent qu’il contient toutes les œuvres de miséricorde corporelle. Or parmi les œuvres saintes, il n'y en a guère qui soient plus ca- ‘pables de gagner le.cœur de Dieu que les œuvres de charité: «C'est ce que veut dire Je Sauveur par ces pérôles “Bienkeureux sont &s miséricordieux, taÿ ‘on leur fera miséricorde.” [ Matth. V. 7} et par ces autres “Oz -$e servira pour vous de. Ja même mesure dont VOUS VOUS Serez Servis pour des autres.” { Marc. IV. 24]. Et comme si ce n'était pas encore assez, il ajoute: ‘“ on vous donnera «même davantage” *
Mais quelle est cette’ mesure dont on se ‘servira pour nous, et que nous donnera-t-on par dessus? Ecoutons. le Sauveur même qui l'explique admirablement et en peu de mots dans Saint Luc: “Donnez, dit-il, et on vous donnera une mesure pleine, pressée, et s1:7abondante"” (S. Luc. VI, 38 ]. De quels termes plus énergiques pouvait-il user pour exprimer la grandeur de cette mesure? Mais qui
e est si vres de œuvres lus ca-
que les
ut dire ux sont miséri- >s “On re dont utres. ” ait pas onnera
| on se.
ra-t-on me qui e mots n vous É St:7atermes Expri-
ais qui.
n'attendrait d’une bonté infinie des dons:
ineffables? Ne serait-ce Pas un aveuglement.
étrange que de vouloir mesurer notre libéralité à celle de Dieu ? Si donc nous autres,
qui sommes pleins de mahce, nous ne lais-.
sons pas de faire du bien, à nos frères, si nous. sacrifions tout pour les délivrer de :urs peines et pour avancer lèur ‘bonheur, n’avons-
nous pas sujet d'espérer, du’un Dieu, infini-
ment ric'ie et infiniment libéral, récompenses»ra notre Charite par une excessive profusiors de grâces? a
Immense avantage d'offrir pour les * morts ses œuvres satisfactoires.
Quand je dis at Dieu : Je vous offre cette prière, cette messe, çette aumône pour les âmes du Purgagoi'e ‘ôu pour làâme d’un tel en particulier ; ce “que j'offre là est toute la satisfaction attachée à mes bonnes œuvres :
si bien que le fruit que je tirerais de ma priêre, de cette messe, de cette aumône, pour l'expiation de mes fautes, CE fruit, dis-je, n'est plus à moi, mais aus âmes à qui je l'ai transmis. Cependant l'acte héroïque de charité que j'ai fait en l'offrantt pour elles et en m'en privant moi-même, m'est très utile, et à la vertu de satisfaire & Dieu pour mes propres péchés. Cet acte si noble, si généreux que je viens de faire en faveur des âmes, cet acte est pour moi, et non pour elles, et il contient une manière de satisfaction beaucoup plus parfaite que la plupart ne s'imaginent. Îl est d'un mérite extraordinaire ; donc la satisfac-
rc les res.
re cette Jour les d'un tel toute la œuvres :
ma pri- 1e, pour -je, n’est ai transcharité en m'en , et a la propres reux que , cet acte contient oup plus nt. Ilest à satisfac- N
tion qu’il porte est abondante, puisqu'elle est proportionnée au mérite. C'est le propre des grandes actions, non seulement de mériter une éternelle réconvpense, mais d'obtenir une rémission abon dante des fautes passées.
Entre les actes qu'on peut faire pour la satisfaction de ses fautes, un des principaux est la contrition. Voici un pécheur qui considère que, par ses désordres, il a offensé un Dieu d'une majesté infinie, et qui, voulant réparer sa faute, prend:une ferme résolution de délivrer le plus d’âmes qu’il pourra du Purgatoire, afin qu'étant, au ciel, elles bénissent le Seigneur, et lui rendent en son nom d’éternelles actions de grâces. Or, les honneurs qu'on peut rendre à Dieu ici bas, pour réparer, n'approchent pas de cette manière sublime et toute divine dont les saints le glorifient dans le ciel. C’est donc là un admirable moyen de satisfaire à la justice de Dieu pour ses propres fautes.
Comme conclusion, disons que plus nous donnons aux. âmes du Purgatoire, plus nous
gagnons, plus nous nous enrichissons. C’est ce que le Sage nous enseigne par ces paroles: Îl y en a qui donnent ce qui est à eux, et qui en deviennent plus rêches.” | Prov. XI. 24 ]. Quelqu'un me demañdera peut-être si, en se réservant à lui seûl'tut le fruit des œuvres satisfactoires qu'il a° faites pendant sa vie, il peut se promettre de jé pas passer par les flammes du Purgatoiré.' Je ne le crois pas, et j'ai sujet de ne pas le croire! Mais, ce que j'ose dire, c'est que silon a de la charité pour les âmes du Pwrgatoire, et que l’on s'emploie tout de bon 3 des soulager, on peut s'assurer qu'on s’exemptera au moins d’une grande partie des peiues: que l’on aurait eu à subir au Purgatoire. Dans l’un et J’autre Testament, le sairit “Esprit nous assure que la charité cache les péchés, qu’elle en cache une grande multitude, et qu’elle les cache même tous, de sorte qu'aux yeux de Dieu, ils ne paraissent pas davantage que s’ils n’avaient jamais été; or nous avons vu que le soulagement des défunts est un acte excellent
de
effa poil S:
men môr don!
qui.
pore nous vant:
sur | toire remé livre souff mirai toire 66 } est ce cessit Seign la mo
C'est
aroles:
et qui 24 ]:
si, en euvres vie, il Jar les IS pas, ce que harité e l'on n peut d'une ait eu l'au- Assure Île en les ca- Dieu, Is n’ae souellent
de charité; il faut donc qu'il couvre et efface les péchés, pourvu qu'on ne conserve point d'affection pour aucm d’eux.
Si l’'aumône, quand on la fait libéralement, [car selon Saint Cliysostôme, faire l’aumône, ce n’est pas simpleinent donner, mais donner généreusement, &S} dis-je, l’aumône qui n’est qu'une œuvre de miséricorde corporelle, a de si grands privilèges, que dironsnous de la spirituelle, qui n’a pas moins d'avantage sur la corporelle, que l'esprit en a sur le corps? Quelle aumône est plus méritoire que celle qui est employée, non pas à remédier aux nécessités du corps, mais à délivrer les âmes des maux extrêmes qu’elles souffrent, alors que, sans cette charité, elles gémiraient encore dans les flammes du Purgatoire ?
‘Heureux, disait le Prophète-roi, heureux est celui qui considère attentivement les nécessités du pauvre, car, au mauvais jour, le Seigneur le délivrera ” [ Ps. 4, 2]. Le jour de
la mort, qui est.à tant d’autres un jour funes-
te, sera pour lui un jour de bonheur, parceque Dieu le délivrera des mêmes peines dont il aura délivré les autres.
