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GAZ ABSORBABLES PAR UNE DISSOLUTION DE POTASSE

t A. Ne fumant pas à l'air.

Gaz ammoniac.

Gaz sulftireux.

Gaz carbonique.

1 Chlore.

Gaz non Inflammables.. ^

B. Fumant à Vair.

I Gaz cblorhydrique.

f Gaz bromhydriqwp.

Gaz iodhydrique.

Gaz fluosilicique.

, Gaz chloroboriquo.

^ Gaz fluoboriquo.

fGaz sulfhydrique.

Cyanogène.

Gaz cyanhydrîque.

3Gà ANALYSES SPÉCIALES.

Parmi les gaz énumérés dans le tableau précédent, il en est qui ne peuvent pas se trouver ensemble, parce qu'ils se combinent ou qu'ils se décomposent mutuellement. Ainsi l'oxygène est incompatible avec le bioxyde d'azote ; le chlore est incompatible avec le cyanogène, le gaz sulfureux humide, l'oxyde de carbone, le bioxyde d'azote, les carbures d'hydrogène , l'ammoniaque, l'hydrogène, l'hydrogène phosphore, arsénié ou antimonié, l'acide bromhydrique ou iodhydrique ; l'ammoniaque est incompatible avec tous les gaz acides ; le cyanogène est incompatible avec l'hydrogène sulfuré, le chlore et l'ammoniaque.

On recueille le mélange gazeux qu'il s'agit d'analyser sur le mercure, dans de petites éprouvettes ou dans de petits tubes qu'on puisse fermer avec le pouce, et d'une longueur double de celle des tubes ordinaires à réactions.

Si le mélange ne contient que des gaz du premier groupe non absorbables par la potasse, on peut fort bien le recueillir sur l'eau. Parmi ceux du deuxième groupe, l'acide sulfhydrique, le cyanogène et l'acide carbonique peuvent aussi, à la rigueur, se recueillir sur ce liquide ; toutefois, comme ils sont un peu solubles dans l'eau, on en perd toujours si on ne les recueille pas sur le mercure.

MéLANGBS GAZEUX. 36!)

PUBMIBR GROUPE.

Gaz non absorbables par une dissolution de potasse.

275. On commence par séparer les gaz du deuxième groupe en les absorbant par une dissolution de potasse ; sur la partie non absorbable, on fait les expériences suivantes :

1"* Plonger dans le gaz une allumette brûlante, pour voir si sa combustion est activée [oxygène et protoxyde d'azoté) , si elle s'éteint [azote et bioxyde d'azote)^ ou si le mélange s*enflamme {oxyde de carbone^ gaz des marais^ gaz oie fiant, hydrogène, hydrogène phosphore ^ arsénié ou antimonié),

2*' Dans le cas où le gaz est inflammable, observer de quelle couleur est la flamme {hydrogène, bleuâtre, pâle, peu éclairante ; oxyde de carbone, bleue ; gaz oléfiant, blanc jaunâtre, très éclairante ; gaz des marais, bleuâtre, peu éclairante). Si le gaz produit une explosion par l'approche de Tallu mette enflammée, cela indique la présence de Voxygène et de Vhydrogène, ou de Voxygène et d'un gaz hydrogéné.

3° Observer si le gaz, en brûlant, répand des fumées blanches {hydrogène phosphore, flamme très vive et très éclairante , avec fumées blanches et épaisses d'acide phosphorique ; hydrogène arsénié, flamme jaune livide, bordée de bleu, avec fumées blanches d'acide arsénieux, en même temps qu'il se développe une odeur alliacée, et qu'il se dépose sur les parois du tube un précipité brun mHvron ; hydrogèiw antimonié, flamme bordée de bleu, I. 31.

avec l'umées blanches d'oxyde d'antimoine, et dépôt noir sur les parois du tube).

d" Observer si le gaz, après la combustion, trouble l'eau de chaux, par suite delà production de Tacide carbonique [oxyde de carbone^ gaz des marais^ gaz oie fiant).

5"* Observer si le gaz devient rutilant par l'introduction de Tair : présence du bioxyde d'azote.

S'il ne devient pas rutilant, observer si cet eflfet se produit par l'introduction du bioxyde d'azote : présence de Xoxygène.

