Dosage du sulfure cadmique
On précipite les solutions cadmiques neutres ou acides avec le sulfide hydrique gazeux ou en dissolution , et celles qui sont alcalines , par le sulfhydrate ammonique. On recueille le précipité sur un filtre pesé , on le lave, le dessèche à 100°, et le pèse. Voir au § 64 les caractères du précipité. Ce mode de dosage donne des nombres fort exacts.
Quand le sulfure cadmique renferme du soufre libre on le transforme en nitrate , ou chlorure cadmique , et on le précipite à l'état de carbonate. Le procédé est le même qu'avec le zinc , § 80, 6.
SIXIÈME GKOUPE.
Oxydes aurique, platinique, antimonique , stannique , stanneux t
et acides arsénieux et arsénique.
t. Oxyde aurique.
a. Dissolution.
Pour dissoudre l'or métallique et toutes celles de ses combinaisons, qui sont insolubles dans l'eau, on les chauffe avec duchloride hydrique , auquel on ajoute , de temps à autre , de l'acide nitrique jusqu'à dissolution complète.
b. Dosage.
On ne pèse l'or qu'à l'état de métal pur. Pour transformer en métal les composés auriques on les calcine ou on en précipite l'or sous forme de sulfure.
On transforme en Or,
a. Par calcination;
Toutes les combinaisons de l'or, qui ne contiennent pas d'acides
fixes.
b. Par précifMtatioa de l'or.
Tous les composé» d'or qu'on ne peut pas traiter suivant a.
c. Par précipitation du sulfure aurique.
Les composés d'or, qui dans le cours de certaines analyses , doivent être séparés de cette manière d'avec d'autres métaux.
Dosage de Vor métallique.
a. Par calcination.
On chauffe doucement d'abord la substance dans un creuset de porcelaine ou de platine fermé, et on en élève insensiblement la température jusqu'au rouge vif. On pèse le résidu , qui est de l'or pur. Les caractères du résidu sont énumérés au g 62. Les nombres ainsi obtenus sont de la plus grande rectitude.
b. Par précipitation de l'or.
». Lorsque la solution aurique ne contient pas d'acide nitrique non plus que de chloride hydrique libre , on y ajoute un petit excès de ce dernier. On verse ensuite dans cette liqueur une solution limpide de sulfate ferreux en excès , et on chauffe doucement , pendant quelques heures , jusqu'à ce que tout l'or, qui se sépare , sous forme de poudre fine , se soit déposé. On filtre , lave, dessèche et calcine suivant le § 32. On fait bien d'opérer cette précipitation dans une capsule plutôt que dans un vase à précipités , d'où il est difficile d'enlever tout l'or déposé , tant sa poudre est ténue. Comme cette méthode ne présente aucune chance d'erreurs , il est clair que son exactitude ne dépend que de l'habileté de l'opérateur.
p. Quand la solution aurique contient de l'acide nitrique , il faut l'évaporer au bain d'eau , en consistance sirupeuse , en versant de temps à autre dans cette liqueur du chloride hydrique ,
pour détruire tout l'acide nitrique. On reprend le résidu de cette opération avec de l'eau acidulée par du chloride hydrique , et on traite la dissolution d'après «. Dans le cas où le résidu ne se dissout pas en entier dans l'eau, ce qui provient de ce qu'une partie du chlorure aurique s'est transformée en or métallique et en chlorure aureux, il faut opérer comme si tout s'était dissous.
y. Lorsqu'on désire ne pas avoir de fer dans la solution filtrée , on réduit l'or par l'acide oxalique, en s'y prenant de la manière suivante : il faut d'abord que la liqueur soit exempte d'acide nitrique , dont on la débarrasse au besoin , suivant p. On verse dans la solution aurique de l'oxalate ammonique en excès ; puis un peu de chloride hydrique , quand la liqueur n'en contient pas déjà ; puis on couvre le vase à précipités dans lequel on opère , avec une plaque de verre , et on l'abandonne au repos pendant deux jours à une douce chaleur. Au bout de ce temps tout l'or est précipité sous forme de paillettes jaunes , qu'on lave , dessèche et chauffe au rouge.
c. Précipité sous forme de sulfure aurique.
On étend d'eau la solution dans laquelle on fait passer un excès de suJûde hydrique ; on filtre rapidement le précipité sans chauffer, on le dessèche et on le calcine dans un creuset de porcelaine ou de platine. Les caractères du précipité sont indiqués au § 62. Cette méthode n'est pas entachée de chances d'erreurs.
•• oxyde platlnlqne.
a. Dissolution.
On dissout le platine métallique et tous ses composés insolubles dans l'eau; en les faisant digérer à une douce chaleur dans de l'eau régale.
b. Dosage.
On pèse toujours le platine à l'état métallique. On obtient ce métal à l'état pur par la calcination, ou après l'avoir transformé
d'abord en chloro-platinate potassique, chloro-platinate ammonique , ou bien en sulfure platinique.
La plupart des composés du platine peuvent être amenés sans peine à revêtir Tune ou l'autre de ces formes. C'est l'étude des circonstances où l'on est placé qui décide à choisir Tune de ces formes plutôt que l'autre. Toutes les fois qu'on peut le faire , il faut doser le platine par calcination directe. On ne précipite jamais le platine à l'état de sulfure que lorsqu'il faut le séparer d'avec d'autres métaux.
Dosage du platine,
a. Précipité à l'état de chloro-platinate ammonique.
