SIXIÈME GROUPE
Oxydes aurique, platinique, sianneux, stannique, antimonique,
acides arsenieux et arsénique*
I. Séparation des oxydes du sixième groupe d'avec ceux des quatre
premiers groupes.
a. Tous les oxydes du sixième groupe dfavec ceux des quatre premiers.
a. On fait passer dans la solution, du sulfide hydrique en excès, et on filtre pour recueillir les sulfures précipités qui correspondent aux oxydes du sixième groupe.
Il faut tenir compte ici des observations faites au § 426, a, a et y.
Il y a des métaux du sixième groupe , qui ne se précipitent que dans certaines conditions énumérées au quatrième chapitre. Nous nous contenterons d'observer ici , avec M. Wœhler, que l'acide arsénique ne peut pas être séparé d'avec l'oxyde zincique par le sulfide hydrique , même en présence d'un grand excès d'acide , et qu'il se précipite toujours plus ou moins de zinc uni au sulfide arsénique avec lequel il forme le composé ZnS.ÀsStf . Lors donc que ces deux composés se trouvent dans la même liqueur, il faut d'abord la chauffer avec de l'acide sulfureux pour faire passer l'acide arsénique à l'état d'acide arsenieux. Ce n'est qu'alors qu'on peut traiter la solution par le sulfide hydrique.
p. Il est quelquefois plus commode de séparer les métaux du
§128.] CflàP. Y. SÉPARATION DES CORPS, 32£
sixième groupe d'avec ceux des troisième et quatrième groupes, en se fondant sur la propriété, qu'ont les sulfures des premiers, de se dissoudre dans les sulfures alcalins, qui ne dissolvent pas plus les hydrates chromique, et aluminique, que les sulfures des métaux du quatrième groupe, On continue l'opération suivant le § 429 , a, /3. Cette méthode ne peut pas être employée quand le mélange contient du nickel.
b. Un des oxydes du sixième groupe d'avec tous ceux des quatre premiers groupes.
\ . Quand Yor se trouve uni, «, sous forme d'alliage avec les métaux du quatrième groupe, il est facile de l'en séparer en traitant cet alliage par l'acide nitrique , qui dissout tous ces métaux , sauf l'or. Dans le cas où, p , l'or est uni sous forme d'oxyde aux oxydes des métaux des quatre premiers groupes, il faut l'y doser, d'après le § 93 , à l'aide de l'acide oxalique, qui le sépare facilement, dans une solution acide, d'avec tous ces autres métaux. Il faut, dans ce cas-là, verser dans la liqueur une quantité de chloride hydrique suffisante pour tenir en dissolution , ou empêcher la formation de tous les oxalates métalliques qui pourraient se précipiter avec l'or métallique.
2. On peut séparer le platine d'avec tous les métaux des quatre premiers groupes dont les chlorures se dissolvent dans l'alcool, en les précipitant d'après le § 94 par le chlorure ammonique. Voy. aussi au § 429, 5, la séparation du platine d'avec les métaux du cinquième groupe.
3. Vétain et Y antimoine d'avec tous les métaux du quatrième groupe a , quand ils sont alliés à l'état métallique , en traitant ce mélange par l'acide nitrique, qui transforme l'étain et l'antimoine en oxydes insolubles, et qui dissout tous les autres métaux. Les résultats obtenus de cette manière ne sont pas tout à fait exacts , surtout quand le mélange contient de l'antimoine dont il reste toujours une certaine partie en dissolution.
p. D'avec les métaux dont les chlorures sont fixes, parce que le chlorure stannique et le chloride antimonique étant volatils, il
suffit de chauffer dans un courant de chlore le mélange des métaux en question pour que les deux premiers s'en séparent, tandis que les chlorures fixes des autres métaux restent dans le résidu. Voy. le § 427, 4 , y, pour la volatilisation du chlorure stannique et du chloride antimonique , ainsi que pour la manière de les recueillir dans du chloride hydrique étendu d'eau.
4. 11 existe certains cas où il est facile de séparer avec avantage Y arsenic, des oxydes du quatrième groupe, etc. , en appliquant à ce mélange le procédé du § 429, 7, a. Cette'méthode n'est pas applicable à l'analyse des combinaisons de l'alumine avec les acides arsenicaux.
Il est facile de séparer par l'acide sulfurique l'acide arsénique d'avec les oxydes bary tique , strontique et calcique. Pour séparer complètement les sulfates strontique et calcique, il faut ajouter de l'alcool à la liqueur. On fait bien de dissoudre dans le chloride hydrique le composé qu'on veut analyser avant d'y verser l'acide sulfurique. Dans le cas où le sel n'est pas soluble dans le chloride hydrique , il faut le réduire en poudre excessivement fine , le faire bouillir pendant quelque temps avec de l'acide sulfurique concentré, et continuer l'opération comme plus haut.
On peut doser l'acide arsénique, par perte, ou directement, en traitant la liqueur filtrée par le sulfide hydrique.
On peut décomposer directement l'arsénite barytique par l'acide sulfurique, mais non pas les arsénites strontique et calcique, qu'il faut auparavant transformer, en arséniates en les évaporant à sec à plusieurs reprises avec de l'acide nitrique et en calcinant doucement le résidu de l'évaporation.
II. Séparation des oxydes du sixième groupe d'avec ceux du cinquième
groupe.
a. Tous les oxydes du sixième groupe d'avec ceux du cinquième.
Ce procédé de séparation est basé sur la solubilité des sulfures
des métaux du sixième groupe dans les sulfures alcalins et sur l'insolubilité des sulfures du cinquième groupe dans ce réactif. En général on se sert du sulfhydrate ammonique pour effectuer cette dissolution. Quand le mélange contient du sulfure stanneux, il faut que le sulfhydrate ammonique contienne un excès de soufre formé par une décomposition partielle de ce sel, ou dû à une petite addition de fleurs de soufre. Quand le mélange contient du Cuivre, on substitue le sulfhydrate potassique au sulfhydrate ammonique, qui dissout un peu de sulfure cuivrique. On ne peut pas se servir du sulfure potassique quand il y a du mercure dans la solution , parce que ce composé dissout le sulfure mercurique.
Il y a deux procédés au moyen desquels on peut effectuer la séparation des métaux qui nous occupent. Nous les donnons tous les deux parce que , dans certains cas, il est plus commode d'employer l'un plutôt que l'autre.
«. On acidulé la dissolution, d'où on précipite par le su 1 fi de hydrique , les oxydes des deux groupes ; puis on traite les sulfures précipités, suivant la nature des métaux qui en font partie , par le sulfhydrate ammonique ou potassique , ou bien :
p. On neutralise la solution , suivant le cas auquel on a affaire, avec de l'ammoniaque ou de la potasse ; puis on y verse un excès de sulfhydrate ammonique ou potassique. Dans l'un et l'autre cas on ne doit filtrer qu'après une longue digestion préalable. Quand on a sous formé solide la substance à analyser il arrive souvent que ce qu'on a de mieux à faire , c'est de la fondre avec un excès de polysulfure potassique. En traitant par l'eau la masse fondue , tous les sulfures du sixième groupe se dissolvent , tandis que ceux du cinquième groupe restent insolubles.
Gomme M. Brunner a prouvé qu'à l'aide de cette méthode on ne peut pas séparer complètement le cuivre de l'arsenic, il fout traiter ces deux métaux d'après le § 129 , 6 , 7, a.
b. Un oxyde du sixième groupe , d'avec ceux du cinquième.