‹ Précis d'analyse chimique qualitativeChapitre 87 sur 130 · CristaUisatioii et prédplUittoii fîMMStiMMiées · texte numérisé non relu

CristaUisatioii et prédplUittoii fîMMStiMMiées

— Il est rare qu'un dissolvant extraie d'une partie végétale ou animale une substance unique ; ordinairement, on obtient des mélanges de deux ou de plusieurs substances qu'on ne parvient à séparer que par des cristallisations réitérées; il ne faut jamais négliger, dans ces circonstances, d'examiner à la loupe ou au microscope' les différents dépôts cristallins pour s'assurer de leur pureté ; l'aspect plus ou moins homogène de la matière apprend souvent, sous ce rapport, bien plus que l'emploi des réactifs chimiques. Les cristallisations fractionnées sont souvent très avantageuses ; du reste, le principe du fractionnement, appliqué à d'autres opérations, est fort à recommander pour la séparation des sul)stances dont In solubilité et les propriétés chimiques sontpeu différentes ; c'est ainsi qu'on peut effectuer la séparation de certains acides gras, en dissolvant le mélange dans l'alcool, précipitant la solution en partie par Taoétate d(^ plomb, décomposant le précipité par un acide minéral

pour en sépsirer les acides gras, redissolvant ceux-ci dans Talcool, précipitant de nouveau en partie seulement, et répétant ces dissolutions et ces précipitations partielles, jusqu'à ce qu'enfin Tacide gras extrait du précipité offre un point de fusion constant.

283. iMsdiiation fractionnée. — On applique souvent la distillation fractionnée pour séparer des huiles vola* tiles. On place le mélange dans une cornue tubulée, et on le distille, en observant la marche d'un thermomètre fixé par la tige dans le bouchon de la tubulure et plongeant par le réservoir dans la vapeur du liquide bouillant. La colonne mercurielie ne s'airêteà aucun point fixe tantqu'il distille un mélange de liquides de volatilité différente ; mais on arrive très souvent à une ébullition constante, c'est-à-dire qu'on parvient à isoler l'ua^ou l'autre sub« stanoe contenue dans un semblable mélange, en fractionnant les produits de la distiilatioii, en ae reomeiUant que les portions qui passent entre certaines limites de température assez rapprochées, et en soumettant les portions ainsi distillées à de nouvelles distillations fractiouuées»

Ce genre de séparation réussit surtout dans les cas où les liquides composant le mélange ont des points 4'ébullition assez distants, et où l'on peut disposer d'une quantité de matière assez grande pour multiplier les fractionnements ; mais il est à pein epraticable dans les conditions ordinaires, lorsque la différence entre les points d'ébullilion est moindre de kO à 50 degrés.

Cependant on y parvient quelquefois, dans ce dernier cas, en faisant bouillir le mélange des deux liquides sous uiio ptessipn beaucoup plus faible que la pression ordi-

ANALYSES SPEQALBS.

iiaîre de ratmosphère, parce qu'alors les tensions de leurs vapeurs sont souvent bien plus difierentes. Ce procédé est applicable, par exemple, à un mélange d'alcool et d'étber : il passe d'autant moins d'alcool à la distillation d'un semblable mélange qu'elle est effectuée à une température plus basse. Ce résultat s'obtient si l'on opère la distillation en faisant le vide dans l'appareil distillatoire, après avoir placé la cornue et le récipient où le liquide doit se condenser, dans des mélanges réfrigérants de température différente, celui qui entoure le récipient étant maintenu dans le mélange le plus froid. Ou peut

Fig. 32.

placer la cornue A (fig. 32) dans de la glace pilée, et le récipient B dans un mélange de glace et de chlorure de calcium cristallisé ; on recouvre de cire à cacheter le bouchon a qui attache ces deux pièces, afin qu'il tienne le vide, et l'on ajuste de même en 6, à la tubulure du récipient, un bouchon portant un tube de plomb et muni

MÀTIÈUES VÉGÉTALES. 385

d'un robinet c, au moyen duquel Tappareil distillatoire est mis en communication avec une pompe C faisant le vide. La distillation s'é!ablit alors à la faveur de la différence de température qui existe entre la cornue et le récipient ; dès qu'elle est en train, on ferme le robinet ; pour l'arrêter on n'a qu'à rouvrir celui-ci et à laisser rentrer l'air dans l'appareil.