On met la solution platinique dans un vase à précipités , et si elle est acide on y verse de l'ammoniaque en quantité presque suffisante pour neutraliser son excès. Il faut cependant que la liqueur soit encore un peu acide ; on y verse alors du chlorure ammonique en excès ; puis une quantité assez forte d'alcool absolu. Quand la solution platinique est très-étendue il faut la concentrer avant que de la traiter ainsi que nous venons de le dire. On couvre le vase avec une plaque de verre et on le laisse en repos pendant vingt-quatre heures, pour donner au précipité le temps de se former. On jette alors le tout sur un filtre non pesé , où on lave le sel avec de l'alcool d'à peu près 80 pour 400, jusqu'à ce qu'on en ait séparé tous les composés dont on veut purifier le platine. On dessèche avec soin , calcine et pèse.
La calcination doit être faite comme nous allons le dire. On enveloppe le précipité dans le filtre > et on met le tout dans un creuset de platine pesé, qu'on ferme avec son couvercle. On chauffe le creuset doucement et pendant longtemps, jusqu'à ce qu'il ne s'en dégage plus de vapeurs de chlorure ammonique; alors on enlève le couvercle , couche le creuset , § 32 , et brûle le filtre. Si le filtre ne peut pas brûler, on facilite sa combustion en versant sur lui quelques gouttes d'acide nitrique, puis on donne un violent coup de feu et on pèse.
Voy. au § 63 les caractères du précipité et de son résidu. Les
§ 94. ] CHAP. IY. DOSAGE. 217
nombres fournis par ce mode de dosage sont , en général , trèsexacts, quoiqu'un peu au-dessous de la réalité, parce que le chloro-platinate ammonique n'est pas tout à fait insoluble dans l'alcool (exp. n° 44 ) , et parce qu'il s'échappe facilement quelques atomes du sel double non décomposé avec les vapeurs de chlorure ammonique lorsqu'on chauffe brusquement.
On commettrait de graves erreurs si on dosait le platine à l'état de chloro-platinate ammonique , parce que , ainsi que je m'en suis assuré par des recherches directes, il n'est pas possible, en le lavant avec de l'alcool , de le débarrasser de tout le chlorure ammonique qu'il retient , sans dissoudre en même temps une quantité sensible de chloro-platinate. En générai, cependant, les dosages de platine qu'on fait de cette manière sont de quelques centièmes au-dessus de la réalité, parce qu'on ne prolonge pas assez les lavages.
b. Précipité à l'état de chloro-platinate potassique.
Si la solution est acide , on sature avec de la potasse la plus grande partie de l'acide libre , on verse dans la solution du chlorure potassique en léger excès , puis une proportion assez forte d'alcool absolu. Après vingt-quatre heures de contact, on verse le tout sur un filtre pesé , où on lave le précipité avec de l'alcool à 70 pour 400; on dessèche à 400° le chloro-platinate et on le
Ensuite on pèse vide un tube à boule médiane dans laquelle on met un peu du sei double desséché, on nettoie bien l'ouverture du tube par laquelle on l'y a introduit, et on repèse le tout. On adapte le tube à boule à un appareil d'où se dégage de l'hydrogène sec, fig. 33, et on chauffe au rouge le chloro-platinate dans le courant de gaz , jusqu'à ce qu'il ne s'en dégage plus de vapeurs de chloride hydrique ; ce qu'on reconnaît facilement en approchant de l'ouverture du tube une baguette trempée dans l'ammoniaque; elle ne doit plus produire, dans ce cas, de petits nuages blancs. On laisse refroidir, remplit le tube d'eau, qu'on décante avec précaution ; on lave bien le résidu de platine, et quand on a
dissous de cette manière tout le chlorure potassique, on dessèche le platine dans le tube ; ce qu'on fait sans peine en le chauffant, tout en continuant à y faire passer le courant d'hydrogène , qui enlève les vapeurs d'eau à mesure qu'elles se forment. Repesant ensuite , on trouve quelle était la quantité de platine existant dans la petite portion du sel qu'on a calcinée ; il est facile alors de savoir combien il y en avait dans toute sa masse.
On trouvera, au § 63 , les propriétés du précipité et du résidu. Les données obtenues de cette manière sont plus exactes que celles que fournit la méthode a , parce que le chloro-platinate potassique est plus insoluble que le chloro-platinate ammonique, et parce qu'il ne s'en perd pas du tout lorsqu'on le calciné. Cette méthode est un peu moins bonne lorsqu'on calcine le sel , non pas dans un courant d'hydrogène, mais tout simplement dans un creuset, parce qu'il n'est pas totalement décomposé, surtout lorsqu'on opère sur des quantités un peu fortes.
Il est impossible de peser directement le chloro-platinate potassique, parce qu'on ne le débarrasse pas par les lavages à l'alcool de tout le chlorure potassique précipité en même temps que lui.
c. Précipité à l'état de sulfure platinique.
Suivant les circonstances dans lesquelles on se trouve placé , on précipite la solution platinique par du sulfide hydrique gazeux , ou par sa solution aqueuse. On chauffe le mélange presque jusqu'à l'ébullition , on filtre , lave bien , dessèche et calcine au rouge le précipité d'après le § 32. Voy. les caractères du précipité et du résidu au § 63. Les résultats sont exacts.
d. Par la calcina tion.
Le procédé est le même que celui qu'on suit pour l'or dans les mêmes circonstances, § 93. Les caractères du résidu sont exposés au § 63. Les résultats sont très-exacts.
§95.] CHAP. XV. DOSJLGE. 219
S. Oiy4e AMtUnaïUqii*.
a. DÎMolution.
On dissout sans peine , dans le chloridé hydrique plus ou moins concentré , l'oxyde antimonique et ceux de ses composés qui sont nsolubles dans l'eau ou altérés par elle. C'est Peau régale qui dissout avec le plus de facilité l'antimoine métallique.
à. Dosage.
On pèse l'antimoine sous forme de sulfure antimonique, d'antimoine métallique et d'acide antimoniêux. On peut transformer en :