Chrome et terres alcallnee
Par l'acide sulfurique on sépare facilement la baryte et la strontiane d'avec le chrome. Quand ce métal se trouve en présence de la chaux et de la magnésie, ou de toutes les terres alcalines à la fois, il convient de le transformer en chromate alcalin. A cet effet, on fait fondre dans un creuset de porcelaine, 1 partie de la substance à analyser réduite en poudre, avec 2 ou 3 parties de nitrate de potasse et 2 par-
lies de carbonate de soude. Après le refroidissement, on traite la masse fondue par Teau bouillante. Le chromate alcalin se dissout, on filtre pour séparer le résidu insoluble des carbonates alcalino-terreux, et on dose le chrome dans la liqueur filtrée. (Yoy. 276, le dosage de l'acide chromique.)
MÉTAUX DU CINQUIÈME GROUPE (Métaux alcalins.)
C«*s métaux ne sont précipités par aucun des réactifs généraux : hydrogène sulfuré, sulfhydratc d'ammoniaque, carbonates alcalins.
Potassium, 5odmm, Ammonium,
H5. Les sels de potasse sont, en général, fort solubles dans Teau. Le sulfate neutre, le nitrate et le chlorure sont anhydres. Toutes les combinaisons de la potasse avec les acides organiques sont transformées en carbonate de po* lasse par la calcination.
DOSAGE
246* La potasse ne peut être précipitée que sous ka forme de chloroplatinate. Ce sel est très-peu soluble dans Teau et insoluble dans Talcool. Le procédé de dosage fondé sur cette précipitation est très-précieux pour séparer directement la potasse d'avec la soude. En général, pour doser la potasse, on commence par éliminer toutes les substances fixes avec lesquelles elle est mélangée ou
combinée; on transforme ensuite l'alcali en un sel stable et bien défini, tel que le sulfate, le nitrate ou le chlorure, dont on détermine le poids après évaporation et calcination. Le dosage sous forme de sulfate doit en général être préféré aux autres.
i"" Dosa«e h l'état de •nifaie. — Lorsqu'une Solution ne contient, comme substance fixe, que du sulfalc de potasse, il suffit de l'évaporer à sec et de calciner le résidu. Si la potasse est unie à un acide volatile quelconque (acide nitrique, chlorhydrique, etc.), on commence par déplacer celui-ci par l'addition d'une quantité suffisante d'acide sulfurique. L'évaporation doit être faite dans une capsule de porcelaine, ou mieux de platine, si le liquide ne contient pas à la fois de l'acide chlorhydrique et de l'acide nitrique; il. est nécessaire qu'elle jsoit assez grande quand il y a beaucoup d'acide sulfurique libre. Un trop grand excès de cet acide est d'ailleurs toujours à éviter, car l'élimination en est difficile et peut occasionner des pertes. Quand tout le liquide est évaporé, on détache la masse saline avec une spatule, et on la met dans un creuset de platine. On lave la capsule à plusieurs reprises avec un peu d'eau, de manière à enlever les dernières traces du résidu, on verse le liquide dans le creuset, et on évapore de nouveau à siccité. Le résidu doit être desséché très-complètement à une température peu élevée; sans cela il décrépiterait pendant la calcination. On couvre alors le creuset, et on le porte graduellement au rouge blanc.
Comme le résidu provient ordinairement d'une solution qui contenait un excès d'acide sulfurique, la potasse peut s'y trouver partiellement ou en totalité à l'état de
bisulfate (KO,SO ^ + HO,SO '), et il est alorà indispensable de convertir ce sel en sulfate neutre. Le bisulfate de potasse fond aisément quand on le chauffe (à 497 degrés centigrades); sous l'influence d'une chaleur croissante, il perd peu à peu la moitié de son acide, et se transforme en sulfate neutre qui est beaucoup moins fusible (i). Cette transformation est lente et exige une température trèsélevée, elle s'effectue facilement dans le moufle d'un fourneau de coupellation. On peut aussi, et c'est le procédé généralement suivi, chauffer le creuset après avoir placé sur le résidu salin un fragment de carbonate d'ammoniaque pur; l'acide sulfurique du bisulfate se convertit en sulfate d'ammoniaque qui se volatilise. Quand on juge que le résidu ne contient plus que du sulfate neutre de potasse, on laisse refroidir et on pèse. Il est nécessaire de recommencer plusieurs fois ce traitement, jusqu'à ce que le poids du creuset ne varie plus.