28û. Lorsque l'air altère les substances organiques à leur température d'ébullition, on les distille dans un courant de gaz hydrogène ou d'acide carbonique sec. On fixe, à cet eSet, dans la tubulure de la cornue, un tube communiquant avec un appareil où l'on dégage ce gaz, et plongeant jusqu'au fond du liquide bouillant ; on remplit de gaz tout l'appareil distillatoire, et l'on continue d'en dégager pendant toute la durée de la distillation.

Au lieu de distiller les liquides altérables dans un gaz inerte, on peut aussi les chauffer dans un courant de vapeur d'eau ; les vapeurs de beaucoup d'huiles organiques ont, en effet, une tension assez grande à la température de lOO*" pour être entraînées par la vapeur aqueuse et se condenser avec elle. La plupart des essences auxquelles les plantes doivent leur parfum, peuvent être isolées par ce moyen.

Lorsqu'un liquide est un mélange de deux corps, on réussit quelquefois à séparer ceux-ci, en le traitant par un agent chimique qui attaque l'un des corps sans altérer l'autre. Ce procédé peut être appliqué à un grand nombre d'huiles essentielles : ces liquides sont ordinairement des mélanges d'un principe composé de carbone et d'hydro- I. 33

384 ANALYSES SFÉCiALKS.

naire de l'atmosphère, parce qu'alors les tensions de leurs vapeurs sont souvent bien plus différentes. Ce procédé est applicable, par exemple, à un mélange d'alcool et d'éther : il passe d'autant moins d'alcool à la distillation d'un semblable mélange qu'elle est effectuée à une température plus basse. Ce résultat s'obtient si l'on opère la distillation en faisant le vide dans l'appareil distillatoire, après avoir placé la cornue et le récipient où le liquide doit se condenser, dans des mélanges réfrigérants de température différente, celui qui entoure le récipient étant maintenu dans le mélange le plus froid. On peut

Fig. 32.

placer la cornue A (fig. 32) dans de la glace pilée, et le récipient B dans un mélange de glace et de chlorure de calcium cristallisé ; on recouvre de cire à cacheter le bouchon a qui attache ces deux pièces, afin qu'il tienne le vide, et l'on ajuste de même en b, à la tubulure du récipient, un bouchon portant un tube de plomb et muni

MATIÈRES VËGÊTALËS. S85

d'un robinet e, au moyen duquel Tappareil disliliatoiro est mis en communication avec une pompe C faisant le vide. La distillation s'établit alors à la faveur de la différence de température qui existe entre la cornue et le ré* cipient; dès qu'elle est en train, on ferme le robinot ; pour l'arrêter on n'a qu'à rouvrir celui-ci et à laisser rentrer l'air dans l'appareil.

286. Lorsque l'air altère les substances organiques à leur température d'ébuUition, on les distille dans un courant de gaz bydrogène ou d'acide carbonique sec. On fixe, à cet effet, dans la tubulure de la cornue, un lube communiquant avec un appareil où l'on dégage ce gaz, et plongeant jusqu'au fond du liquide bouillant ; on remplit de gaz tout l'appareil distillatoire, et l'on continue d'en dégager pendant toute la durée de la distillation.

Au lieu de distiller les liquides altérables dans un gaz inerte, on peut aussi les chauffer dans un courant de vapeur d'eau ; les vapeurs de beaucoup d'huiles organi* ques ont, en effet, une tension assez grande à la température de 100° pour être entraînées par la vapeur aqueuse et se condenser avec elle. La plupart des essences auxquelles les plantes doivent leur partum, peuvent être isolées par ce moyen.

