‹ Précieux et précieusesChapitre 53 sur 86 · LA VIOLETTE · texte numérisé non relu

LA VIOLETTE

MADRIGAL

De tant de fleurs par qui la France Peut les yeux et l'ame ravir, Une seule ne me devance Au juste soin de te servir ;

' Anonyme dans la copie de Maurepis, ce madrigal n*a jamais été attribué qu*à DesmareU; dans roriginal» il est signé, avec cette orthographe ; M, Des Mareêlz,

Que si la Rose eu son partage Fait gloire de quelque avantage Que le Ciel daigne luy donner, Elle a tort d'en estre plus Here^ J'ay l'honneur d'être la première Qui naisse pour te couronner.

M. DB MALLBTILLB

LES LYS

MADRIGAL

Merveille de nos jours, dont les charmes vainqueurs

Ravissent les esprits et régnent dans les cœurs^

Rare présent du Ciel^ adorable Jului,

Lorsque toutes les fleurs, d'un email précieux

Viennent rendre à l'envy ta Couronne embellie,

C'est sur moy que tu dois arrester tes beaux yeux.

De la Reyne de l'air je suis la fleur divine;

Ma blancheur de son lait tire son origine,

11 se fait voir encor sur mon teint sans pareil ;

Et le Dieu dont les loix forment la destinée

Veut que le plus grand Roy qu'éclaire le Soleil

Ayt de moy seulement la teste couronnée.

Au temple de Thémis je préside avec luy;

Son throsne glorieux est mon illustre appuy;

La valeur de ce Mars fait pour moy des miracles,

Et je dois espérer que par son bras puissant

S'accompliront bientôt les célèbres oracles

Qui me promettent place au-dessus du Croissant.

Mais parmy ces grandeurs, le bruit de ton mérite

A me donner à toy si fortement m'invite

Que je veux de ma gloire enrichir ta beauté*

En vain toutes les fleurs dans leur pompe suprême

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