‹ Précieux et précieusesChapitre 69 sur 86 · LA PERCE-NEIGE · texte numérisé non relu

LA PERCE-NEIGE

Fille du bel Astre du jour^

Je nays de sa seule lumière Alors que sans chaleur^ à son nouveau retour,

Des mois il ouvre la carrière.

Je vis pure et dans la froideur ;

Et mon teint, que la neige eCFace,

Conserve son éclat dans Textrême rigueur

De rhyver couronné de glace.

Fleurs peintes d'un riche dessein

Que le chaud du Soleil fait naître.

Et qui^ peu chastement, ouvrez votre beau sein

Au Père qui vous donna l'estre ;

Vous qui sans pudeur aux Zéphirs

Souffrez découvrir vos richesses^ Et^ vous laissant toucher à leurs foibles soupirs^

Ployez sous leurs molles caresses 3

Osez^vout^ peu modestes fleurs^ Prétendre couronner cette beauté sévère? Et ne craignez-vous point les cruelles froideurs Dont elle sçait punir une âme téméraire?

N'ayez plus cette vanité.

Puisque seule je dois obtenir l'avantage D'orner de son beau chef l'auguste majesté^ Lorsque de tous les cœurs elle reçoit l'hommage

Au throsne de la pureté.

M. DB MONTX01l-HA.Ba&T

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