O mille fois heürerix celui qui s'arrête à considérer la misère tlu pauvre! Ilest certain qu’au mauvais jour Dieu le délivrera de tout mal. Li!
Jen suis sûr, et çe west point trop présumer de la bonté deNotre-Seigneur, qui dit que, ‘‘ tout le bien ‘due nous faisons au moindre des hommes, c ‘est à Lui-même que nous le faisons.” 3
Si donc vous offrez Vos prières, vos mortifications et vos aumônes pour les âmes du Purgatoire, le Sauveur, qui prend sur lui ce bienfait, offrira pouge 16’ repos de votre âme tous les travaux de sd Vie et toutes les douleurs de sa mort. Ainsi il rendra @m»e pour âme, selon que porte la loi. Et de même que vous aurez eu compassion des autres, il aura compassion de vous, pour vérifier ce qu’il dit dans l'Evangile, qu’‘“#eureux sont les miséricordieux, parce qu'on leur fera miséricorde.
, parcenes dont
arrête à certain , de tout
D présu-
qui dit Lu MOInue nous
s mortimes du ir lui ce tre âme es doune pour me que il aura qu'il dit misérsricorde.
Donnez et l'on vous donnera : Date et dabidur vobis (S. Luc, VI. 38). Mais de quelle mesure se servira-t-on? D'une mesure bonne, Pressée et surabondante. Pour bien entendre ces paroles, il faut commencer par examiner de quelle mesure nous nous servons à l'égard des autres ; car par là nous jugerons combien grande doit être celle dont on usera à notre égard.
Comme le Divin Mäître ne se contente pas de dire que la mesure dont nous nous servons pour les autres est celle que l'on emploiera pour nous, mais qu'il ajoute que cette mesure ‘era si pleine g#'e//e se répandra pardessus, nous avons lieu d'espérer qu’il n’usera pas envers nous d’une libéralité médiocre, mais qu'il ouvrira ses trésors et nous communiquera tellement ses satisfactions infinies, que notre Purgatoire en sera, sinon totalement évité, du moins diminué de beaucoup.
* Puis enfin, toutes les âmes pour lesquelles NOUS avons donné nos prières et bonnes œuvres, pour les délivrer de leur extrême souf-
france, ne devons-nous pas croire qu'étant dans le ciel, élles se tiendront obligées d’employer tout leur crédic auprés de Diéü potir nous obtenir un prompt secours ? Sans doute qu'elles viendront noûs ässister à Jd iort, et qu'elles améneronit leuts aNges gardieñs, leûts Saints patrons, qui ont éu eh cêtté vie qüelques liaisons âvec elles: avec dé gt Duissantes intercessions, n'appréhendons point de btûler longtemps dans lé Purgatoire.
Cependant, pour rious Gter toùt süjet de crainté, le Fils de Dieu à bien Votilu cofifirmer de sa propre bouché tot ce qué nous venons de dire, Denys le Chatttéüx rapporte Que sainte Gertrude, avait la coutüme d'offrir à Notre-Seigneut toutes sès ofïtifications et toutés ses prières Pout les âmés du Purgatoire. Etant dofic proche de Jà ott, et considérant, cortimé font lés Saints; le grand nombre de ses péchés ; ét s8 téésouve.
nant que toütes ses œtvtés $ätisfactoires avaient été données puut lé délivisée des Âmes du Pürgatoite, elle coMimenéa 4 s’Affi-
qu'étant ées d’emiéüi pour ins doute
Mort, et fs, leürs vie qüeluisSantés t de brû-
süjet de 1 coffirué nous ràpporoutume oftificames dü a Mott, its; le $souve- Ctoires ée des | s'ai-
8er et à craindre qu'ayant tout donné aux autres, elle ne fût condamnée à d'horribles peines. Dans le fort de son inquiétude le Sauveyr lui apparut et la consola en Jui di.
* Sant: “Pour vous montrer combien j'ai agréé
votre charité à l'égard des morts, dés maintenant je vous remets toute la peine que vous auriez à souffrir en l’autre vie : et comme je rends cent pour un, je vous donnerai des marques insignes de ma libéralité et vous comblerai de gloire.”
Ne craignons donc pas de soufftir plus longtemps dans les fla.ames du Purgatoire, lorsque nous tâchons d'en tirer les autres.
Croyons plutôt qu'il n'y à pas de moyen plus sûr pour empêcher que nous y restions longtemps. Je dirai même que ceux qui craignent de faire ces aumônes spirituelles n'ont pas Pour Dieu pi pour eux-mêmes un amour très éclairé ni très pratique, puisqu'ils perdent autant de degrés de gloire qu'ils négligent de faire d'actes de charité ; que la perte qu'ils font est irréparable, et qu'ils s'ôfent par cela
même le moyen de glorifier Dieu davantage dans tous les siècles. |
Je ne dis rien des maux extrêmes où ces âmes sont plongées, et où jour et nuit elles gémissent, sans que ces cœurs soient touchés de leurs plaintes.
Je ne dis rien non plus des biens infinis qu ‘elles voient deloin, et dont elles ne peuvent jouir; manque de secours. Je ne parle point de la joie dont leurs bons anges, leur St Patron, et Jésus-Christ même sont privés par leur indifférence. J'omets enfin ce qu’on pourrait dire de la gloire que nous dérobons à Dieu, lorsque, pouvant sans beaucoup de de peine envoyer au ciel des âmes capables de le louer et de le bénir, nous n’y pensons point.
Ce n’est pas ainsi qu’en agissaient les Saints. Ste Catherine de Sienne, pour épargner à son père les peines du Purgatoire, s'était of. ferte à la justice Divine pour souffrir à sa place durant sa vie entière. Dieu l'exauça, lui infligea de vives douleurs d'entrailles ; jus-
antage
>ù ces t elles it tou-
infinis euvent point St Paés par qu'on obons up de pables :nsons
Saints.
ner à ait ofr à Sa KauÇa, es jus-
qu'à sa mort, et admit dans la gloire l’âme de son père. En retour, cette âme bienheureuse apparaissait fréquemment à sa fille, pour la remercier et lui faire les révélations les plus touchantes.
Motif de la charité envers les ames |
du Purgatoire, qui est la durée de leurs peines.
Qui pourrait compter les fautes qu'on fait tous les jours dans ie monde? Mais supposons seulement qu’un homme pêche chaque jour dix fois, dites-moi, de combien de jours est composée une année ? de trois cent soixantecinq. Que faut-il conclure de là ? Que cet homme qui pèche dix fois le jour, aura fait au bout d’une seule année, 3650 péchés ; et je parle ici d’un homme de bien. Il est clair. qu'après dix années le nombre de ses péchés se trouvera dix fois plus grand. Ajoütez donc
encore un zéro, et il se fera 36500. O l'abominable! 6 l'horreur! Qui le croirait? ‘“ Vous êtes si jeune, disait St. Augustin parlant de lui-même, et vous êtes un si grand pécheur!” Allons encore un peu plus ayant, et donnons à ce jeune homme dix autres années d'une vie assez innocente. En usant de la même multiplication qu'auparavant, on le trouvera augmenté de telle sorte qu'il sera de 73,000 ! ainsi cet homme, à 25 ou 30 ans, a déjà commis ce prodigieux nombre de péchés! Que dites-vous a cela, vous qui êtes vieux, et qui avez blanchi dans le vice?