6* Agiter le gaz avec une solution de nitrate d'argent, pour voir s'il se produit un précipité noir [hydrogène p^iosphoré, arsénié ou phosphore),

V Agiter le gaz avec une solution de bicliloruro de mercure. ^^rfro^^r?e/?^os/)Aor^', précipité jaune; hydrogène arsénié , précipité jaune brunâtre ; hydrogène antimonié, précipité blanc.

S'' Mélanger le gaz (sur l'eau) avec son volume de chlore. S'il est absorbé, à la lumière diffuse, en produisant de l'acide chlorhydrique, et sans qu'il trouble ensuite l'eau de chaux , il renferme de V hydrogène libre ; s'il produit (avec un peu moins de son volume de chlore) des gouttelettes huileuses qui nagent sur l'eau^ et communiquent à l'eau une odeur éthérée, il contient du gaz olé fiant ; s'il donne avec le chlore, humide, au gpleil, de l'acide chlorhydrique et de l'acide carbonique troublant l'eau de chaux, il peut renfermer du gaz des marais ou de Voxyde de carbone.

9* Introduire dans le mélange gazeux une solution de protochlorure de cuivre (ou de protosultite de cuivre)

dans rammoniaque : Yoxygène et Yoxyde de carbone l'absorbent, le premier en bleuissant la solution.

Voici les caractères distinctifs des gaz du premier groupe :

Gaz non inflammables entretenant la combustion.

Oxygène. — Il est inodorc et sans saveur, rallume avec vivacité une allumette présentant encore quelques points en ignition, rend le bioxyde d'azote rutilant; il est absorbé par le phosphore, par les sulfures alcalins, par une solution ammoniacale de protochlorure de cuivre, et par une solution ammoniacale de protosulfite de

Protoxyde d'azote. — Il est légèrement odorant et d'une saveur sucrée; rallume une allumette présentant quelques points en ignition, mais avec moins de vivacité que Toxygène, et ne rend pas rutilant le bioxyde d'azote. Chauffé au rouge dans une cloche courbe, avec du potassium ou du sulfure de baryum , il laisse un résidu d'azote dont le volume est égal à celui du protoxyde employé.

Gaz non inflammables empêchant la combustion.

Bioxyde d'azote. — Il est incolore et devient rutilant au contact de l'air ou de Toxygène pur, en se transformant en vapeurs hyponilriques dont l'odeur est suffocante. Il est absorbe par les sels de fer au minimum, et leur communique une couleur brune ou noire.

Azote. — Il est incolore, insoluble dans l'eau, Talcool et les dissolutions des sels de fer au minimum ; il éteint

les corps en combustion , ne rougit pas le tournesol , et ne trouble pas Teau de chaux.

Gaz inflammables troublant Veau de chaux après la cornbustion.

Oxyde de carbone. — Il est incolore, inodore» presque insoluble dans l'eau; il brûle avec une belle flamme bleue, est absorbé par une solution ammoniacale de protochlorure de cuivre^ est absorbé à une température élevée par le potassium , et donne avec le chlore humide de Tacide chlorhydrique et de Tacide carbonique.

Gaz des marais. — Il est incolore et inodore, brûle avec une flamme bleuâtre, peu éclairante, n'est pas absorbé par l'acide sulTurique fumant, et donne par le chlore humide, au soleil, de l'acide chlorhydrique et de l'acide carbonique.

Gaz oiéflant. — Il est incolore et d'une odeur désagréable, brûle avec une flamme blanc jaunâtre très éclairante, et donne avec le chlore un liquide huileux , d'une odeur éthérée (liqueur des Hollandais). Il est absorbé par l'acide sulfurique fumant.

Gaz inflammables ne troublant pas Veau de chaux après la combustion.

Hydrogène. — Il est inodore (les substances étrangères lui donnent ordinairement une légère odeur), insoluble dans l'eau, et brûle avec une flamme bleuâtre, pâle, peu éclairante. Il produit de l'acide chlorhydrique sans acide carbonique, lorsqu'on le mêle à la lumière diffuse avec son volume de chlore.

