‹ Précis d'analyse chimique quantitativeChapitre 10 sur 308 · DIVISION MÉCANIQUE DES CORPS. 5U · texte numérisé non relu

DIVISION MÉCANIQUE DES CORPS. 5U

broie. Les mortiers en verre et en porcelaine conviennent pour pulvériser des sels et des corps d'une dureté peu considérable. Mais la plupart des substances minérales nécessitent l'emploi des mortiers en agate ou en porphyre; ils doivent être parfaitement lisses et unis, sans cavités visibles ni gerçures dans lesquelles une portion de la poudre pourrait rester engagée. Il ne faut pas que le fond de ces mortiers soit un segment de sphère parfaite, car la masse s'accumulerait dans la partie la plus profonde et il serait difficile de la broyer uniformément. Il vaut mieux que l'excavation soit peu concave et que les côtés s'élèvent verticalement sous un angle arrondi. Les mortiers métalliques peuvent servir pour des pulvérisations grossières, mais on en fait rarement usage dans un laboratoire d'analyse. Quand on a affaire à une substance assez dure pour courir le risque, en la brisant, d'endommager le mortier, il vaut mieux la concasser sur une enclume après l'avoir enveloppée avec du papier. Si la matière est précieuse, on emploie avec avantage le mortier d'Aleich, dont la description se trouve dans le premier volume de cet ouvrage (Anal, qtiol.y 47, p. 53).

La meilleure manière de nettoyer les mortiers consiste à les frotter avec de la pierre ponce et de l'eau. Berzelius recommande d'avoir en réserve un morceau de pierre ponce qui ne serve qu'à cet usage ; il prend peu à peu la forme de la concavité du mortier, ce qui facilite beaucoup le nettoyage.

Pour pulvériser un corps, il faut toujours commencer par le concasser plus ou moins grossièrement; dans ce but, on frappe sur les fragments perpendiculairement et avec une certaine légèreté. On obtient ensuite une poudre très-fine

en dirigeant le pilon un peu obliquement et triturant la matière de façon à ne pas frapper au centre, mais sur les côtés du mortier. Lorqu'on veut avoir une poudre très-fine, il faut n'opérer que sur de petites quantités à la fois, dé manière à n'avoir, au fond du mortier, qu'une couche mince et uniforme dont tous les grains grossiers puissent facilement être écrasés par le pilon. Il est quelquefois avantageux de chauffer au rouge la substance à pulvériser, et de la plonger alors dans Teau froide; plusieurs silicates, le quartz, etc., acquièrent par là une très-grande fragilité et la faculté de se diviser facilement.

On juge de la ténuité d'une poudre par sa couleur, qui est d'autant plus affaiblie que la poussière est plus fine, par la lenteur avec laquelle elle gagne le fond du mortier, enfin, par la propriété de s'agglomérer, comme le ferait une poudre légèrement humectée, et de conserver facilement la forme qu'on lui donne en la remuant avec une spatule. Ce soni autant d'indices d'une grande division.

Les alliages qui sont trop malléables pour être pulvérisés sont divisés à l'aide de la lime. Lorsque ce moyen ne peut être employé, il faut les laminer, ou les étirer à la filière ; par là, on favorise l'action chimique, à cause de l'extension que l'on parvient à donner à leur surface.

33. TamiMise. — Les particules d'un corps réduit en poudre, même très-fine, sont loin d'avoir une grosseur égale, et la différence qui existe entre elles est souvent évidente. L'opération ordinaire du tamisage est très-commode pour assortir les particules suivant leur grosseur, et séparer les parties grossières que l'on pulvérise de nouveau. Il est utile d'avoir deux ou trois petits tamis de soie destinés à cet usage.

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