Peut-être que, considérant vos crimes en particulier, vous n’en n'êtes pas effrayé!
“ Maus si vous en faites peu de cas, dit St.
Augustin, quand vous les pesez, ayez-en horreur quand vous les comptez.” Arrêtons-nous quelque temps ici, et examinons quelle doit être dans le Purgatoire
la punition de cet homme qui meurt au bout
de 20 ans, sans jamais être tombé dans aucun péc é mortel. Nous le supposons cou-
Pt et, nn ft put
| l'abo- ‘ Vous ant de heur!” t doninnées t de la on le il sera o ans, de péli êtes vice ?
les en frayé !
dit St.
An hor-
t exaatoire
u bout.
NS au IS COU-
Pable de 734,600 péchés qu'il doit expier ou en cette vie pat les travaux de fa pénitence ou les éffets des sacrements, où èn l'autre Pat ls peines du Pürgatoiré. Ot de ja mamére qu’on vit dans le monde, combien peu de ces péchés doivent être parfaitement ex.
Piés lorsque cet hornitie pafait äu ttibunal de Dieu, même s'il 4 fait quelques efforts pour satisfaire à Sa justice ! Qué vos jugements, Seigneur, sont impéhétrables! 7/4 ressemblent & un abime qui n'à pas de fond.
Mais poürquoi feindte un état imagihaire, et où l’on f'arrive prèsque jamais! Voici Comment vivent 14 plupatt des homes. Ils font des péchés veniels sans Scrüpule et par conséquent sans notbre et ils et font, outre cela, beäucoüp de mortels. On en voit méme qui mènent uhe vie de désordres jusqu’à la ‘itillesse, et ils croietit avoit beaucoup fait, lorsqu'ils & soit résolus d'employer ühe heure à pleuret ét à confesser leurs péchés, dont li multitude est si éffroyable ! . .. Je demande äprès célt si une pénitence .d’un
.moment pour tant de milliers de péchés, ne laisse pas bien de la matière, et pour longtemps, aux flammes du Purgatoire. Si un seul péché mortel pardonné est cause qu’on souffre dans le Purgatoire des peines épouvantables, que souffriront ceux qui ne passent presque pas de jour, ni même d'heure Sans commettre des péchés mortels, et qui ‘vieillissent dans cette détestable habitude ? Il est certain que dans cet état ils sont incapables de faire aucune satisfaction convenable à la justice de Dieu. Il s’ensuit que toute Ja peine temporelle que ces vieux pécheurs ont méritée par tant de crimes, se doit payer dans l’autre monde.
Commeut donc ne tremblent-ils pas ? Comment osent-ils remettre leur conversion à la dernière heure de leur vie?
St Bernard était un saint, et néanmoins, quand il pense à la multitude de ses péchés, il s'écrie, les: larmes aux yeux: “Ze nombre de mes péchés sur passe celui des grains de sable qui sont dans la mer. Comment donc
rés, ne r long- Si un
> qu'on s épou- 1e pasl'heure et qui itude ?
1t Incanvenae toute cheurs t payer
? Comon à la
moins, Jéchés, nombre s de Sat donc
is Daierai-je mes dettes, étant obligé “de rendre Jusqu'à la dernière obole ? ”
C'étaient là les sentiments de ce saint homme dont la vie était austère et pénitente.
Je veux maintenant examiner encore avec St Bernard de quelle manière Ja plupart des hommes satisfont à Dieu pour leurs péchés.
Les moyens que nous avons de satisfaire à la justice divine sont le je2ne, /a prière, l'aumône, les Indulgences, la M. esse, les Sacrements, et des actes d'amour de Dieu, et pour que toutes ces œuvres nous soient utiles, nous les devons faire en état de grâce.
Commençons par le jeûne, Quand jennent-ils? Ils jeûnent quelquefois à la vérité, mais ils savent si bien adoucir la peine, et ont tant d'adresse a trouver de quoi contenter leur goût, que leurs repas excitent plutôt qu’ils ne mortifient la sensualité. Quant aux autres pratiques de mortification, elles leur sont à peu prés inconnues,
Passons du jeûne à l’oraison. Que sont leurs prières, sinon de continuelles distrac-
es
og 6 Lu Sp nie mt Mn
‘tions? Avec quelle lâcheté, quelle irrévéren-
ce, quelle indévotion, sont-ils en la présence de Dieu ! tant s’en faut que ce peu de bien puisse tenir lieu de satisfaction pour tous les péchés de Jeur vie. |
Venons maintenant à leurs aumônes, si toutefois ils en font. Les pauvres se croient dispensés d’en faire ; les riches en font rarement ; ils font tant de dépenses pour le luxe qu'après avoir payé leurs dettes, il ne leur reste plus rien pour faire la charité, et par là s'acquitter de ce qu'ils doivent à la justice
divine pour tant de péchés énormes dont ils :
sont chargés ; c’est ce qui ne leur vient jamais dans l'esprit.
Il leur reste donc les Indulgences ? Où serions-nous, si Dieu n'avait la bonté de nous donner des indulgences ? Mais il y a tant de paresse, et si peu de foi dans le monde, qu’on ne voit guère de gens, et surtout de grands pécheurs, qui se mettent fort en peine de les gagner. Si bien qu'on peut dire que ie mé:
pris d’un don si précieux n'est pas le moin-
in
qu
érensence
bien us les
es, Si oient rare- > Juxe e leur par là ustice
nt 1ls :
nt ja-
)ù senous nt de qu'on rands de les > mMémoin-
dre sujet de la longueur insupportable des peines du Purgatoire.
Il y a un cinquième moyen: c'est le saint sacrifice de la messe. Beaucoup de chrétiens ne connaissent pas suffisamment la grandeur des Mystères divins qui s’accomplissent sur nos aut:!s ; la faiblesse de leur foi les empêche d’ apyrébler le trésor qu'ils possèdent dans le divin Sacrifice. Hélas! ils verront plus tard avec de douloureux regrets combien 1ls se sont trompés. Souvenons-nous que ce sacrifice est identiquement le même que celui que le Fils de Dieu offrit sur la croix : c’est Le méme prêtre, dit le saint concile de Trente, c'est la même victime; il n'y à que le mode d'immolation qui diffère: sur la croix l'immolation fut sanglante, sur nos autels elle est non sanglante.
