‹ Précis d'analyse chimique qualitative: ou, Traité des opérations chimiquesChapitre 7 sur 124 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

Ce qui conslitue les opéralions chimiques, c'est tant les ustensiles qui servent aux manipulations, que les manipulations elles-mêmes et les produits qui en résultent. Les appareils sont les mêmes pour les opérations de chimie analytique que pour celles de chimie synthétique; mais ils subissent de légères modiQcations nécessitées par la différence du but qu'on se propose en appliquant ces deux branches de l'analyse.

Les opérations qui se répèlent le plus souvent, dans les recherches qualitatives, sont les suivantes :

1« Il A dissolution*

La dissolution prise dans son sens le plus général est Tunion d'un liquide avec un corps quelconque en un tout homogène. Elle prend le nom d'absorption, lorsque le corps est gazeux; de mélange, lorsqu'il est liquide ; et de dissolution, pris dans son acception ordinaire, lorsqu'il est solide.

Ladissolntion des corps s'effectue d'autant plus facilement qu'ils sont divisés en particules plus ténues. On appelle dissolvant le liquide qu'on emploie pour obtenir une solution. Lorsqu'il s'unit au corps dissous et forme avec lui une combinaison chimique , la dissolution (isi chimique ; lorsque aucune combinaison n'a lieu, elle est simple. Le corps dissous existe dans cette dernière, libre et avec toutes celles de ses propriétés qui ne sont pas inhérentes à sa forme; aussi s'en sépare- t-il sans la moindre altération, lorsqu'on a enlevé le dissolvant ; et, en faisant dissoudre dans l'eau, du sel de cuisine, on obtient une dissolution simple, douée du même goût que le sel, qu'on en retire, avec toutes ses propriétés primitives, en évaporant l'eau. Une solution simple est dite saturée lorsqu'elle renferme une quantité telle du corps àdissoudre qu'elle n'en peutabsorber davantage. La force dissolvante des liquides augmentant en général avec leur température, il est clair que leur point de saturation varie avec elle. On peut admettre en thèse générale que la chaleur favorise la dissolution simple de tous les corps.

La dissolution chimique ne conserve pas au corps dissous loutcs ses propriélés primitives; il n'y est pas libre, mais bien intimement uni avec la liqueur dissolvante dont il emprunte une partie des propriétés, et avec laquelle il forme un corps nouveau dont la solution présente tous les caractères. Les dissolutions chimiques étant aussi, en général, favorisées par la chaleur, on peut leur appliquer, à cet égard, la même règle qu'aux solutions simples, si ce n'est que la quantité du corps dissous ne change point avec la température dont elle est indépendante, et reste toujours dans une relation invariable avec celle du dissolvant.

Dans les solutions chimiques, le dissolvant et le corps soumis à son action possèdent des propriélés toujours diamétralement oppo* sées, qui tendent à se neutraliser réciproquement. Cette tendance une fois satisfaite, la cause de la dissolution n'existant plus, Texcès du corps qui se trouve dans la liqueur y reste sans subir la moindre altération. La solution est alors saturée , ou plutôt neutralisée. On appelle point de saturation ou de neutralisation le moment où les tendances opposées du dissolvant et du corps à dissoudre se trouvent dans un équilibre parfait.

Les dissolutions chimiques sont presque toujours dues à des acides ou à des bases, qui, tous les deux, pour prendre la forme li« quide, ont besoin de subir d'abord l'action d'un dissolvant simple. Ce n'est qu'après que les propriélés opposées d'un acide et d'une base se sont équilibrées, en produisant un nouveau corps, que la dissolution peut se faire ; encore n'est-ce que dans le cas où le nouveau composé peut entrer en dissolution simple avec le fluide en présence duquel il se trouve. Ainsi , par exemple, lorsqu'on mélauge une dissolution d'acide acétique dans l'eau avec de l'oxyde plombique, il y a d'abord combinaison chimique de l'acide avec l'oxyde et formation d'acétate plombique, qui forme une solution simple avec l'eau en présence de laquelle il se trouve.

La GristalliscUion etla précipitation, dont nous allons nous occuper, sont des opérations qui, à l'inverse de la dissolution, ont pour but de faire passer les corps de l'état liquide à la forme solide. Toutes les deux étant produites par Téloignement du dissolvant, il est impossible de tracer entre elles une ligne de démarcation bien tranchée. Cependant nous traiterons séparément de chacune d'elles, parce qu'étant prises dans leurs points extrêmes, il devien»

* impossible de les confondre, et que le but qu'on se propose d'atteindre au moyen de chacune d'elles est presque toujours trèsdifférent.

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