TROISIEME PARTIE
Dès qu'on connaît parfaitement bien l'analyse qualitative , on peut passera l'étude de l'analyse quantitative. Toutes les personnes qui ont appris l'analyse quantitative en suivant une marche logique et systématique r savent qu'il est impossible de remplir de cette manière tout son temps, parce que la marche de la plupart des analyses est entravée par des lavages et autres opérations fort longues qui obligent l'analyste à s'arrêter pendant un certain temps. Pour remplir ces moments de loisir, nous avons l'habitude de faire préparer aux élèves, sur une petite échelle, tous les réactifs dont ils ont besoin. Cette occupation a le grand avantage de remplir tout le temps de l'élève, et de lui apprendre à opérer avec soin et propreté.
Nous allons exposer plus loin cinquante exercices analytiques, dont quarante ont trait à la chimie inorganique et dix à la chimie organique. Nous avons eu sein de choisir pour ces exercices, et spécialement pour les premiers d'entre eux , des composés de telle nature qu'il fût très-facile de constater la rectitude des résultats de l'analyse ; ce qui était indispensable pour que l'élève pût acquérir une certaine confiance en lui ; confiance qu'on ne gagne que dans le cas où on peut s'assurer par soi-même que les résultats obtenus sont l'expression exacte de la vérité.
Pour contrôler une analyse, il faut recomposer la substance analysée à l'aide de ses éléments dosés, ou bien n'analyser que des matières très-pures, et dont la composition soit parfaitement bien connue. Dès qu'en opérant sur des substances de cette nature l'élève est devenu sûr de lui , il peut s'exercer en analysant
les premiers numéros qui sont les plus faciles, et passer ensuite aux suivants dont la difficulté va toujours croissant jusqu'au dernier.
Afin d'augmenter l'expérience de l'élève, nous avons choisi des expériences telles qu'elles l'obligeassent à mettre en pratique toutes les méthodes analytiques et à apprendre à connaître les composés les plus importants. Une fois parti de ce point de vue, on ne s'étonnera pas si nous n'avons pas toujours indiqué la manière la plus rapide d'effectuer l'analyse des corps en question.
Nous n'avons donné que peu d'exemples d'analyses de chimie organique, parce qu'elles se font presque toujours de même, en sorte que l'élève gagne davantage à analyser plusieurs fois la même substance jusqu'à ce qu'elle lui donne des résultats exacts, qu'à opérer sur plusieurs autres.
Observons enfin que nous ne pensons point qu'il soit indispensable à chaque élève de faire l'analyse de tous les numéros indiqués; car certains d'entre eux sont déjà analystes consommés avec fort peu de pratique, tandis que d'autres moins bien doués ne le deviennent qu'à force de persévérance et de travail.
Nous nous faisons un devoir de signaler aux élèves un danger qu'ils courent tous ; c'est l'envie de découvrir quelque chose de nouveau , avant que de connaître la chimie à fond. Des écarts de cette nature sont toujours très-fâcheux , parce qu'ils empêchent de continuer des études solides, et qu'ils exposent à tomber dans de graves erreurs.