Hydrosène phosphore. — Il est inooloi'e et d*une odeur alliacée; il est inflammable, et brûle, par rapproche d'un corps en combustion, avec une flamme très vive et très éclairante, en répandant des fumées épaisses d'acide phosphorique , sans odeur; il brûle aussi au contact du chlore gazeux. Quand on y fait entrer quelques gouttes d'acide nitrique, il devient spontanément inflammable à Tair; agité avec de Tacide chlorhydrique fumant, il perd cette propriété en déposant un peu de pliosphure d'hydrogène solide, de couleur jaune. Il précipite le nitrate d'argent en noir, et le bichlorure de mercure en jaune.

Hydrogène arsénié. — Il est très vénéneux, incolorc, iTline odeur nauséabonde, fort repoussante; il brûle avec une flamme livide bleuâtre , en répandant une odeur d'ail et des fumées d'acide arsénieux. Il produit dans le nitrate d'argent un précipité noir d'argent métallique, tandis qu'il reste de l'acide arsénieux en dissolution; il précipite le bichlorure de mercure en jaunebrun. La chaleur rouge le décompose en gaz hydrogène et en arsenic métallique.

Hydrogène antimonié. — Il est incolore, d'une odcur nauséabonde, et brûle avec une flamme bleuâtre sans répandre d'odeur, mais en donnant des fumées d'oxyde d'antimoine. Il produit dans le nitrate d'argent un précipité noir d'antimoniure d'argent, et précipite en blanc le bichlorure de mercure. La chaleur rouge le décorapose en gaz hydrogène et en antimoine métallique.

370 ANALTSB8 SPÉCIALES.

DEUXIÈME GROUPE

Gaz absorbables par une dissolution de potasse.

276. L'analyse qualitative des gaz de ce groupe peut s'effectuer sur la solution de potasse par laquelle on les a absorbés; car, à part l'ammoniaque, ils donnent avec elle des sels qu'on reconnaît à l'aide des réactions indiquées dans la Deuxième partie. Quelquefois, cependant, il est plus facile de reconnaître par des réactions spéciales certains d'entre les gaz du deuxième groupe, recueillis sur le mercure. Le chlore est le seul das gaz cités qui soit coloré.

Voici par quelles expériences on découvre les gaz du deuxième groupe :

1" Laisser échapper un peu de gaz dans l'air pour voir s'il répand des fumées acides. {Gaz chlorhydrique y bromhydrique , iodkydrique, fluosilicique^ chloroborique, fluoborique.) Ces gaz se dissolvent promptement dans Teaq.

2* Dans le cas où il y a des fumées, introduire dans le mélange quelques bulles de chlore, pour voir s'il y a coloration {gaz bromhydrique et iodhydrique).

S<» Dans le cas où il n'y a pas de fumées acides, introduire dans le gaz du papier de tournesol humecté, pour voir s'il rougit {gaz sul /hydrique , cyanhydrique^ sulfureux ou carbonique) ; si le papier ne rougit pas, y introduire un papier rouge pour voir s'il bleuit {ammoniaque),

4° Essayer si le gaz est combustible {hydrogène sulfuré, brûlant avec une flamme bleue et répandant une odeur sulfureuse; gaz cyanhydrique^ brûlant avec une flamme

bleuâtre, et donnant du gaz carbonique qui trouble l'eau de chaux; cyanogène, brûlant avec une flamme pourpre, et précipitant Teau de chaux après la combustion).

5** Agiter le gaz avec Teau de chaux, après avoir fait absorber par Teau seule les autres gaz acides; s'il y a un trouble, gaz cm^bonique,

6° Agiter le gaz avec une solution d'acétate de plomb ; le gaz sulfhydrique précipite en noir.

7° Introduire dans le gaz une baguette de verre enduite de bioxyde de plomb puce humide : le gaz sulfu^ reux s'absorbe en produisant du sulfate de plomb.

Voici les caractères distinctifs des gaz du deuxième groupe :

Gaz non inflammables ne fumant pas à Vair,

««aanuiioDiaqae.— H est incolore, d'une odeur forte et suffocante; il présente une réaction alcaline très prononcée avec le tournesol et le curcuma, répand d'épaisses fumées par le contact de l'acide chlorhydrique, et est absorbé par l'eau en quantité considérable.