Or le sacrifice de la croix étant d’un prix infini, celui de l’autel est aux yeux de Dieu
d'une valeur égale. Remarquons toutefois,
que l'efficacité de ce divin Sacrifice n’est appliquée aux défunts que partiellement, et A RU : ' L :
dans une mesure connue de la seule: justice de Dieu. |
Voici un fait attesté par un prêtre des plus respectables du diocèse de Bruges. Le 13 octobre 1849, mourut dans la commune d’Ardoye, en Flandre, madame Jean Wygo, agée de 52 ans. C'était une dame pieuse et charitable, et ayant une grande dévotion à la très Ste-Vierge. Une servante appelée Barbe, agée de 28 ans, l'avait soignée avec dévouement; après la mort de sa maîtresse, elle resta au service de Mr Jean Wybo. Environ trois semaines après sa mort, la défunte apparut à cette servante. C'était au milieu de la nuit; Barbe dormait profondément, lorsqu'elle s’entendit appeler trois fois par son nom. Elle s’éveille en sursaut, et voit son ancienne maîtresse, assise sur le bord de son lit. À cette vue, Barbe ne fut point effrayée; l’apparition lui adressa la parole: “ Barbe, prenez le petit râteau que je vous ai fait mettre en place bien souvent, remuez le tas de sable dans la petite chambrette du jardin
4 mm e+ PA md pm Fr Re ARE +
‘justice
les plus Le 13 mmune Wygo, leuse et otion à \ppelée e avec tresse, 0. Enléfunte milieu ément, Dis par et voit ord de t effra- ‘“ Barai fait , le tas jardin
que vous connaissez, vous y trouverez une somme d'argent, employez là pour faire célébrer des messes à mon intention, car je suis encore dans les souffrances.” Je le ferai, répondit Barbe; et au même moment l’apparnition disparut, Barbe se crut d'abord le jouet d’un songe, mais son esprit était si frappé, elle avait été si bien éveillée, elle avait entendu de sa bouche des indications si précises, qu'elle ne put s'empêcher de dire:
“Ce n'est pas ainsi qu’on rêve. J'ai bien vu ma bonne maîtresse, et elle m'a parlé.” Elle s’en va donc prendre le râteau désigné, fouille le sable et en retire bientôt une bourse contenant cinq cents francs. Barbe aussitôt s’en va trouver le bon curé d’Ardoye pour le prier de dire des messes, en lui racontant ce qui était arrivé. Celui-ci consentit volontiers à dire les messes demandées ; cependant 1l voulut d'abord le consentement de monsieur Jean Wybo.
Deux mois après la première apparition, Barbe fut réveillée de nouveau au milieu de
là nuit. Cette fois, sa petite chambre était illurminée d’une vive clarté et sa bonne mattresse, revêtue d’uné robe éblouissante de blancheur, se tenait devant elle, et la regardait avec un aimable sourire : “ Barbe, lui dit-elle, je vous remercie, je suis délivrée par les messes dites à mon intention.” Après avoir prononcé ces mots, elle disparut.
Après le saint Sacrifice, disons un mot de la puissance de la prière pour le soulagement des pauvres âmes, de la plus petite prière faite à leur intention. En voici un exemple bien frappant. Les annales de l'Ordre séraphique parlent avec admiration du frère Conrad d'Offida, un des premiers disciples de saint François. Ils se distinguait surtout par un grand esprit de prière. Parmi ses frêres en religion, il y avait un jeune religieux dont la conduite relâchée troublait la communauté; mais grâce aux prières de Conrad, il se corrigea el devint un modéle de pièté. Bientôt après sa conversion, il vint 4 mourir, et ses frères firent pour son âme les suffrages
re était 1e maînte de | régarbe, lui rée par Après
not de remient prière emple e séra-
frère les de ut par irères k dont unau- |, il se Bienrir, et frages
de l’ordre. Peu de jours après sa mort, le bon frère Conrad étant en prière devant l'autel, entendit une voix qui lui demandait le secours de ses prières. “Qui êtes-vous ! dit le serviteur de Dieu.” Je suis, répondit la voix, l’âme du jeune religieux que vous avez si bien ramené à la ferveur.” “Mais n’êtes-vous pas mort saintement? Avez-vous encore tant besoin de prières?” Ma mort a été bonne en effet, et je suis sauvé ; maïs j'ai à expier mes anciennes fautes, et je souffre les plus rigoureux châtiments. Je vous en supplie, ne me refusez pas le secours de vos prières.” Aussitôt le bon frère s’inclinant devant le Tabernacle, récita un Pater suivi du Æequiem aeternam. “© bon père, s’écria l’apparition, que votre prière me procure de rafraichissement, ah! comme elle me soulage ! Je vous en prie, continuez.” Conrad répéta dévotement les mêmes prières. “ Père, reprit l'âme, je vous en conjure, encore! encore!...
J'éprouve tant de soulagement quand vous priez!..."” Le charitable religieux répéta
jusqu’à cent fois les mêmes prières. Alors, avec un accent d’indicible joie, le défunt lui dit: “Je vous rends grâces de la part de Dieu, je suis délivré voici: que je me rends au royaume des cieux.” On voit par cet exemple combien les moindres prières, les plus Courtes supplications sont efficaces pour adoucir les souffrances des Pauvres âmes du Purgatoire.
Pour conclusion, je prie instamment le lecteur, et je l'en conjure par les entrailles de Jésus-Christ, de considérer attentivement tout ce que nous avons dit de ces peines et si rudes et si longues. Car pour peu qu'il y fasse réflexion, il se résoudra sans doute à éviter tous les péchés, même véniels, 4 s’acquitter au plus tôt de toutes ses dettes envers le souverain Juge, et à secourir les âmes du Purgatoire avec plus de charité que jamais.
Un saint religieux en extase, vit un petit enfant, lequel, avec un hamecçon d'or et un fil d'argent, tirait du fond d’un petit puits une femme qui s'y noyait. Revenu à lui,
Co!
Alors, éfunt lui part de 1e rends r cet exles plus es pour imes du
ment le ntrailles Ivement eines et | qu'il y doute à à s’acenvers mes du mais.
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comme il se rendait à l'Eglise, il aperçut ce même enfant agenouillé, priant sur une tombe du cimetière, “Que fais-tu là, mon petit ami? lui demandat-il. “Je dis, répondit l’enfant, Votre Père et Je vous salue Marie, pour l’âme de ma mère, dont le corps repose ici.” Le saint comprit aussitôt que Dieu avait voulu lui montrer l'efficacité de la prière la plus simple; il connut que l’âme de cette pauvre mére venait d’être délivrée, que l'hameçon d’or était le Pafer, et que /' Ave était le fil d'argent de cette ligne mystique. N'oublions pas le chemin de la croix qui à cause des grandes Indulgences, constitue un suf:
frage du plus grand prix pour les défunts.
Voici ce que l’on rapporte à ce sujet dans la vie de la vénérable Marie d’Antigna. Elle avait eu longtemps la sainte pratique de faire chaque jour le chemin de la croix pour le soulagement des défunts ; mais plus tard, se relâchant à ce sujet, elle l'abandonna tout à fait.
Notre Seigneur, qui avait de grands des-
seins sur cette pieuse vierge, et qui voulait en faire une victime d'amour pour la consolation des pauvres âmes du Purgatoire, daigna lui donner une leçon qui deyrait servir d'instruction à nous tous.
