SUR LA FLAMBE
GUSTAVB ▲ JULIS '.'
Divine cause de mes pleurs^ Objet dont la gloii'e m'eslonne, Adjoule à tant de belles fleurs Cette Flaubb que je te donne.
Tes yeux peuvent bien approuver Ce présent d'un cœur tributaire; La Flambe qui te va trouver Est un feu qui tend à sa sphère.
' Ces madrigaux nous sont fournis par une copie, d^ailleurs fort incomplète, qui se trouve dans un des volumes manuscriis de Conrari, indépendants des deux collections bien connues de TArsenal.
• P. 4 097 du manuscrit.
SUPPLBHBlfT A LA GUIRLANDE DK JULIE, 437
Jette ton regard curieux Sur les merveilles qu'elle enserre; Ce qu'est Iris dedans les Gieux^ La Flambe Test dessus la terre.
Ou sois favorable à mes vœux^ Ou tu seras digne de blasme; Je ne mets que sur tes cheveux Ce que tu mets dedans mon âme.
Il faut que son feu nompareil Cherche un objet à qui tout cède.
Et que ce qui vient du Soleil Un autre Soleil le possède.
A peine luit-elle en ces lieux^ Où l'amour veut que je l'envoyé, Que, paroissant devaot tes yeux.
Elle s'espanouit de joye.
Tes yeux en cest heureux séjour Raniment sa grâce première.
Et c'est moins de l'Astre du jour Que d'eux qu'elle tient sa lumière.
L'arc-en-ciel n'a point de couleur Que le Soleil rende si belle Que le lustre de cette fleur Quand tes yeux rayonnent sur elle.
A l'esclat du feu véhément Dont toutes ses feuilles sont pleines^ Tu pourras juger ayseement Celuy qui brusle dans mes veynes.
4â8 SUPPLEMENT
Ces feuilles qui dans ce beau lieu N'ont rien que de vif et de rare Sont autant de langues de feu Par qui mon amour se déclare.
Je ne puis en la vive ardeur Que me cause ta renommée Exprimer Testât de mon cœur Que par une chose enflammée.
Certes^ mon courage est atteint D'autant de peines violentes Que Témaîl dont elle se peint Brille de couleurs différentes.
Face l'astre qui luit aux Roys Pour adoucir mon amertume Que la Flambe que tu reçois Fasse en ton cœur et te consume !
(▲MONTICB.)