LA PERCE-NEIGE
Fille du bel Astre du jour^
Je nays de sa seule lumière Alors que sans chaleur^ à son nouveau retour,
Des mois il ouvre la carrière.
Je vis pure et dans la froideur ;
Et mon teint, que la neige eCFace,
Conserve son éclat dans Textrême rigueur
De rhyver couronné de glace.
Fleurs peintes d'un riche dessein
Que le chaud du Soleil fait naître.
Et qui^ peu chastement, ouvrez votre beau sein
Au Père qui vous donna l'estre ;
Vous qui sans pudeur aux Zéphirs
Souffrez découvrir vos richesses^ Et^ vous laissant toucher à leurs foibles soupirs^
Ployez sous leurs molles caresses 3
Osez^vout^ peu modestes fleurs^ Prétendre couronner cette beauté sévère? Et ne craignez-vous point les cruelles froideurs Dont elle sçait punir une âme téméraire?
N'ayez plus cette vanité.
Puisque seule je dois obtenir l'avantage D'orner de son beau chef l'auguste majesté^ Lorsque de tous les cœurs elle reçoit l'hommage
Au throsne de la pureté.
M. DB MONTX01l-HA.Ba&T