Une religieuse du même monastère, décédée depuis peu, lui apparut, et se plaignant tristement : “ Ma Sœur, lui dit-elle, pourquoi ne faites-vous plus les stations du chemin de la croix pour les âmes souffrantes ? Vous a-' viez coutume auparavant de nous soulager chaque jour par ce saint exercice, pouranoi nous privez-vous de ce secours ? ”
Cette âme parlait encore, lorsque le Sauveur lui-même se montra à sa servante et lui reprocha sa négligence. ‘ Sache, ma fille, àjouta-t-1l, que les stations du chemin de la croix sont extrêmement profitables aux âmes du Purgatoire : c’est Pourquoi j'ai permis à
cette âme, au nom de toutes les autres, de le réclamer de toi. Sache encore que c'est parceque tu pratiquais exactement autrefois cette salutaire dévotion, que tu as été favorisée
ii voulait la consooire, daiait servir
re, décé- Jaignant pourquoi ‘emin de Vous asoulager )JOUrQHO)
le Saute et lui fille, a- \ de la 1x âmes ermis à s, de le est parois cetvorisée
de communications avec les défunts ; c’est pour cela aussi que ces âmes reconnaissantes ne cessent de prier pour toi. Fais connaître ce trésor à tes sœurs, et dis-leur d'y puiser largement pour elles et pour les défunts.”
Il nous reste à faire connaître / Acte hérotque de charité envers les âmes du Purgatoire. Cet acte consiste à céder toutes nos satisfactions, C'est-à-dire la valeur satisfactoire, [ expliquée au commencement de cette brochure,] de toutes les bonnes œuvres de notre vie et de tous les suffrages qui nous seront accordés après notre mort, sans en réserver rien pour nous-mêmes, et c’est une chose louable €t approuvée par l'Eglise de les déposer dans les mains de la très Sainte Vierge afin qu'elle les distribue, selon son gré, aux âmes qu’elle veut délivrer des peines du Purgatoire,
Formule de l'acte héroique
“#O sainte et adorable Trinité, désirant coopérer à la délivrance des âmes du Purga-
toire, je cède ec je résigne, au profit de ces âmes souffrantes, la partie sutisfactoire de toutes mes œuvres et de tous les suffrages qu'on pourra m'accorder après ma mort, les abandonnant entre les mains de la très Sainte Vierge, afin qu’elle les applique, selon son gré, aux âmes des fidèles défunts qu’elle veut délivrer de leurs peines. Daignez, 6 mon Dieu, agréer et bénir l'offrande que je vous fais en ce moment Ainsi soit-il.”
Les souverains Pontifes Benoît XIII, Pie VI, Pie IX, ont approuvé cet Acte héroïque et l'ont enrichi d’Indulgences et de privilèges, dont voici les principaux.
1. Les Prêtres qui auront fait cette offrande, pourront jouir de l'autel privilégié personnel, tous les jours de l’année.
2. Les simples fidèles pourront gagner l’indulgence plénière, applicabie seulement aux âmes du Purgatoire, chaque fois qu'ils communieront, pourvu qu’ils visitent une Eglise et qu'ils y prient aux intentions du Souverain Pontife. Ordinairement on récite cinq Pater et Ave.
it de ces ctoire de suffrages mort, les très Sainselon son ’elle veut , Ô mon > je vous
III, Pie héroïque > privilé-
cette ofrivilégié
ner l’innent aux ils come Eglise | Souvete cinq
Je conseille à tous les chrétiens à qui la grâce inspirera cet attrait, dit le Père Munford, de céder, avec un saint désintéressement, aux âmes des défunts, tout le fruit des bonnes œuvres dont ils peuvent disposer.
Je ne crois pas qu'ils puissent en faire un meilleur usage, puisqu'ils les rendent par là plus méritoires, et plus efficaces, tant pour obtenir de Dieu des grâces, que pour expier leurs propres péchés et abréger leur Purgatoire, et même, pour parvenir à en être exemptés tout-à-fait.
Cet acte nous laisse la pleine liberté de
prier pour les âmes auxquelles nous nous in-
téressons plus particulièrement. Il n’oblige pas sous peine de péché et il est toujours révocable,
né
AC
ie À ii
DEDCDENEDEDCDE
Doctrine du Père de la Colombière, Sur le Purgatoire.
Sohgeant à ce qui fait de Ja peine à la mort, qui sont les péchés passés et les peines à venir, il s’est d’abord présenté un partià mon esprit, que j'ai embrassé de tout mo Cœur, et avec une très agréable consolation de mon âme.
C’a été qu’à ce dernier moment, de tous les péchés qui se présenteront 4 mon esprit, soit connus, soit inconnus, j'en ferai un bloc que je jetterai aux pieds de notre Sauveur, pour être consumé par le feu de sa miséricorde.
Plus le nombre en sera grand, plus il me Paraîtront énormes, d'autant plus volontiers les lui offrirai-je à consumer. I] me semble que je ne saurais rien faire de plus glorieux à Dieu ; et dans l'idée que j'ai de sa bonté, je n'aurai pas de peine à me déterminer à cela, parceque je m'y sens porté de tout moimême,
Po voud.
puisq satisf
Co la mo taient
ED nbière,
eine à Ja t les peié un parde tout le conso-
e tous les prit, soit bloc que ur, pour icorde.
us il me olontiers semble glorieux à bonté, ner à ceut moi-
Pour le Purgatoire, je ne le crains pas. Je voudrais bien ne l'avoir pas mérité, mais puisque c’est chose faite, je suis ravi d'aller satisfaire à sa justice. Je sais que les tourments y sont terribles, mais je sais qu'ils hono-:ent Dieu.
J'ai donné de tout mon cœur mes satisfactions aux âmes du Purgatoire, et cédé à d’autres tous les suffrages qu’on fera pour moi après ma mort, afin que Dieu soit glorifié dans le ciel par des âmes qui auront mérité d’y être élevées à une plus grande gloire que moi.
gsm
{Retraite spirituelle.)
DE NE NE AE AE Comment nous deyons pleurer nos chers défunts.
Comment devons-nous pleurer ceux que la mort a ravis à notre tendresse, qui nous étaient unis par des liens particuliers de la
nature ou de la grâce? Nous trouvons la réponse dans la conduite des saints,
Ils ont pleuré avec la plus vive douleur ceux que la mort enlevait à leur tendresse j ils les ont suivis en esprit dans le Purgatoire, et ils leur sont venus en aide par tous les secours de l’Eglise, afin de hâter leur déli-
vrance, On peut dire de tous les saints jusqu’à ce jouri “ Voyez comment ils aimaient |” À l'exemple de Jésus-Christ, ils ont pleuré
avec toutes les larmes de la tendresse ceux que la mort leur ravissait. « Je pleure, disait St Bernard, Parceque l'amour dont j'aimais mon frère était véhément et parcequ'il pénétrait toutes les profondeurs de mon âme ! eo quia vehementer amo !
