‹ Preciosa operacomique en un acte paroles de MM. Beaumont et NuitterChapitre 18 sur 25 · SCÈNE VIII · texte numérisé non relu

SCÈNE VIII

l’autre... je te parlais de mon amour, de mes rêves de bonheur, et ta main, comme dans une muette promesse, serrait la mienne...

PREC10SA, émue.

C’est vrai...

LORENZO

Et quand hier je te disais que j’avais foi dans ta tendresse, que pour toi je risquerais ma vie... dans tes yeux je crus voir Driller une larme...

Oui...

LORENZO

Rien de tout cela n’était sincère... c’était une comédie... (sur un geste de Preciosa.) Non ! tu ne m’empècheras pas de te dire toute ma pensée... Franchement, c’est dommage... toi si pure et si belle, comment as-tu pu te résigner à jouer un pareil rôle?..

Je le devais... Crois-tu donc qu’au milieu de ce peuple qui m’appelle sa reine, je sois toujours libre...

LORENZO

Eh bien! si quelqu’un t’arrachait à ce repaire, t’emmenait loin d’eux...

Abandonner ma tribu, mes frères... Jamais!

LORENZO

Jamais?.. Alors cette vie à laquelle tu ne veux pas renoncer, cette existence aventureuse et libre dont l’attrait bizarre te captive, si quelqu’un t’offrait de la partager?

Eh ! qui le voudrait? ne sommes-nous pas proscrits, repoussés de toutes parts ?

LORENZO

Je le sais! mais ces préjugés, ces périls, s’il se trouvait un homme pour les braver avec toi !..

Existerait-il un amour assez fort pour cela?

Peut-être...

ouo.

Une flamme inconnue - S’allume dans mon cœur.

Et dans mon âme émue L’amour règne en vainqueur.

LORENZO

Quelle ivresse ! à sa vue.

Je sens battre mon cœur.

Et, dans mon Ame émue.

L’amour règne en vainqueur.

Maudis-moi, je fus coupable,

C’est moi qui le trahis.

Ah! le remords m’accable !

O juste Dieu, tu me punis!

Non, tu n’es point coupable,

Je t’aime et te bénis.

Ne crains rien, le ciel favorable Protégera deux cœurs unis.

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