Le résidu doit entièrement se dissoudre dans l'eau et fournir une solution limpide tout à fait neutre aux papiers nactifs. S'il contenait un peu de platine, il faudrait recueillir ce métal et en défalquer le poids de celui du sulfate de potasse.
Pour l'analyse des substances solides, on peut, dans quelques cas, mettre le sel dans un creuset de platine et l'arroser directement avec de l'acide sulfurique étendu. II faut ensuite évaporçr à sec et traiter le résidu comme précédemment*
t) Lorsque le résidu salin n'émet pas de vapeurs acides, c'est en gi'-néral un indice que Facide sulfurique n'est pas en quantité suffisante pour former du sulfate neutre de potasse. l\ faut, dans ce cas, humecter la matière avec de l'acide sulfurique étendu, évaporer et
'-ilcinpr.
%"" DoMffe * l'état de nitrate. — Ce mode de dosagc peut être employé quand il n'y a en présence de la potasse que des acides volatils faibles, susceptibles d'être éliminés, mais non décomposés, par l'acide nitrique. Oa évapore à sec la solution contenant le nilrate de potasse, et on recueille le sel dans un creuset de platine. On opère comme pour le dosage du sulfate de potasse. Le résidu de nitrate de potasse doit être chauffé au bain de sable ou à l'étuve, jusqu'à ce que son poids ne diminue plus. De cette manière on l'obtient facilement anhydre; si on le chauffait au-dessus de son poids de fusion, il perdrait de l'oxygène.
S"* Do«afl;e * Tétat de chlorare. — On opère COmmC
avec les solutions de sulfate ou de nitrate de potasse.
Le résidu de chlorure de potassium, préalablement bien desséché, doit être calciné modérément dans un creuset de platine taré. Si la dessiccation n'était pas trèscomplète, le sel décrépiterait par la calcination. Comme le chlorure de potassium est sensiblement volatil, il f^u^ couvrir le creuset et éviter une chaleur intense trop prolongée.
Ce procédé de dosage s'applique à l'analyse de beaucoup de sels de potasse. Quand il s'agit des combinaisons de cette base avec les acides organiques, il faut les calciner, incinérer le charbon, puis transformer en chlorure le carbonate de potasse produit.
Observations, — Les solutions que l'on évapore pour doser la potasse par les méthodes décrites ci-dessus, contiennent très-souvent des sels ammoniacaux qu'il faut chasser par la chaleur. Cette élimination présente des difficultés et demande à élre faite avec soin, surtout
quand il s^agit du dosage du sulfate de potasse. Dans ce cas, il convient d'évaporer le liquide dans une capsule de platine suflisamment grande, - de soumettre le résidu à une forte chaleur et de ne l'introduire dans le creuset de platine, pour le transformer en sulfate neutre, que lorsqu'il est entièrement débarrassé des sels ammoniacaux. — S'agit-il du dosage du chlorure de potassium, on introduit le mélange salin dans un creuset de platine et on élimine les sels ammoniacaux par la chaleur avant d'ajouter le liquide qui a servi à laver la capsule. Sans cette précaution, il se produit pendant Févaporation une efflorescence qui peut occasionner des pertes sensibles. Quand le résidu est considérable, il faut fractionner l'opération de manière que le creuset ne soit rempli qu'aux deux tiers de sa capacité. La volatilisation du chlorure de potassium n'est pas à craindre tant qu'il se dégage du chlorhydrate d'ammoniaque. Si le chlorure de potassium est mélangé avec de l'acide oxalique ou de l'oxalate d'ammoniaque, le résidu de la calcination contient un peu de carbonate de potasse; il faut alors le traiter par un léger excès d'acide chlorhydrique. Toutefois, cette transformation en carbonate de potasse n'a pas lieu en présence du chlorhydrate d'ammoniaque.