Mais chez eux ces larmes, ces agonies de la tendresse, étaient transfigurées par la foi.
Ils voyaient, au ciel, ou près de monter au ciel après l'épreuve du Purgatoire, ceux qui venaient de les quitter. Ils les voyaient, revêtus de la gloire de Dieu, et submergés
allai l'exil cité mais
ouvons la .
douleur ndresse ; Purgatoir tous les
eur déli-
1squ’à ce ent |”
at pleuré Se ceux eure, diont j'aiarcequ'il le mon
nies de la foi.
nter au °ux qui >yaient, mergés
dans la béatitude infinie.
* La séparation n’était que passagère ; ils allaient bientôt se retrouver ; aux larmes de l'exil allaient succéder les torrents de la félicité divine, et pour l’Éternité! Ils pleuraient, mais ils trouvaient dans la foi une source inénarable de consolations divines.
DEDEDENEDDEDEE
Pensons sans cesse aux ames du Purgatoire.
Songer aux âmes du Purgatoire, c’est songer aux peines de l’autre vie; c'est se souvenir que tout péché demande une expiation, soit en cette vie, soit en l’autre. Or qui ne comprend qu'il vaut mieux satisfaire ici-bas, puisque les châtiments futurs sont si terribles! Une voix semble sortir du Purgatoire et nous dire cette sentence de l’Imitation : ‘ Ii vaut mieux extirper maintenant nos vices et expier nos péchés que de remettre à les ex-
rrnmmen annoncées " " Sn pepe opome | à mt» L
nr sperme TT tee
pier en l’autre monde ” [imit. I, 241
Celüi qui se purifie dé ses fautes dans la vie présente, satisfait avec 27 504 À ue dette dé mnille dutats ; et celui qui dttènd, por s'acquitter; jusqu'au jour dé l'auttè vie, se résigne à donher wi//e ducats pour ce qu'il aurait payé ävéc ## sou en temps opportun.
[Ste Cath. de Gênes.]
Alors, pénètré d'unèe eräditité sälutairé, on souffre volontiers les peines de la vie présen- . te, ét on dit à Dieu avec St Augüstin : « Seigneur, appliquez ici-bas lé fer et le feu, ne m'épargnez pas en cette vie, afin que vous f'épatgniez èn l'autre.”
Un grand moÿén pour évitét te Purgatoite C'est d’avoir utie grindè dévotion à la trés Ste Vierge et de portèr fidéleinent son dairit Stäpulaire.
Uu grañd setvitèur de Dieu; le Pête Michel.
missionhäiré, réçut dè la Ste Vibrge elle-mémé l'äsSuränèe qué sé8 soüffinces tétteëtres jui tiendraient lieu de Purgatoite. :
Ua jour, épuisé dè fatigue, après âvoir &-
S dans la uñe dette nd, poür ré vie, se rce qu’il >pportun.
itairé, on le présenni “Seie feu, ne que vous
Purgatoi- | à la très on säint s Michel.
ellé-mééttéStres
ävoir é-
vangélisé le peuple du Pérou en 1606, il gisait étendu sur le sable brûlant, n’ayant plus la force de se relever; tout à coup, il fut visité par celle que l'Eglise appelle avec raison la consolatrice des affligés. Elle ranima son courage en lui disant: Confiance, mon fils, vos fatigues vous tiendront lieu de Purgatoire; supportez saintement vos peines, et au sortir de cette vie, votre âme sera reçue dans le séjour des bienheureux.
Cette vision fut pour le Père une source abondante de consolation et de force. Au moment où il expira, un religieux de son ordre vit son âme monter au ciel dans la compagnie de la très Ste Vierge et de son ange gardien.
La sainte communion a encore une efficacité admirable pour remettre la peine due aux fautes quotidiennes, pourvu qu'on ne garde à celles-ci aucune affection volontaire.
Un autre moyen d'éviter le Purgawire, et que l’on néglige:beaucoup trop, est celui de faire chaque jour, et plusieurs fois le jour,
un acte d'amour de Dieu. I] n'est pas si difficile à faire que vous le croyez. “ Mon Dieu, je vous aime parce que vous êtes la bonté infinie, la bonté incréée ; je vous aime pour vous-même, et il n’y aurait ni ciel ni Purgatoire, je vous aimerais quand même. Je vous aime, parceque vous m’aimez malgré mes misères ; faites que je vous aime encore plus, ô mon Dieu!” (
Pour que cet acte soit méritoire, il n’est pas besoin d'éprouver rien de sensible, il faut seulement le dire avec une grande foi et du fond du cœur.
Si vous faites souvent cet acte d'amour, VOS péchés disparaîtront à Jamais sous la divine charité, comme une poignée de paille jetée au feu,
pas si difon Dieu, la bonté ime pour ni Purga- . Je vous Igré mes core plus,
il n'est le, il faut oi et du
d'amour, us la die paille
BREST Etat surnaturel des Ames .du Purgatoire.
Nous allons maintenant aborder une étude bien consolante, appuyés toujours sur la théologie et sur les révélations des saints.
Il est certain que les âmes du Purgatoire sont saintes, puisqu'elles sont en état de grâce ; non seulement elles sont saintes, mais encore leur sainteté est inamissible ; elles sont confirmées en grâce et dans l’heureuse impuissance de pécher désormais ; c’est là une de leurs joies.
Connaissent-elles ce que l’on fait pour elles ici-bas ?
On peut le croire pieusement. On demandait :n jour à une apparition si les âmes du Purgatoire connaissent ceux qui prient pour elles : la réponse fut affirmative.
Les âmes du Purgatoire savent-elles ce
qui se passe dans le monde, dans leur fâämil-:
le? Oui, Dieu leur manifeste dans la mesure
qu’il juge Convenable pour leur Consnlation
elles élève ‘ancien séjour de leur exil, et qu’elles y voient leurs parents luttant Péniblemennt Pour arriv
lorsqu'elle vou-
&nalée, s'adres-
et elle se vo-
disait que n'2-
r Plusieurs grâces des saints
du ciel, elle les ayait TéçueS par l'intermédiaire de ces âmes bénies.
En résumé, ces âmes sont saintes, elles
consnlation ne les perndant Jeur
ésignées à par la soufsi à notre tourments en séjour TS Parents LU port of leur sort elles pas qui sont
elle vou- s’adres- Se vaque n’a- S Saints intermé-
s, elles
nous airhent, elles crient Pour hous, et Jeuts prières nous sont très ütiles,
St Philippe de Na aprés sd Mort sé fit voir à un religieux fraticiscaih dé ses mis, entouté d'une couronné de biénheutéux. Quelle est, demañda le Père, cétte arméë brillante qui Vous etivitonne? “Ce Sont, répondit le Saint, les dmés des religieux dé mon ordre, que j'ai délivrées du Purgatoiré, pendant Ma vie ; à cette here elle me font cortègé pour M'iftroduire au ciel. ” :
Les âmes dti Purgatoire, dit dte Catheritie dé Gêries, ont ue volonté conforme à celle dé Dieu ; aussi Dieu dans sa bonté, leui fait ressentit l’amouf infini qu’il 4 poüt éllés, Ce Dit d'äiout lance à l'âme cértäins rayons éttibrâsés, qui sont si pénétrants qu'ils ané.
añtirdiént l'âme éllé-mème si céla était pos-
sible.. Et cependant elles souffrent cruelle. ment, et l'amour qu’elles ont pour Dieu devient l'instrument tiéimie de leur souffrance. L'âme est donc Héutétise en Cet état, mais heureuse comme le Martyr sur son bûcher,
heureuse d’un bonheur tout: surnaturel, auquel le monde ne comprend rien.
