‹ Précis d'analyse chimique quantitativeChapitre 219 sur 349 · Le fluor d'avec l'acide silicique et les silicates · texte numérisé non relu

Le fluor d'avec l'acide silicique et les silicates

a. Méthode de M. Wœhler.

On réduit en poudre excessivement fine la combinaison , qu'on introduit, après l'avoir pesée, dans un petit ballon, où on verse sur elle de l'acide sulfurique pur et concentré. On ferme aussitôt le ballon avec un bouchon qui porte un tube plein de chlorure calcique, et on pèse le tout aussi rapidement que possible. On chauffe le ballon jusqu'à ce qu'il ne s'en dégage plus de vapeurs de fluoride silicique , dont on retire avec une petite pompe à air les dernières traces, du ballon. On laisse refroidir et on repèse ; la différence correspond au poids du fluoride silicique qui s'est dégagé. Une fois qu'on connaît la valeur de cette perte , il est facile de calculer ce qu'elle contenait de fluor, ainsi que de silicium, après quoi on additionne la quantité trouvée de ce dernier, avec celle qui existe dans le résidu à l'état d'acide silicique.

Pour faire sortir tout le gaz de l'appareil il est facile de le modifier de manière à n'avoir pas besoin de la pompe à air dont il vient d'être question. Il suffit d'introduire dans le bouchon de l'appareil un second tube descendant presque jusqu'au fond du ballon et bouché avec un tampon de cire. C'est à travers ce tube qu'on aspire le fluoride silicique avec un tube garni de coton cardé , sec dans sa partie inférieure et humide au-dessus.

Quand la combinaison contient une très-grande quantité de fluor, et pas assez d'acide silicique pour se combiner avec lui , il faut mêler cette substance avec un poids donné d'acide silicique pur, dont on soustrait ensuite le poids de celui qu'on a trouvé par l'analyse.

]3. Méthode de M. Berzelius.

a a. On réduit la substance en poudre très-fine, qu'on soumet ensuite à la lévigation. On prend 4 partie de cette poudre , qu'on fond pendant assez longtemps, et à une chaleur très-forte , avec

i parties de carbonate sodique. On fait bouillir avec de l'eau la masse fondue; on sursature d'acide carbonique cette dissolution ; on filtre et on lave bien le précipité jusqu'à ce que l'eau qui s'en écoule ne présente plus de réaction alcaline. Toutes les fois que la substance contient beaucoup d'acide silicique , il vaut mieux l'analyser d'après b b.

Dans le cas qui nous occupe, et où il n'est question que des combinaisons qui ne renferment pas une quantité trop forte d'acide silicique , on trouve dans le précipité tout l'acide silicique , toute l'alumine , etc. , tandis qu'il ne se trouve en dissolution que

du fluorure et du carbonate sodique. On neutralise avec précaution , par du chloride hydrique , cette dissolution , qu'on abandonne au contact de l'air pendant vingt-quatre heures , dans une capsule, pour en dégager l'acide carbonique, qu'on lui enlève plus promptement en la plaçant sous une cloche au-dessus d'un vase plein de potasse caustique. C'est dans cette dissolution qu'on dose le fluoride hydrique , d'après le §404, avec une dissolution de chlorure calcique et de l'ammoniaque parfaitement exempte de carbonate ammonique.

6 b. Quand la substance est excessivement riche en acide silicique, tout cet acide ne se précipite pas, quand on l'analyse d'après a a. Dans ces cas-là, il faut, d'après M. Regnault, verser dans la liqueur filtrée et réunie aux eaux de lavage , une dissolution de carbonate zincique dans l'ammoniaque , puis évaporer le tout à sec. En traitant ce résidu par l'eau, on obtient une dissolution de fluorure sodique qui ne contient plus trace d'acide silicique, et qu'on traite d'après aa. On pèse la quantité d'acide silicique retenue parle carbonate zincique, et on l'ajoute à celle qu'on a dosée directement.

Tous les silicates fluorés qui contiennent beaucoup de chaux ne se laissent pas décomposer totalement par la fusion avec le carbonate sodique; ce dont il faut tenir compte, lorsqu'on les analyse.

Page 1