Lorsqu'un liquide est un mélange de deux corps, on réussit quelquefois à séparer ceux-ci, en le traitant par un agent chimique qui attaque l'un des corps sans altérer l'autre. Ce procédé peut être appliqué à un grand nombre d'huHes essentielles : ces liquides sont ordinairement des mélanges d'un principe composé de carbone et d'hydro- I. 33

386 ANALYSES 6PÊC1ALKS.

gène (souvent dans les proporlions de Tessence de térébenthine] et d'un autre principe composé de carbone, d'hydrogène et d'oxygène ; or, le dernier principe est ordinairement attaqué par la potasse caustique, tandis qu'elle est sans action sur le premier principe, non oxygéné. Dans ce cas donc, on peut en opérer la séparation, soit en traitant l'huile essentielle par une lessive de potasse concentrée, de manière à ne dissoudre que le principe oxygéné, soit en distillant l'huile essentielle sur de l'hydrate de potasse solide, afin de fixer le principe oxygéné sur cet agent.

285. Saturation firactionnée. — La méthode des Saturations fractionnées permet quelquefois d'isoler certains acides liquides et volatils contenus dans un mélange. Elle consiste à saturer, par la potasse ou par la soude, une partie du mélange acide, à ajouter le reste à cette partie neutralisée, et à soumettre le tout à la distillation, de manière que l'un des acides contenus dans le mélange s'empare de tout l'alcali, et expulse les autres acides en raison de leur plus grande volatilité, ou de leurs affinités moins énergiques.

Soit, par exemple, un mélange d'acide butyrique et d'acide valérique; on sait, par expérience, que Tacide valérique déplace, à une température élevée, l'acide bu-* lyrique. Deux cas peuvent se présenter après la saturation partielle et la distillation du mélange acide : ou la quantité d'acide valérique contenue dans le mélange, dépasse la proportion nécessaire à la saturation de la totalité de Talcali employé, et alors le résidu de la distillation ne se compose que de valérate pur , ou la quan^

tilé d*acîde valériqueest inférieure à cette proportion, et alors l'acide distillé consiste en acide butyrique pur, tandis que le résidu renferme un mélange de valérate et de butyrate. Une seule saturation partielle fournit donc l'un des deux acides à Tétat de pureté. En continuant de traiter de la môme manière les deux acides mélangés, passés à la distillation ou restés dans la cornue, c'est-àdire en les saturant de nouveau en partie et soumettant le tout à la distillation, on parvient à obtenir, à Tétatde pureté, une nouvelle portion de l'un ou de l'autre acide, et l'on arrive finalement à les séparer d'une manière complète, résultat qu'on n'atteindrait guère par la seule distillation du mélange acide.

Caractères de quelques principes végétaux [*).

286. Ceiinioiie. — Ce corps (C^^Hiooio) constitue la membrane qui forme les parois des cellules et des vaisseaux chez les plantes, depuis les classes inférieures des cryptogames jusqu'aux familles les plus élevées parmi les phanérogames.

Sa composition et ses réactions sont partout les mêmes ; mais les propriétés qui dépendent de son état d'agrégation présentent de grandes différences, suivant les plantes d'où on l'extrait.

A rétat de pureté, la cellulose est blanche, solide, diaphane, insoluble dans l'eau froide, l'alcool, Téther et les huiles. Dans beaucoup de tissus végétaux, dans le bois, par exemple, elle est pénétrée de substances étran-

(1) Voyez, dans la Deuxième partie, les réactions des acides et des alcalis organiques les plus connus.

vers la droite le plan de polarisation des rayons lumineux ; cette dextrine est entièrement soluble dans l'eau, ainsi que dans ralcool faible, mais insoluble dans Tàlcool absolu ; maintenue en ébullition avec un acide étendu , elle se convertit en glucose. La dextrine se produit aussi par une légère torréFaction de la matière amylacée.

Uacide sulfurique concentré charbonne à chaud la matière amylacée.

L'acide nitrique concentré la dissout ; Teau ajoutée à la dissolution en précipite une matière blanche (xyloïdine), faisant explosion au contact d'un corps incandescent

Le fluorure de bore est lentement absorbé à froid par la matière amylacée, qu'il liquéfie sans la charbonner.

Uiode en solution aqueuse colore en bleu foncé l'empois d'amidon ; celle coloration est l'effet d'une précipitation mécanique de l'iode, et non celui d'une combinaison chimique particulière. On peut décolorer le liquide par l'ébullition , en volatilisant l'iode; toutefois, si l'on ne fait pas bouillir assez longtemps, de manière qu'il reste de l'iode en dissolution dans l'eau, la coloration bleue reparaît en partie par le refroidissement. On peut la faire disparaître aussi par l'alcool , par la potasse, par l'hydrogène sulfuré, par l'acide sulfureux, et en général, par tous les liquides qui dissolvent l'iode.