Il me prend envie, dit encore Ste Catherine, de crier assez fort pour remplir d'épou- Vante tous les hommes qui sont sur la terre, et leur dire: © malheureux l'pourquoi vous
“laissez-vous aveugler par le monde? Quoi!
. VOUS Vous tenez à couvert, sous l'espérance de Ja miséricorde de Dieu 3 Eh! ne v-yez.
VOUS pas que c’est cette immense bonté de Dieu qui vous jugera et qui vous condamnera ? Misérables, qui agissez contre la volonté du maître, sa bonté devrait vous porter à vous soumettre à tous ses commandements et non à lui désobéir, dans l'espérance du pardon ; car la justice, sachez-le, aura infail- —ibiement son cours, et il faut que de manié- -re Où d'autre, elle soit pleinement satisfaite.
aturel, au-
€ Catherir d'épour la terre, quoi vous e? Quoi!
>spérance le vyezbonté de 'ndamnela volon- 1S porter \déments ance du ra infaile maniéitisfaite,
Des moyens de se préserver du Purgatoire,
Il faut maintenant tirer, à conclusion pratique de ces pages. Pôut.te qui regarde les défunts, elle est claire *et visible à tous; il faut prier pour eux, e* Prier beaucoup plus que nous n'avons fait jæsqu’à ce jour. Mais pour nous-mêmes, il fañt’chercher avec soin les moyens d’abréger de ‘temps de notre expiation future. Vouleztvous très sérieusement éviter le Purgafoire? Fuyez la seule chose qui y méne, le péché, même véniel, cet écueil fatal à tant dè pauvres âmes ; ne méprisez pas les petites choses, ces dettes de chaque jour qui s'accümulent sans nous inquiéter, à cause de léur petitesse même, et qui arrivent à former ainsi à la fin de notre vie, un lotal qui effraie l’imagination! N'oubliez pas qu’il nous sera demandé compte, même d’une parole inutile! Pour les expier,
mages =
acceptez avec résignation ue jour, en vous servant ués, et recevez avec piété Jénitence et d'Eucharistie, isfait ici-bas pour votre
Mais je vous rechtmanderai Spécialement, Pour acquitter vos dèties, /7 charité envers votre brochain. Eccutez cette histoire tirée de la vie de la Bienhetreuse Marguerite Ma-
rie. Pendant qu'elle étäit Chargée du pension-
Nat Ou couvent de Paray, une des élèves
À quelques jours de
h au sujet dece pieux fidèle. Elle appela aussitôt l'enfant et lui dir Remerciez Dieu, ma fil'e
» ar Votre père est au ciel ; mais quand vous
vérrez madame v tre mére, demandez-lui doné quelle
Extraordinaire de charité que vo dans sa dernière maladie; c’est cet acte-là qui lui a. valu d'échapper à PEU près entièrement. à l’expiation du Purgatoire ail
FE avait mérité.
Or voici ce qui s'était passé : ce Chrétien
là, la sœur eut une VIsiG
est l’action tre père fit
signation S Servant vec piété Charistie, ur votre
alement, envers re tirée rite Ma- )Ensionélèves Ours de € pieux ui dit:
‘est au votre action ère fit là qui ment :
érité.
étien
était d’un haut rang, et il avait eu des démélés avec un boucher, son voisin : quand il fut sur le point de recevoir le saint Viatique, il le fit appeler près de son lit,et avec une humilité touchante, lui demanda pardon des torts q‘"l avait eus à son égard. Cette hurble réconciliation avait sufti. au jugement de Dieu pour couvrir toutes: ses autres fautes, et l’exempter des flammes du Purgatoire.
Enfin répétons souvent l'Ave Maria en marchant, en travaillant,, dans les rues et sur les places publiques, en pensant à cette dernière invocation : Sainte Mie, priez pour nous, maintenant ,et à l'heure de notre mort.
Dans ce royaume de la souffrance, dit le Père Faber, pas un cri pas un murmure: tout est mort et silencieux, «omme Jésus dans sa prison. ..
Nous ne saurons jamais à quel point nous aimons Marie, jusqu’à ce que nous levions les yeux vers ell: du fond de c£ vallon où
brûle un feu aussi terrible que mystérieux.
O'inagnifique région du royaume de Dieu !
ô aimable portion du troupeau de Marie!
Le trône de Marie, brillant comme le disque de l’astre des nuits, jette sa douce lumière sur cette région de douleur et d’indicible attente ; les anges: en. voltigeant au-dessus de ce vaste royaume, y.font scintiller leurs ailes d'argent ; enfin, & la plus douce des consola- Lions ! il reste le ‘scüVenir de cette face de Jésus qu'on ne VIE pas, mais qu'on se rappelle si bien, qu’élle semble toujours présente devant les yeux. *:
Oh ! quelle pureté 'dans cette liturgie de la Souffrance Sanctiñiés! à monde,séjour bruyant
de l'ennui et du péché;qui ne voudrait s'échapper Comme une colombe, loin de tes périlleuses fatigues, pout s'envoler avec joie vers la plus humblé place de cette région si pure, si assurée, si‘sainite, où règnent la souf. france et l'amour sans partage !
e de Dieu !
le Marie!
> le disque € lumière dicible atdessus de leurs ailes S consola- * face de n se rap- S présen-
rgie de la r bruyant ts’échapes périlvec joie région si it la souf-
Sortie du Purgatoire.
Nous voici arrivés à cette heure bénie où toutes les expiations étant terminées, l’âme bienheureuse n’a plus qu’à s'envoler au ciel.
Qui nous dira les joies de cemoment ! Qui nous dira les joies de l'entrée du ciel, la vraie patrie de nos âmes! Pour les décrire il faudrait les avoir éprouvées soi-même.
Pauvrés exilés le long des fleuves de Babylone, comment pourrions-nous redire les cantiques de Sion sur la terre étrangère ?
Qui nous dira ie rayonnement de gloire qui enveloppe ces saintes âmes P C’est si beau, une âme / écrivait un jour Ste Catherine de Sienne ; c’est quelque chose de si rerveilleux, que, s’il nous était donné d’en contempler l'éclat, alors qu’elle est pure et sans tache, nous ne pourrions soutenir ce spectacle, et nous expirerions de bonheur aussitôt ! S'il en est ainsi de l'âme vivante encore
dans une chair mortelle, qui rous dira les Splendeurs de l’âme glorifiée ?
