ANTIMOINE
Les taches sont noires, mates et sans éclat. Si l'on évapore par-dessus de Vacide nitrique^ et qu'on reprenne par l'eau , on obtient un résidu blanc d*oxyde d'antimoine, et la liqueur ne précipite pas par le nitrate d'ar^ gêné ; si Ton évapore par-dessus quelques gouttes de suifhydrate d'ammoniaque^ elles se transforment en un sulfure orangé, lequel, sous l'influence d'une très douce chaleur, disparaît promptement après l'addition d'une goutte d'acide chlorhydrique ; si l'on met les taches en contact avec une dissolution {V/iypochlorife de soude (chlorure de soude obtenu en faisant passer du chlore dans une solution de carbonate se soude), elles ne s'altèrent pas.
L'anneau métallique est brillant comme de l'argent. Lorsqu'on le chauffe à la lampe dans un courant d'hydrogène, on ne peut pas le déplacer comme l'anneau d'arsenic. Lorsqu'on ginlle l'anneau d'antimoine , il s'oxyde en répandant des vapeurs sans odeur ; avec Vacide nitrique il se comporte comme les taches. Si l'on chaufl\3 à la lampe l'anneau pendant qu'on y fait passer du gaz hydrogène sulfuré sec, le métal se convertit en un sulfure plus ou moins orangé, et même presque noir quand il est en quantité un peu forte. Ce sulfure est insoluble dans l'ammoniaque caustique ; mais si l'on y fait passer à froid du gaz chlorhydrique sec, il disparaît très promptement, le sulfure d'antimoine se transformant ainsi en un chlorure volatil ^SbCl^), qui, recueilli dans l'eau, donne ensuite parle sulfure d'hydrogène le précipité orangé, caractéristique pour l'antimoine. Sont caractéristiques pour les sels d'antimoine : la
réaction avec l'hydrogène sulfuré, la décomposition des I. 1
sels neutres par l'eau, et la solubilité, dans Tacide tartrique, du précipité produit par l'eau.
77. Parmi les composés naturels de raiitimoine, la stibine ou antimoine sulfuré est le seul qui soit assez abondant pour si r\ ira lextractiondecemétal; il se présente en aiguilles, plusou moins volumineuses, d'un gris de plomb, fusibles à la simple ilamme d'une bougie, et constitue des filons dans le granité ou dans les roches qui s'y rattachent. Nous en avons en France dans l'àrdèche, le Gard, la Lozère, etc. Le sulfure d'antimoine se trouve quelquefois combiné avec d'autres sulfures, par exemple, dans V argent noir et Y argent rouge ^ dans le cuivre gris (sulfure d'antimoinC; de plomb et de cuivi-e, etc.). L'arsenic remplace quelquefois Tantimoine dans ces combinaisons.
La médecine fait usage de plusieurs combinaisons antimoniales : sous ce rapport, il faut surtout nommer Vémétique, tartrate de potasse et d'antimoine, et le kermès, combinaison d'oxyde et de sulfure d'antimoine. Le beurre d'antimoine ou chlorure d'antimoine, est un caustique très violent dont les médecins se servent pour caulérisci* certaines plaies; on l'emploie également dans les arts, pour bronzer les métaux, notamment le fer. La poudre d^Aigaroth, combinaison d'oxyde et de chlorure d'antimoine, a été longtemps employée comme médicament purgatif et éméiique.
L'antimoine métallique entre dans la composition de plusieurs alliages : il sert à durcir l'étain qu'on veut convertir en couverts, ou le plomb avec lequel on fabrique les caractères d'in)primerie.