Lorsqu'on broie la fécule de pommes de terre, dans un mortier, avec de l'eau froide, la liqueur filtrée se colore en bleu par l'iode ; cette coloration ne s'observe pas si l'on traite de la même manière l'amidon de blé, dont

MATIÈBES VÉGÉTALES. 389

taines parties des plantes ; la moelle des troncs , le périsperroe et les cotylédons des graines sont les organes dans lesquels on la rencontre le plus fréquemment; elle abonde également dans beaucoup de racines (^).

La forme et la dimension des grains amylacés sont très variés : tantôt ils sont sphériques , tantôt ovoïdes , tantôt sinueux ou contournés en arc de cercle, ou bifurques irrégulièrement ; ils sont composés de couches intimement superposées, et constituées par sections méridiennes autour d'un mémo point (appelé ombilic ou hilé). Les grains amylacés de la fécule de pomme de terre sont beaucoup plus gros que ceux de Tamidon de blé.

La matière amylacée constitue une poudre blanche, sans odeur ni saveur, grinçant légèrement quand on la presse; à la température ordinaire, elle renferme toujours une certaine quantité d'eau, mécaniquement interposée entre les granules.

Tant qu'elle conserve son état d'agrégation naturelle, la matière amylacée est insoluble dans l'eau, l'alcool et l'éther. Lorsqu'on la met en contact avec l'eau chaude, celle-ci pénètre entre les différentes couches des granules, les gonfle et produit ainsi de Vempois.

Les alcalis et les acides dilués produisent déjà à froid le gonflement et la désagrégation partielle de la matière amylacée ; à chaud , la désagrégation est complète. Le produit de la désagrégation complète porte le nom de dextrincy en raison de l'énergie avec laquelle il dévie

\}f Le nom de fécule t*app1iqae plus particulièrement k la matière amylacée extraite des pommes de terre ; on la nomme amidon^ lorsqu'elle vient des graines des céréales.

vers la droite le plan de polarisation des rayons lumineux ; cette dextrine est entièrement soluble dans Teau, ainsi que dans Talcool faible , mais insoluble dans l'àlcool absolu; maintenue en ébuUition avec un acide étendu , elle se convertit en glucose. La dextrine se produit aussi par une légère torréfaction de la matière amylacée.

L'acide sulfurique concentré charbonne à chaud la matière amylacée.

L'acide nitrique concentré la dissout ; l'eau ajoutée à la dissolution en précipite une matière blanche (xyloîdine), faisant explosion au contact d'un corps incandescent.

Le fluorure de bore est lentement absorbé à froid par la matière amylacée, qu'il liquéfie sans la charbonner.

Viode en solution aqueuse colore en bleu foncé Tempois d'amidon ; celte coloration est Teffei d'une précipitation mécanique de l'iode, et non celui d'une combinaison chimique particulière. On peut décolorer le liquide par l'ébullition , en volatilisant Tiode; toutefois, si l'on ne fait pas bouillir assez longtemps, de manière qu'il reste de l'iode en dissolution dans l'eau, la coloration bleue reparaît en partie par le refroidissement. On peut la faire disparaître aussi par l'alcool , par la potasse, par l'hydrogène sulfuré, par l'acide sulfureux, et en général, par tous les liquides qui dissolvent l'iode.

Lorsqu'on broie la fécule de pommes de terre, dans un mortier, avec de l'eau froide, la liqueur filtrée se colore en bleu par l'iode ; cette coloration ne s'observe pas si l'on traite de la même manière l'amidon de blé, dont

1 es^,g^<aio», rAM$n fplus ténus que ceux de la Técule, no s'écrasent pas sous le pilon.

La dextrine n'est pas colorée en bleu par l'iode.

Le sulfate de cuivre étant ajouté goutte à goutte à une solution de dextrine, mélangée de potasse caustique, la liqueur devient d'un bleu foncé, et reste limpide à froid ; mais par Tébullition elle précipite du protoxyde de cuivre rouge.

