Dosage de liode libre
Le dosage de l'iode libre a une grande importance, car il se rattache à une méthode générale jour la détermination de beaucoup de substances (chlore, brome, hypochlorites, chlorates, chromâtes, hydrogène sulfuré, acide sulfureux, etc.). On Tefifectue avec exactitude et rapidité au moyen des liqueurs titrées.
1° Méthode de M. Bunsen. — Cette méthode ingénieuse est fondée sur l'action mutuelle de l'acide sulfureux et de l'iode libre en présence de l'eau. Au sein de liqueurs trèsétendues, l'iode est par là transformé en acide îodhydrique, et l'acide sulfureux en acide sulfurique. Si le liquide ne contient pas plus de 4 à 5 centièmes d'acide sulfureux, la réaction précédente est complète et peut rigoureusemenl être exprimée par l'équation :
I + S0« + HO = IH -h SOI.
Il n'en serait pas de même avec des liqueurs plus coucentrées, car alors les acides sulfurique et iodhydrique qui ont pris naissance, donnent lieu à la réaction inverse, c'està-dire qu'ils régénèrent de l'iode, de l'acide sulfurique et de l'eau.
Quand on verse avec précaution une solution d'iode dans un liquide contenant de l'acide sulfureux, et que l'on a préalablement additionné d'un peu d'empois d'amidon, la liqueur restera parfaitement incolore tant qu'il existe de l'acide sulfureux; mais aussitôt que sa transformation en acide sulfurique est complète, la plus petite quantité d'iode ajoutée en excès détermine une belle coloration bleue qui permet de saisir avec netteté la fin de l'opération. Ce mode
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de dosage exige deux liqueurs titrées : Tune d'iode, Vautre d'acide sulfureux.
Solution normale (Tiode* — Ou dissout 5 grammes d'iode chimiquement pur dans une solution concentrée d'iodure de potassium, et l'on ajoute ensuite la quantité d'eau nécessaire pour que la liqueur occupe exactement le volume d'un litre. On a ainsi une solution contenant 5 décigrammes d'iode par centimètre cube, qui n'éprouve pas d'altération quand elle est conservée dans des flacons bien bouchés.
On trouve, dans le commerce, de Fiode pur enlièremen exempt de chlore ; avant de l'employer, il faut avoir soin ' de le dessécher en l'abandonnant pendant longtemps sous une cloche en présence d'acide sulfurique concentré. Quant à l'iodure de potassium, on doit s'assurer que sa solution aqueuse est incolore et ne brunit pas par une addition d'acide chlorhydrique.
Solution d'acide sulfureux. — On prépare une solution d'acide sulfureux, saturée à la température ordinaire, et on la conserve dans des fioles bouchées dont le goulot plonge dans l'eau. Pour l'usage, on mélange 30 à 40 centimètres cubes de cette solution concentrée avec 5 litres d'eau.
Le titre de cette solution étendue s'établit comme il suit : à l'aide d'une pipette jaugée (15), on en mesure exactement iOO centimètres cubes, on les laisse écouler dans un ballon, on ajoute quelques centimètres cubes d'empois d'amidon récemment préparé, puis, au moyen de la burette de Gay-Lussac, on y verse peu à peu la solution normale d'iode, jusqu'à ce que le liquide prenne une coloration bleue qui persiste par l'agitation.
Le volume consommé de la solution d'iode fait connaître
la quantité d'iode à laquelle correspond un volume de JOO centimètres cubes d'acide sulfureux. Gomme cet acide est très-altérable, il est nécessaire d'en déterminer le titre avant chaque série d'expériences.
Pratique de Vopéraiion, — Pour doser l'iode libre en dissolution, on y ajoute la solution d'acide sulfureux, successivement par volumes de 100 centimètres cubes à la fois, jusqu'à ce que le liquide soit tout à fait décoloré. Il contient alors un excès d'acide sulfureux qu'on détermine, après addition d'amidon, au moyen de la solution normale d'iode. Si l'on retranche cet excès de la quantité totale d'acide sulfureux ajouté, on connaîtra la portion utilisée, et par suite la quantité d'iode. Quand Tiode est à l'état solide, on le pèse, on le dissout au moyen de l'iodure de potassium (1 partie d'iodure et 10 d'eau), et l'on traite la solution comme il vient d'être dit.
2° Méthode de M. Mohr. — Cette méthode ne diffère de la précédente que par la substitution d'une solution titrée d'arsénite de soude, qui peut se conserver indéfiniment, à la solution d'acide sulfureux, qui est très-altérable. En présence de l'iode, l'arsénite de soude se transforme complètement en arséniate ; cette réaction a déjà été utilisée pour le dosage de l'acide arsénieux (95, 6", page 1G4).
Pour préparer la solution normale d'arsénite de soude, on pèse 1*',949 d'acide arsénieux pur et en poudre, on l'introduit dans un petit ballon, on ajoute 4 à 5 grammes de bicarbonate de soude pur et une suffisante quantité d'eau, puis on chauffe le tout jusqu'à ce que, l'effervescence achevée, le liquide soit parfaitement limpide. Cette solution doit être étendue d'une quantité d'eau suffisante pour qu'elle occupe exactement le volume d'un litre ; elle con-
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lient alors, par centimètre cube, la quantité d'acide arsénieox susceptible d*être transformée en acide arsénique par 0«*,005 d'iode, et correspond par conséquent à la solution normale d'iode dont il a été question dans la méthode précédente.
3** Quand un liquide contient à la fois de l'iode libre et de l'iode combiné, on le divise en deux parties : dans l'une on dose l'iode libre par les liqueurs titrées, à l'autre on ajoute un excès d'acide sulfureux et on précipite l'iode par le nitrate d'argent; la différence fait connaître la quantité d'iode combiné. Avant de recueillir le précipité d'iodure d'argent, il faut le faire digérer avec de l'acide nitrique pour détruire le sulfate d'argent qui a pu être entraîné.
SÉPARATION
a. Séparation d'avec les métaux.