«as mOfiireax. — Il est incolore, et a l'odeur forte et piquante du soufre en combustion. Il est fort soluble dans l'eau. La solution, traitée par le chlore ou l'acide nitrique, donne de l'acide sulfurique , reconnaissable par les sels de baryte; mêlée avec de l'acide chlorhydrique, elle donne, avec le zinc, du gaz hydrogène et du gaz sulfhydrique, qui noircit les sels de plomb. Le gaz sulfureux est absorbé par le bioxyde de plomb puce , avec lequel il donne du sulfate de plomb.

«as carbMi4«e. — 11 est incolore, rougit légèrement

le tournesol et éteint les corps en combustion. Il précipite l'eau de chaux en blanc, insoluble dausTeau, soluble dans un excès d'acide carbonique.

Chlore. — Il est jaune verdàtre et d'une odeur suffocante. L'eau en dissout environ trois fois son volume à la température ordinaire. Il détruit entièrement les couleurs végétales et les blanchit. Il se dissout entièrement dans la potasse, même après avoir été chauffé. La solution donne, avec les sels d'argent, la réaction des chlorures ; toutefois, une certaine quantité d'argent reste dans la liqueur sans être précipitée. L'arsenic et l'antimoine en poudre fine brûlent avec ignition dans le gaz.

Gaz non inflammables fumant à l'air . Ils sont extrêmement acides et fort solubles dans l'eau.

«as chiorhydriqne. — Il est incolore; sa dissolution donne les réactions caractéristiques des chlorures, surtout avec les sels d'argent. Le gaz n'est pas coloré par l'introduction d'un peu de chlore.

csase bromhydriqne. ^ Il est incolore; sa dissolution donne les réactions des bromures, surtout avec les sels d'argent. Lorsqu'on introduit du chlore dans le gaz, celui-ci se décompose en acide chlorhydrique et en vapeurs rouges de brome.

Gmm lodhydriqne. — Il est incolore ; sa dissolution donne les réactions des iodures, surtout avec les sels d'argent. Lorsqu'on introduit du chlore dans le gaz , celui-ci se décompose en acide chlorhydrique et en vapeurs violettes d'iode, qui bleuissent l'empois d'amidon.

«as flaoaiuetqne. — Il est incolore et donne , avec

Teau qui l'absorbe, un dépdt de silice gélatineuse et une dissolution d'acide fluosilicique, qui précipite en blanc cristallin le chlorure de baryum.

csas iiaoboriqae. — Il est incolore et le plus fumant de tous les gaz; il noircit et carbonise le papier. L'eau qui Tabsorbe le décompose en acide fluorhydrique et en acide borique, qui se dépose en paillettes, si Ton emploie peu d*eau. (Voy. les réactions de Tacide borique, p. 153.)

csaz chioroboriqne. — Il est incolore et donne avec l'eau une solution renfermant de Tacide chlorhydrique et de Tacide borique.

Gaz inflammables.

«AS •oifhydriqne. ^ Il est incolorc et d'une odeur fétide d'œufs pourris ; il brûle avec une flamme bleue, on répaudïdit une odeur sulfureuse et en produisant ordinairement un dépôt de soufre. Il noircit Targent et précipite en noir les sels de plomb. Le chlore et Tacide sulfureux humide le décomposent en produisant un dépôt de soufre.

Cyanogène. — Il est incolore et d'une odeur pénétrante particulière qui a£fecte les yeux ; il brûle avec une flamme pourpre, et précipite Teau de chaux après la combustion ; il n'est presque pas absorbé par l'oxyde de mercure. En se dissolvant dans la potasse, il la colore en jaune , puis en brun noir ; il se comporte de même avec une solution d'ammoniaque ; les solutions renfer^ ment du cyanure. L'eau en dissout un peu plus de quatre fois son volume, et en prend l'odeur caractéristique. I. 32

574 ANALYSES SPÂCULSS.

G«s ejmmhjérUiWÊe. — Il est excessivemeot vénéneux, et cause des vertiges quand on le respire en très petite quantité ; ii présente une odeur d'amandes amères, est absorbé par l'oxyde de mercure rouge humide, et se dissout dans la potasse sans la noircir, en donnant du cyanure. ( Voy. les réactions des cyanures, p. '176.)

AWALTSE BES MATIÈRES TÉGÉTAI.ES.

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