L'acétate de plomb, neutre ou basique, ne précipite pas la solution de la dextrine, mais par l'addition de l'ammoniaque ou obtient un précipité blanc.

288. fioHunes. — Ces substances, très abondantes dans le règne végétal, sont constituées par un principe isomère de la matière amylacée et de la cellulose.

On distingue généralement les ^owrwes proprement dites, qui se dissolvent dans l'eau à froid ou à chaud, et les mucilages qui ne font que se gonfler dans l'eau bouillante.

La gomme la plus pure est connue sous le nom de gomme arabique. Elle se dissout aisément dans l'eau ; la solution devient sirupeuse par la concentration ; l'alcool absolu la précipite en flocons blancs et caillebottés.

Lfi potasse caustique coagule la solution de la gomme, mais un excès de réactif rend la liqueur limpide. Fondue avec de Thydrate dé potasse, la gomme dégage de l'iiydrogène, en laissant un résidu composé de formiale et d'acétate.

Vacide mlfurique étendu et bouillant transforme la gomme en dextrine et finalement en glucose. Le mélange de gomme et d'acide sulfurique concentré noircit par la chaleur.

L'acide nitrique attaque à chaud la gôMtAë en produisant de l'acide mucique et de Tacide oxaliqua Une mélange d'acide nitrique et d'acide sulfurique concentré transforme la gomme en une substance susceptible de faire explosion par la chaleur comme le fulmicoton.

Le fluorure de bore est lentement absorbé à froid par la gomme, qu'il liquéfie sans la colorer.

L'iode ne présente pas de réaction caractéristique avec la gomme.

Quelques gouttes de sulfate de cuivre étant ajoutées à une solution de gomme mélangée de potasse, il se produit un précipité bleu, insoluble dans la liqueur où il s*est formé, mais entièrement soluble dans l'eau pure ; la solution aqueuse de ce précipité peut être bouillie sans déposer de protoxyde de cuivre. Ce caractère distingue la gomme naturelle de la gomme artificielle (dextrine}.

Le sous-acétate de plomb produit dans les solutions de gomme , un ])récipité blanc caillebotté , soluble dans un excès de gomme.

289. Sucre. —Ce corps (C»2H"0**) très répandu dans le règne végétal, s'extrait particulièrement de la canne ou de la betterave pour les besoins de la consommation.

Il forme des prismes obliques rhomboïdaux, durs, sans eau de cristallisation , et qui répandent une lueur phosphorée lorsqu'on les broie dans l'obscurité.

Il se dissout dans le tiers de son poids d'eau froide, et en toutes proportions dans l'eau bouillante ; maintenue à une température voisine de l'ébullition, la solution perd peu à peu la propriété de cristalliser. Il est insoluble

dans Talcool absolu et dans Téther, mais Talcool aqueux le dissout, surtout à chaud.

Il fond, à 160 degrés, en un liquide visqueux et incolore qui se prend, par le refroidissement , en une masse transparente et amorphe (sucre d'orge) ; à la longue celleci se trouble en reprenant une texture cristalline. Entre 210 et 220 degrés , le sucre brunit, se boursoufle et perd de Teau en se transformant en caramel. A une température plus élevée il se charbonne en dégageant des va« peurs acides et inflammables.

La solution aqueuse du sucre dévie à droite les rayons de lumière polarisée.

La potasse caustique peut être bouillie avec une solution de sucre sans qu'elle brunisse.

La chaux est dissoute en grande quantité par Teau sucrée; la solution précipite par Talcool. Lorsqu'on chauffe la solution de la chaux dans Teau sucrée, elle se coagule comme du blanc d'œuf , mais le coagulum disparaît de nouveau par le refroidissement de la liqueur.

Les acides étendus, étant abandonnés à froid avec du sucre, le rendent peu à peu incristallisable

Vacide sulfurique concentré s'échaufle vivement avec le sucre cristallisé en produisant une bouillie noire.

Vacide nitrique bouillant transforme le sucre en acide oxalique.

