CHANGEMEKS DE CONSISTANCE D"E LA BATE
Ils sont dus de la manière la plus évidente au cbanwement de consistance du sang qui remplit les cellules spléniques. Cette assertion va trouver sa preuve dans ce que nous allons dire.
d'a>aTO>IIE PATlIOLlGî.^iTE. .'( 3 i
On a décrit sous le nom de ramoliissement de la Tate, un état dans lequel le sang que contiennent ses cellules a si bien perdu sa consistance accoutumée, qu'en soumettant la rate . préliminairement incisée , à un filet d'eau, on entraine tout ce sang, et que la rate se trouve alors réduite à son parenchyme cellulo- ■fibreux, resté intact. Dans quelques cas. on trouve ce sang véritablement revenu à l'étal liquide , et extérieurement la rate présente ane sorte de fluctualioa obscure.
Le ramollissement de la rate peut coïncider, i". avec ^n volume ordinaire de cet organe; 2*. avec une diminution de ce volume ; 5°. avec une augmentation de ee même volume. Ce 4:roisième cas est loin d'être rare, et il est snême un des caractères auatomiques les plus conslans de certaines maladies. (Fièvres continues avec symptômes advnamiques.)
L'endurcissement de la rate, tel qu'on l'observe communément, est encore le résultat d'une modification dans les qualités du sang que contiennent ses cellules. Ce sang est alors d'une densité remarquable, et à la coupe on le prendrais tantôt pour un morceau de foie, tantôt pour un muscle qui a subi un certaia degré de ccrngélation ; tous les anatomistes sentiront l'exactitude de cette comparaison.
Lorsque la raie est ainsi indurée, il ne s'en écoule plus de sang ni à la pression ni à l'incision : son tissH est sec , et il donne souvent au doigt qui le toucbe une sensation de poisseux.
La rate peut être ramollie ou indurée , soit dans toute son étendue , soit d'une manière partielle, ♦^lasd ce second cas a lieu . ou trouve dissvtuiués
4^2 l'REClS
dans Tintérieur du parenchyme splénique un ccri;iin nombre de points dont la consistance diffère de celle dos points environnans.
AraiCLE n.
CHAWCEMl-WS DE VOLrME.
Le changement de volume de la raie dépend de la même cause que son changement de consistance. Ici encore , le rôle principal est joué par la matière épanchée, soit que, sans cesse déposée dans les cellules par les extrémités artérielles, elle ne soit plus reprise par les veines en quantité suffisante , soit qu'une iois déposée et devenue partie vivante, elle ait ea elle-même la faculté de se nourrir par intus-susception , et que sa nutrition trop active en produise l'h}perlrophie.
Augmentée de volume, et étant eu même-temps d'ailleurs ou d'une consistance moyenne, ou ramollie, ou indurée, la raie va occuper d'autres points que ceux où on la trouve ordinairement. D'abord elle peut s'élever vers le haut de l'hypochondre gauche , refouler le diaphragme, s'appliquer exactement sur les côtes, et, éloignant de celles-ci le grand cul-desac de l'estomac, donner à la partie latérale inférieure iiauche du thorax un son aussi mat à la percussion que le son produit à droite par la présence du foie. Il peut arriver qu'en pareil cas la rate ne fasse aucune saillie au-dessous du bord cartilagineux des côtes, de
d'anatomik pathologique. 4^5
telle sorte que , snns le secours de la percussion, son anginentatiou de volume resterait ignorée pendant la vie. Chez d'autres malades, la rate fait au-dessus des côtes une saillie plus ou moins considérable , et alors elle donne lieu à une tumeur, de forme, de dimension et de situation variables. Cette tumeur peut occuper, î". lesimple hypochondre gauche ; 2°. le liane dececôlé; 5°. l'épigastre; 4". IWibilic; 5°. elle peut dépasser ce point, s'avancer sur le flanc droit, occuper les fosses iliaques ou l'iiypogastre.
La rate forme quelquefois tumeur , sans (^tre augmentée de volume, parce qu'un épanchement pîeuï'élique, en Fefoulant le diaphragme vers l'iiypochondre, a chassé la rate de sa place accoutumée.
Le développement insolite et isolé du lobe gatiche du foie , une augmentation de volume du rein gauche , telle , que son extréwiité supérieure va se cacher et seperdre derrière les côles , certaines tumeurs formées aux dépens du péritoine lui-môme (1) , en ont plus d'une fois imposé pour une tumeur de la rate.
Le volume de la rate peut aussi bien diminuer qu'augmenter; cet organe est parfois réduit à n'avoir tout au plus que la grosseur d'une noix ordinaire. Dans ce cas encore, la consistance de la matière épanchée ou reste la même, ou augmente, ou diminue. Nous sommes dans une ignorance absolue sur les circonstances qui tendent à produire celte atrophie de la rate.
(1) f.'liniijue Médiailo.
/l2.\ PJIÉCIS