C'est le chœur des Captifs qui fait son entrée dans la sainte cité. Prince . Vres vos portes :
les ; c'est un Roi son royaume.
Attolite Portas, mini, porte ate:n rie !
Tertullien dit, dans un Par l’attouchement de Ja Chaïr immaculée du Christ, le chrétien qui communie souvent demeure dans une chair angélisée : i# Christ angelificata caro ; et Vous, 6 prêtre qui communiez tous les jours ; votre Corps est le tabernacle vivant, le ciboire d'un or très pur, où reposent Presque continuellement les espèces eucharistiques: Combien la pureté doit vous devenir facile, à vous qui buvez chaque jour à la Coupe sacrée qui fait germer les Vierges! Vinum &erminans virgines.
O Marie, consolatrice des aflligés, daignez
S du ciel, ou- Ouvrez vos portes éternelqui entre en triomphe dans
Principes vestras, et élevaales, ét introipit Æex Glo-
de ses livres, que,
bé:
pe
dira les
t son enciel, ou-
éternelhe dans
et elevaex, Glo-
>, que, ulée du rent de:
CAristo ul Comt le ta- ÈS pur, les esté doit chaque er les
aignez
bénir cet humble travail ! puisse-t-il faire un peu de bien aux âmes, et leur faire éviter les rigueurs du Purgatoire!
Les Indulgences nour les trépassés.
Les indulgences nous offrent un moyen facile et efficace de Payer nos dettes à la justice divine, de nous garantir du Purgatoire, ou, du moins, de nous en adoucir par anticipation les terribles rigueurs.
: Quelle folie de négliger ce moyen !
. Mgr Gaume fait ressortir cette folie par une comparaison fort juste.
: “Je suppose, dit-il, que nous allions visiter une vaste prison, dans laquelle sont renfermés une multitude de malheureux, chargés de fers. Ils sont tous condamnés à des peines terribles ; les uns pour dix ans, les autres pour vingt ans, les autres pour quarante, Nous leur disons: Le roi, dans sa bonté,
veut bien abréger la durée de vos peines, ou même vous les remettre entièrement, à condition que vous fassiez telle prière, telle pratique de riété, très Courte, très facile. Si vous aCcepiez, les portes de Ja Prison vont s’ouvrir; Vous pc‘irrez revoir VOS parents, vos àmis, vos familles,
Estiil un seul prisonnier qui refusât une condition si avantageuse et si douce?
Eh bien ! ces Prisonniers c’est nous: nous, débiteurs insolvables de la justice de Dieu.
Cette prison, c'est le Purgatoire. I
es peines de ce monde ne sont rien, comparées à
celles qu’on y endure, On nous Propose de
nous en délivrer à des conditions très faciles
etnousne les aCCéptons pas! ou nous les remplissons avec une négligence scand Sommes-nous raisonnables? …
Et si nous languissons un jour pendant de longues années dans les flammes du Purga-
toire, ne sera-ce Pas notre très grande faute ?
aleuse |
peines, où it, à contelle prale. Si vous ont s’ou- LS, vos àa-
isât une e?
1S: nous, e Dieu.
Les pei- Darées à pose de s faciles les remlaleuse !
dant de Purgale fau-
Le Chapelet des morts.
Oh! disait le curé d’Ars en levant au ciel ses yeux pleins de Jarmes, ch! la bonne pensée de prier et de faire prier pour les scintes ames du Purgatoire! Cette inspiration vient de Dieu, c’est l’ovre de l'Esprit Saint: elle réussira..
Ce chapelet fait gagner chaque fois à celui qui le récite vingt trois mille trois cents jours d'indulgences, attachés à la seule rcéilation des prières qui le composent, et toutes applicables aux défunts.
Il y a, en effet, attachés à la récitation des Actes de Foi, d'Espérance et de Charité, et cela foftes quoties, c'est-à-dire à toutes les fois qu'on les dit, sepé ans et sepi quarantaines d'indulgences.
Ce qui fait pour les gwatre fois qu'on les répète dans la récitation du chapelet, onze mille trois cents jours.
On gagne de même #rois cents jours d’'in-
dulgences foutes Les fois qu'on récite J'!
cation : Doux Cœur Salut ! (Pie IX, bref du ce Qui fait pour les fuarante foi répète, douze mille Jours.
, Voir Bouquet Spirituel, page 58,
mms Les messes Grégoriennes.
Ce fut saint Grégoire Ier, dit le Grand (590-604) qui introduisit l'usage de célébrer le saint Sacrifice penda
nt trente jours consé.
cutifs après les obsé
ques. De là le nom de Grégoriennes donné à ces trente messes.
Vcici ce qu'on lit dans l'un de ses Plus remarquables Ouvrages (Dialogues, lv. 1V, c.
55) à propos du moine Justus :
“Ayez soin que pendant “saint Sacrifice soit offert p ‘ne manque pas un seul jo “sainte Victime à son in
trente jours Je Our lui, et qu'on ur d’immoler Ja tention ” ; et Jes
INVode Marie, so yes mon
te l’invo-
Oyes mon re 1852),
qu'or la
Grand célébrer S COnséom de Ses, plus re-
IV, cz.
urs le qu'on oler la et les
Bollandistes disent que, le trentième jour, saint Grésoire fut assuré de la délivrance de
. l'âme de Justus, comme le constate aussi
l'inscription que l’on trouve À Rome, au mont Cœlius, dans l’église Saint-André-et-Grégoire Construite dans l'antique demeure du saint Pape. -
Lui-même aurait été instruit par une révélation de l’efficacité de cvs trente messes. Un jour, enflammé pour les âmes du Purgatoire d'une charité très ardente, il se lamentait de ce qu'après sa mort, il ne Pourrait plus rien faire pour elles : Mon ami, lui dit Notre-Seigneur, Je veux bien accorder en ta faveur un Drivilège qui sera unique ; C’est que toute âme du Purgatoire pour laquelle seront offertes trente messes en ton honneur et sans interruplion sera immédiatement délivrée, quelle que soit sa dette envers moi; ét plus que cela, je n'attendrai jas que Les messes soient célé- Ürées, mais je délivrerai Pâme aussitôt lof:
Jrande versée pour elle.
Voir Bouquet spirituel, page 44.
Pensées.
C'est vrai, cette journée m'a été pénible :
j'ai souffert dans mon Corps et souffert dans mon âme. Mais c'en est fait de ce jour, il ne revieridra plus! Et chacune de ces heures douloureuses sera récompensée 1à-haut par des siècles de joies sans mélanges, car le bonheur du Ciel ze finira jamais. Voilà ce qu'il faut se répéter dans l'épreuve. Si vives que soient nos peines, si longues qu’elles nous paraïssent, qu'est-ce que cela si vous le COMParez à une récompense Parfaite qui ne cessera jamais ?
Un solitaire,