Sous rinfluence de la levure de bière le sucre se dédouble en alcool et en acide carbonique, mais, avant de donner ces produits, il se convertit en sucre incristallisable.

F^ chlorure de sodium étant mélangé en solution

aqueuse avec de Teau sucrée, on obtient par l'éTaporation spontanée des cristaux à arêtes vives, composés d'une combinaison de sucre et de chlorure de sodium (2C*2H"0»SNaCI) ; ces cristaux tombent en déliquescence à l'air humide.

Le bichlorure d'étain transforme le sucre en une matière noire.

Le fluorure de bore n'est pas absorbé par le sucre à la température ordinaire, mais si Ton chauffe, le gaz est absorbé et la matière noircit.

Le iulfate de cuivre étant ajouté goutte à goutte à de l'eau sucrée mélangée de potasse, le mélange devient d'un bleu foncé et reste limpide à froid ; si la potasse est en excès, on peut même faire bouillir la solution sans qu'il se précipite du protoxyde de cuivre.

Vacétate de plomb ammoniacal produit un précipité blanc gélatineux dans une solution de sucre ; le précipité est soluble dans l'eau bouillante.

290. Gineose. — Ce corps (C»2H»20'a 4- 2aq) est contenu dans les raisins, les figues, le miel, etc.; on le rencontre également dans l'urine des malades aflTectésdu diabète mellitiquo. Il se produit artificiellement par l'action des acides sur la cellulose et sur la matière amylacée.

Il se présente ordinairement sous la forme de mamelons semi- globulaires ou de choux-fleurs fibreux; il est moins soluble dans l'eau et l'alcool que le sucre de canne. Il fond au bain-marie, en perdant de l'eau de cristallisation ; fondu, il constitue une niasse jaunâtre et transparente qui attire l'humidité de l'air, et se prend peu à

MATlÊafiS VÉGÉTAL&S. 395

peu en une masse grenue. Cbaufië à l^O*", il perd encore de Teau, et se caramélise.

La solution aqueuse du glucose dévie à droite le plan de polarisation de la lumière.

La potasse et la chaux brunissent très rapidement le glucose, lorsqu'on les cbauffe légèrement avec lui. Ce caractère distingue le glucose du sucre.

L'acide sulfurique concentré étant broyé avec le glucose, le mélange ne noircit pas comme avec le sucre ; mais si Ton étend d'eau le liquide et qu'on le satui^e par du carbonate de baryte, la solution filtrée renferme un sel de baryte, qui précipite par Tacide sulfurique.

Uacide nitrique bouillant transforme le glucose en acide oxalique.

Sous rinfluence de la levure de bière, le glucose se transforme en alcool et en acide carbonique.

Le chlorure de sodium étant mélangé avec une solution de glucose, on obtient, par Tévaporation, des pyramides doubles d'une combinaison de glucose et de sel marin (2C*2H»20»2,NaCl+ 2aq), assez soluble dans l'eau, d'une saveur à la fois salée et sucrée.

Le bichlorure d'étain se comporte avec le glucose comme avec le sucre.

Le sulfate de cuivre étant ajouté goutte à goutte à une solution de glucose additionnée de potasse caustique, il se produit une liqueur foncée, et, au bout de quelques instants et sans qu'on élève la température, il se préci-" pite du protoxyde de cuivre rouge. Le sucre de canne ne produit pas cette réaction à froid.

Le pi'otonitrate de mercure , le nitrate d'argent et le

396 ANALYSES SFÉCIALKS.

chlo7*ure d'or déposent du métal par Tébullition avec une solution de glucose; le bichlorure de mercure, dans les mêmes circonstances, précipite du protochlorure.

L'acétate de plomb ammoniacal précipite en blanc la solution aqueuse du glucose.

291. On confond quelquefois le glucose avec le sucre incristallisable ou sucre des fruits acides , qui , tout en ayant la même composition et les mêmes caractères cliimiques, se distingue du glucose par Tabsence de forme cristalline et par le sens du pouvoir rotatoire qu'il exerce sur le plan de polarisation de la lumière. Ce sucre incristallisable éprouve à la longue une transposition moléculaire et se convertit lui-même en glucose.

Recherche des alcalis organiques dans les cas d'empoisonnement.