Lorsque le résidu provenant de l'évaporation d'une solution contient à la fois du nitrate et du chlorhydrate d'ammoniaque, ces deux sels ne peuvent pas être chassés par la chaleur, car ils donneraient lieu à une déflagration. Dans ce cas, il est nécessaire de traiter ce mélange par un excès d'acide sulfurique et d'évaporer à sec dans une capsule de porcelaine.
Le nitrate dépotasse est très-difficile à doser en présence
du nitrate d'ammoniaque^ il vaut mieux le transformer en sulfate.
4® BoiÊm^e * l'état de ebloroplatlnate. — Ce mode de
dosage s'applique à l'analyse de tout sel de potasse dont l'acide est soluble dans l'alcool. La solution doit être entièrement exempte de sels ammoniacaux, il faut même se tenir en garde contre l'influence des vapeurs ammoniacales qui existent fréquemment dans l'atmosphère d'un laboratoire.
Pour précipiter la potasse à l'état de chloroplatinate, on mélange la solution avec de l'acide chlorhydrique et on ajoute du bichlorure de platine en excès. Dans les liqueurs concentrées, la majeure portion du chloroplatinate se sépare sous la forme d'une poudre jaune-serin, mais comme cette combinaison est sensiblement soluble dans l'eau, il est toujours nécessaire d'évaporer lentement le mélange presque à sec, et de verser de l'alcool sur le résidu. On laisse déposer; quand le précipité s'est bien rassemblé, on le recueille sur un filtre taré, on le lave avec de l'alcool (à 0,80) jusqu'à ce que ce liquide cesse de se colorer, et on le pèse après dessiccation complète à 110 degrés. Si l'on évapore à siccité au bain-marie le liquide filtré, et que l'on reprenne le résidu par l'alcool, on obtient .encore un peu de chloroplatinate dont il faut tenir compte dans les analyses précises ; on les recueille à part sur un petit filtre.
Au lieu d'alcool, on peut se servir avec avantage d'une solution aqueuse de chloroplatinate de potasse pour traiter le précipité. Après l'addition du chlorure de platine etl'évaporation à sec au bain-marie, on reprend le résidu, après qu'on l'a laissé refroidir, par une solution de chloroplatinate de potasse saturée à la température ambiante. On reçoit le
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précipité sur un double filtre, dont l'un sert de tare à l'autre (65), et on le lave d'abord avec la solution saturée du sel double, puis finalement avec de l'alcool. (M. Péligot.)
Toutes les fois que le précipité est assez abondant (1 décigr. ou plus), il doit être recueilli et pesé sur un filtre taré, mais quand son poids ne s'élève qu'à quelques centigrammes, il est plus commode et plus exact de calciner le chloroplatinate et de déterminer le platine qui provient de sa décom* position. Dans ce but, on enveloppe le précipité dans le filtre, qui doit être très-petit, et on chauffe le tout dans un creuset de porcelaine couvert. La chaleur doit être trèsmodérée aussi longtemps qu'il se dégage des produits volatils; on enlève ensuite le couvercle et on incinère complète^ ment le charbon. Après le refroidissement on met dans le creuset une très-petite quantité d'acide oxalique, on le couvre, puis on le chauffe graduellement au rouge; Taddition d'acide oxalique facilite la décomposition des dernières traces de chloroplatinate.
Le résidu de la calcination est un mélange de platine métallique et de chlorure de potassium. On le traite par l'eau à plusieurs reprises jusqu'à ce que le liquide décanté ne soit plus troublé par le nitrate d'arçent; la grande densité du platine rend ce lavage par décantation très-facile. On dessèche alors le platine et on le pèse après une nouvelle calcination.