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TACHES DE SANG

Lorsqu'on a déterminé la nature (l*uu calcul, il faut toujours contrôler le résultat par des réactions spéciales.

Essais des tachbs de sang.

3^5. Les experts appelés à st prononcer sur la nature des taches qui existent sur des instruments tranchants, sur des vêtements, etc., ne peuvent reconnaître si elles sont dues à du sang ou à d'autres matières colorantes, qu'en faisant certaines expériences que nous allons ex« poser.

Les taches de sang se distinguent des taches de rouille par les caractères suivants :

a. Les taches de rouille sont claires et mates, les taches de sang sont plus foncées et brillantes.

b. Si Ton chauffe à 25 ou 30 degrés l'objet suspect à Pendroit où se trouve les taches, celles qui proviennent du sang s'écaillent et se laissent enlever facilement, tandis que les taches de rouille persts> lent. Ce caractère est important lorsque les taches se trouvent sur du fer.

c. Si Ton humecte les taches avec de Tacide chorhydrique, elles se dissolvent dans le cas de la rouille ; les taches qui proviennent du sang restent inaltérées. Dans le premier cas, I >s réactifs indiquent la présence du fer dans la solution.

Les taches de sang peuvent également être confondues avec celles que produisent certains acides organiques et matières colorantes végétales.

Le suc des fruits acides forme sur le fer des taches dont la teinte varie du rouge-brun foncé au noir, et qui sont hygrométriques ; elles se dissolvent complètement dans Teau, sans qu'on puisse à Taide de la loupe reconnaître de résidu blanc et fibreux. Cette dissolution, étant

un ANALYSES SPÉCIALES.

mélangée avec une petite quantité d*acide acétique et de ferrocyanure de potassium , donne un précipité bleu foncé; tandis que, dans les mêmes circonstances, une solution provenant de taches de sang donne un précipité d'un blanc gris tirant légèrement sur le rouge.

3/i6. Pour déterminer la nature d'une tache suspecte, on commence, si c'est possible, par enlever ces taches, avec un canif, de l'objet sur lequel elles se trouvent, et l'on en examine au microscope une pellicute très mince, après l'avoir placée entre deux lames de verre et imbibée d'une goutte d'huile; avec un peu d'adresse on parvient ainsi à découvrir les globules du sang, si latache provient de ce liquide.

Une autre partie des taches enlevées est placée dans un tube fermé par un bout et chauffée modérément dans la lampe à alcool. Dans le cas du sang, il se dégage alors les produits de la décomposition des matières animales, parmi lesquels se trouve l'ammoniaque, qui ramènera, au bleu un papier de tournesol rouge humecté, placé à l'orifice du tube. Les taches provenant d'acides organiques ou de matières colorantes non azotées dégagent, par la distillation sèche, des produits acides qui rougissent le papier de tournesol bleu.

Après cet essai, on humecte les taches avec une petite quantité d'eau ; lorsqu'elles proviennent du sang, leur face extérieure se gonfle bientôt, la tache disparaît peu à peu, et l'eau se colore d'abord. en jaune, puis en rouge jaunâtre, et enfin en rouge foncé. Cette dissolution s'effectue avec d'autant plus de lenteur que la tache est plus ancienne; lorsqu'elle date d'un an ou plus, il faut de

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quatre à huit heures d'immersion. Après la dissolution de la tache, on examine au microscope la place qu'elle avait occupée ; ordinairement on aperçoit alors un résidu de fibrine, qui doit se colorer en brun intense par le contact d'une goutte d'acide iodhydrique contenant de l'iode libre.

Il s'agit ensuite d'essayer la liqueur rouge provenant du traitement des taches par l'eau. Â l'aide d'un petit tube , on dispose sur des verres de montre plusieurs gouttes de la liqueur, et l'on examine comment elles se comportent avec les réactifs :

a. A une première goutte, ou ajoute environ la moitié de son volume d'acide nitrique ; si la tache provient du sang, il se forme alors au contact des deux liquides, une masse grise, épaisse, due à la coagulation de Talbnmine.

6. On traite de même une autre goutte par un peu d'ammoniaque caustique. Dans le cas du sang, la liqueur ne change pas de couleur; au contraire, toutes les matières colorantes qui pourraient être confondues avec le sang (à l'exception toutefois du rocon) prennent au contact de Tammoniaque une couleur violette ou brune. (Ainsi se comportent les taches produites par la matière colorante du cachou, de la gomme-kino, du sang-dragon, du ratanhia, du bois de Brésil , de la cochenille , de Tencre rouge et d« diverses baies rouges.)

c. On chanlTe avec ménagement une troisième goutte sur une lame de verre ; lorsqu'elle contient les matières solubles du sang , elle se trouble déjà à une température inférieure au point d'ébuU lition de Peau, et se transforme en une bouillie d'un gris pâle; au contact d'une goutte d'alcali caustique, cette bouillie se dissout immédiatement en donnant un liquide coloré en rouge-brun.

d. On mélange une quatrième goutte avec environ son volume d'une solution aqueuse d'acide hypochloreux {}): si le liquide con-

(1) Pour se procurer ce réactif, il suffit d'agiter dans un flacon reinpli I. l\0.

lllU ANALYSES SPÉCIALES

tient la matière colorante du sang, il devient immédiatement rougebrun foncé , tandis que les autres matières colorantes et les sucs de fruits deviennent plus clairs ou même se décolorent complètement.

e. Enfin, on évapore une cinquième goutte à siccilé sur la lame de platine, et Ton incinère le résidu. Quand la solution provient réellement d'une tache de sang, on obtient ainsi une cendre coulear de rouille et contenant beaucoup de fer; cette cendre ne fait presque pas effervescence avec les acides; Tacide acétique ne la dissout pas complètement; humectée d'eau, elle présente une forte réaction alcaline. Les matières colorantes qui pourraient être confondues avec le sang ne laissent pas de cendre ou en laissent une qui est blanche, et que Tacide acétique dissout entièrement avec une vive effervescence.

Lorsque, après ces divers essais, on a encore à sa disposition une petite quantité du liquide provenant de la dissolution des taches suspectes, on le porte à 1 ebuUilion, on le filtre pour le séparer du précipité produit, et on le laisse s'évaporer lentement dans un verre de montre; il ne tarde pas alors à se déposer du sel marin, sous la forme de cristaux cubiques, sillonnés de stries, ainsi que des groupes cristallins de phosphate de soude composés de tables rhoujboïdales. Si Ton ajoute du nitrate d'argent en excès à la solution du mélange de ces cristaux, il se forme un précipité jaune clair, composé de chlorure et dé phosphate d'argent ; l'addition au précipité d'un peu d'acide nitrique dilué dissout le phosphate, fait dispa-

de chlore gazeux une petite quantité d'eau tenant en suspension du bioxyde de mercure, et de filtrer le liquide lorsque l'atmosphère intérieure du flacon sera décolorée et que le bioxyde, d'abord rouge, sera devenu blanc. L'acide hypochloreux reste en dissolution dans l'eau ; il faut éviter un excès de bioxyde de mercure pour que la solution soit exempte., autant que pos» sj^Ie, de bichlorure de mercure.

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