292. Le procédé à l'aide duquel on extrait les alcalis organiques des matières suspectes, dans les cas d'empoisonnement, est à peu près le même que celui qu'on emploie pour retirer les mêmes substances des parties végétales qui les renferment ; la seule différence consiste dans la manière d'isoler ces alcalis et de les présenter au dissolvant.

La marche la plus avantageuse pour les recherches médico-légales repose sur les faits suivants : Les alcalis organiques forment des sels acides à la fois solubles dans l'eau el dans l'alcool ; la solution de ces sels acides peut être décomposée par le bicarbonate de potasse ou de soude (ou par ces alcalis à l'état caustique), de manière

EMFOISoNiNEMtNT I»AH LKS ALCALIS. '6\i7

que l'alcali organique, mis en liberté, re^te en solution, dans le cas surtout où cet alcali a été combiné avec un excès d'acide tartrique (ou d'acide oxalique); l'élher, employé en quantité suffisante, s'empare de l'alcali organique contenu à l'état libre dans une semblable solution.

Pour appliquer les réactions précédentes, il faut, avant tout, se débarrasser des matières étrangères, par lesquelles elles seraient masquées. Sous ce rapport, l'emploi successif de l'eau et do l'alcool à différents degrés de concentration fournit de fort bons résultats, et permet d'obtenir sous un petit volume une solution contenant l'alcali cherché.

On a également proposé d'éliminer les substances étrangères en les précipitant par du sous-acétate de plomb, et d'enlever ensuite l'excès de plomb au moyen de l'hydrogène sulfuré ; mais ce procédé, d'ailleurs fort défectueux, présente l'inconvénient d'introduire un métal étranger dans les matières suspectes. Il ne faut pas non plus se servir de charbon animal pour décolorer les liquides, car on s'exposerait à perdre tout l'alcali, le charbon pouvant l'absorber aussi bien qu'il fixe les matières colorantes et odorantes.

293. Voici les opérations qu'il faut exécuter pour découvrir un alcali organique dans le contenu de l'estomac ou des intestins (\\

;*} Lorsqu'il s'agit d'eitrairc un alcili du foie, du cœur, du poumuu, Ole, il Taut préalablement bien diviser Torganc suspect, mouiller la masse avec de Talcool pur et conceu'ré, Texprimer, et, h l'aide de ratcool, Tépuiser de toutes les substances solubles. C'est sur le liquide ainsi obtenu qu'on opère ensuite.

On commence par mélanger la matière avec de l'alcool pur et le plus concentré possible ; on y ajoute ensuite, suivant la quantité et l'état de la matière suspecte, 1/2 à 2 grammes d'acide tarlrique. Ce mélange ayant été introduit dans un ballon, on le chauffe à 60" ou 75' . Après le refroidissement complet, on jette la masse sur un filtre, on lave la partie insoluble avec de Talcool concentré, et Ton abandonne dans le vide la liqueur filtrée. Si Ton n'a pas de machine pneumatique à sa disposition, on l'expose à un courant d'air chauffé tout au plus à 35^

Si, après la volatilisation de l'alcool, le résidu renferme en suspension des corps gras ou d'autres matières non dissoutes, on le verse sur un filtre mouillé par de l'eau distillée; la liqueur filtrée, à laquelle on a réuni les eaux de lavage, est ensuite évaporée presque à siccité» dans le vide ou dans une grande cloche sur de l'acide sulfurique concentré. Le nouveau résidu est repris et épuisé à froid par de l'alcool absolu. La liqueur alcoolique est évaporée à l'air libre, à la température ordinaire, ou mieux dans le vide ; le résidu acide de cette évaporation est dissous dans la plus petite quantité d'eau possible. Cette solution est introduite dans un petit flacon- éprouvette, et additionnée peu à peu de bicarbonate de soude (ou de potasse) pur et en poudre, jusqu'à ce qu'il n'y ait plus d'effervescence. On agite alors le tout avec 4 ou 5 fois son volume d'éther pur, et l'on abandonne au repos. Quand l'éther surnageant s'est éclairci, on en décante une petite partie dans une capsule de verre» et on l'abandonne dans un lieu bien sec à Tévaporation spontanée.

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