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II. Séparation de l'acide carbonique d'avec les bases

Toutes les méthodes dont nous venons de parler sont basées sur le déplacement de l'acide carbonique par un acide plus fort que lui. On dose toujours l'acide carbonique lui-même par différence, ou par l'augmentation du poids d'un liquide qu'on lui fait traverser après l'avoir déplacé de la combinaison dans laquelle il se trouvait engagé auparavant.

o. tVavec les bases qui perdent saiis peine tout leur acide carbonique , lorsqu'on les calcine.

tels sont , par exemple , les carbonates zincique , plombique , cuivrique, magtiésique, etc;

§ 105.] CHAP. IV. DOSAGE. 2ft7

a. Dans des composés anhydres.

On chauffe au rouge la substance dans un creuset de platine, jusqu'à ce que son poids ne varie plus. Il est clair qu'on obtient des résultats aussi exacts que possible.

Quand on doit calciner de cette manière des corps qui absorbent de l'oxygène lorsqu'on les chauffe au contact de l'air, il faut les chauffer dans un tube à boule médiane qu'on fait traverser par un courant d'acide carbonique sec. On dose l'acide carbonique par différence.

p. Dans des composés hydratés.

Il faut alors chauffer la matière à analyser dans un tube de verre fermé par un bout où on introduit un peu de chlorate potassique fondu , et en relation par l'autre avec un tube plein de chlorure calcique qui aboutit lui-même à un tube à boules plein de potasse caustique. Comme on conduit cette analyse tout à fait de même qu'une analyse organique élémentaire , § 1 40, nous ne nous étendrons pas ici sur cette opération. Le chlorate potassique sert à chasser de l'appareil tout l'acide carbonique qui peut s'y trouver encore. Il ne faut peser le tube à chlorure calcique et celui à potasse qu'un quart d'heure après la fin de l'opération , afin que l'air atmosphérique ait pu prendre la place de l'oxygène qui les remplissait tous les deux. Lorsqu'il s'agit d'analyses de la plus grande précision , il faut saturer la potasse caustique d'oxygène, § 442, 66, avant de l'adapter à l'appareil d'analyse. Il est tout clair que la substance qu'on calcine ne doit pas contenir de matières organiques.

h. D'avec toutes les bases.

a. Quand les sels sont anhydres, on pèse dans un creuset de platine la combinaison à laquelle on ajoute à peu près quatre fois son poids de borax fondu, § 39, 6, et parfaitement exempt d'eau. On chauffe , en élevant doucement la chaleur, jusqu'au rouge , auquel on laisse le mélange exposé jusqu'à ce qu'il soit en fusion tranquille. On pèse après le refroidissement et on trouve par dif-

fén-nce le poids de l'acide carbonique. Les résultats sont exacts ( Schaffgotsch).

g. Quand les acides décomposent sans peine et totalement les sels.

Fig. 36. aa. Quand leurs bâtes forment

avec l'acide sulfurique des sels solublei. — On se sert pour leur analyse de l'appareil représenté fig. 36, qui est si simple qu'il est inutile d'en donner de nouveau la description. Il faut prendre les petits ballons aussi grands que la balance dont on se sert peut les supporter. Le tube a est fermé en 6, avec une petite boule de cire molle; l'autre bout est ouvert, ainsi que les extrémité^ des tubes e et d. On remplit presque à moitié le ballon B avec de l'acide sulfurique concentré. Il faut que les tubes s'adaptent si exactement dans les bouchons , et ceux-ci sur les ballons , qu'ils ne puissent laisser passer la moindre bulle de gaz. On introduit dans le ballon A la substance pesée et on le remplit d'eau au tiers environ de sa capacité. On adapte alors le bouchon qui porte les tubes et on pèse tout l'appareil. On aspire ensuite en d quelques bulles d'air, à l'aide d'un tube aspiratoire ( Voir à l'analyse organique ), ou d'un bouchon percé qu'on adapte sur le tube. Par là il se fait en A un léger vide que l'acide sulfurique de B va remplir en s'élcvant dans l'intérieur du tube c. Si la colonne d'acide sulfurique reste à la même hauteur pendant longtemps dans ce tube , on peut être assuré que l'appareil ferme hermétiquement. Alors on aspire en d davantage d'air, ce qui force l'acide sulfurique à passer jusque dans le ballon A, où il décompose le carbonate qui s'y trouve. L'acide carbonique qui se dégage sort en d après s'être complètement desséché , en passant au travers

de l'acide sulfurique qui se trouve dans le ballon B. Quand le dégagement de gaz s'arrête , on fait passer en A une nouvelle portion d'acide sulfurique , en aspirant en d une nouvelle portion de gaz ; puis on continue à opérer de cette manière jusqu'à ce que tout le carbonate soit décomposé. Dès qu'on a atteint ce point-là , on aspire assez fortement en d pour qu'il arrive en A une quantité suffisante d'acide sulfurique pour chauffer très-fortement le liquide qui s'y trouve ; puis, dès qu'il ne se dégage d'A, plus une seule bulle de gaz, on soulève un peu le petit bouchon de cire 6, et on aspire en d l'air atmosphérique jusqu'à ce que celui qui traverse l'appareil n'ait plus du tout le goût de l'acide carbonique. Quand l'appareil est froid , on le pèse de nouveau ; la perte qu'il a éprouvée est égale au poids de l'acide Carbonique contenu dans la substance. Les résultats sont fort exacts.

6 6. Quand les bases forment Fig. 37.

avec l'acide sulfurique des sels insolubles.

Dans ce cas, il n'est guère possible d'employer la méthode aa , parce que le sel insoluble qui se forme alors , et qui peut être, par exemple, du sulfate calcique, empêche une partie du carbonate d'être décompo- $'f sée. Il faut alors modifier l'appareil de la manière indiquée par la fig. 37.

Les changements à apporter n'ont trait qu'au seul tube a , qui doit porter une boule à son extrémité supérieure , et être effilé en pointe à son extrémité inférieure. Voici maintenant de quelle manière il faut opérer : En A , on met la substance pesée, avec de l'eau. On introduit dans la boule du tube a de l'acide nitrique étendu d'eau en quantité plus que suffisante pour décomposer tout le carbonate. Un petit morceau de cire molle 6 empêche l'acide de sortir par le bout effilé de ce tube. Il ne faut pas que la

pointe du tube a plonge sous l'eau du ballon À. On pèse l'appareil et fait alors descendre doucement le tube a au travers du bouchon jusqu'à ce que sa pointe soit près de toucher au fond du ballon À. On soulève légèrement le tampon de cire pour foire arriver sur le carbonate un peu d'acide; puis on rebouche, et ainsi de suite , jusqu'à ce que tout le sel soit décomposé. On chauffe le ballon  en le plongeant dans de l'eau chaude , pour en dégager Pacide carbonique ppuis, enlevant le tampon 6, qu'on remet pour faire la pesée, on fait traverser l'appareil par un courant d'air, jusqu'à ce que celui qui en sort n'ait plus la saveur de l'acide carbonique. Quand l'appareil est froid on le pèse pour savoir de combien son poidB initial a diminué.

On voit qu'il est bien fadle de modifier cet appareil, eh substituant , par exemple , au ballon B un tube plein de chlorure calcique , etc. , etc.

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