‹ Précieux et précieusesChapitre 57 sur 86 · LA TULIPE · texte numérisé non relu

LA TULIPE

MADRIGAL

Je fus un Berger autrefois.

Qui, poussé d'une belle audace, .

Alla cueillir dessus Parnasse

Des lauriers plus fameux que les lauriers des Roys.

Ce généreux désir d'une éternelle gloire Ne m'empêcha pas de servir Avec les filles de Mémoire,

Les mortelles beautez qui me sçurent ravir. Mais mon âme fut si volage,

A tant d'objets divers elle rendit hommage. Et les bergers si souvent En me reprochant leurs caresses.

Se plaignirent que mes promesses

Se perdoient parmy l'air dessus l'aile du vent, Qu'Amour vint d'une main puissante Me transformer en cette fleur, Qui, comme j'eus l'âme inconstante, Est inconstante en sa couleur.

Miracle de nos jours, si mes yeux t'eussent veue^

Avec tous ces appas dont le ciel t'a pourvcue^

LA UUiaLANDB DK JULIE. -i(M

Mon cœur n'eût point esté léger ; Mais mon sort me console et pour ma gloire ordonne^ Depuis que j'ay l'honneur d'embellir ta Couronne^ Que mes vives couleurs ne pourront plus changer.

M. GODBÀU.

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