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(CoDSccuîives
Les lésions de circulation capillaire, de nulrilion et de sécrétion, doivent être divisées en deux groupes, suivant qu'elles reconnaissent pour cause une modification toute locale de la partie qui en çst le siège (érysipèle par insolation , suppuration autour d'un corps étranger ) , ou suivant qu'eiios sont liées à une modification , soit du sang , soit de l'innervation (pétéchios des scorbutiques , abcès des scrofuleux). Le trouble que subit alors un organe dans son mode normal de circulation , de nutrition et de sécrétion , n'est plus que la traduction , la manifestation extérieure d'un trouble plus général, qui produit une série d'affections locales. Ainsi , par exemple , les lésions de nutrition si multipliées que présentent les individus scrofuleux , ne sont certainement pas indépendantes les unes des autres ; toutes se rattachent à une cause qui se manifeste à nous par l'existence de cette série de modifications de nutrition et de sécrétion dont l'ensemble fonde une manière d'être qu'on est convenu d'appeler constitution scrofuleuse.
Après avoir étudié d'une manière toute expérimentale ces lésions diverses , on peut essayer de remonter ù leur cause. Sont-elles toutes le produit d'une simple modification de l'excitabilité normale , qui, pour leur donner naissance, diminue quelquefois, et le plus souvent augmcnic? Comme, dans la plupart dos ma-
ludics il y a presque toujours une époque où se montrent des phénomènes qui paraissent annoncer un accroissement local ou général de l'excitabililé physiologique, on a été assez naturellement porté à considérer celte augmentation d'excitabilité, qu'on a appelée irritation j, comme la cause de la plus grande partie des lésions d'organisation ou de ionctions ; mais l'extrême fréquence d'un phénomène n'entraîne pas l'idée de sa nécessité ; la coïncidence de deux faits ne prouve pas que l'un soit la cause de l'autre. D'un autre côté , ceux qui ont nié que l'irritation piit être le point de départ de toutes les lésions de nutrition ou de sécrétion , eussent été, ce me semble, plus près de la vérité, s'ils eussent dit que seule elle était insuffisante pour leur donner naissance ; car il me paraît indubitable qu'il n'est aucune de ces lésions à la production de laquelle l'irritation ne puisse concourir. Une fois qu'un tissu est devenu le siège d'une stimulation passagère ou durable , légère ou intense ; une fois que plus de sang a commencé à y affluer , toutes les altérations possibles de nutrition ou de sécrétion peuvent s'y développer , l'hypertrophie comme l'atrophie , l'induration comme le ramollissement , le cancer ou le tubercule , comme le cartilage ou l'hydatide , etc. Mais, en pareil cas, l'irritalion ne saurait ôlra considérée que comme un élément du phénomène; elle concourt à sa production ; mais setde elle ne saurait le produire ; quels que soient ses degrés d'intensité et de durée , seule elle ne saurait rendre compte de la spécialité de chaque production morbide. Ainsi l'irritation ne peut ^Ire considérée que comme préparant la formation
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des diverses lésions organiques ; elle n'en détermine ni la nature, ni même l'existence. Dans un certain nombre de cas où cette irritation n'est plus démontrée par aucune preuve directe , une légitime induction peut encore nous porter à l'admettre ; mais , d'autres fois, cela n'est môme plus possible; dans ce dernier cas , d'ailleurs , l'atonie n'est pas plus prouvée que l'irritation : tout ce qu'on voit , c'est une modification , une perversion de l'acte nutritif ou sécréloire ; aller au-delà , c'est conjecturer. Le rôle de l'irritation me paraît se borner à apporter un dcrangcment dans les phénomènes de nutrition et de sécrétion. Mais en théorie, nous pouvons concevoir qu'un pareil dérangement ait lieu sans préexistence nécessaire d'un accroissement d'excitabilité ; qu'y a-t-il de commun entre une augmentation d'excitation et le dépôt, dans le tissu cellulaire , de tubercule ou de cartilage , à la place de la vapeur séreuse qui remplit ordinairement ses aréoles? En théorie , l'irritation ne doit être considérée que comme préexistant fréquemment, mais jamais nécessairement, aux diverses lésions organiques; en fait, voilà aussi ce qu'une observation impartiale nous conduit à admettre. Lorsqu'on a rapporté au phénomène de l'irritation toutes les lésions dites organiques , lorsqu'on les a regardées comme Virritation transformée , n'a-t-on pas procédé comme les métaphysiciens qui ont regardé la sensation comme le point de départ de tous les phénomènes intellectuels et moraux , et qui les ont aussi appelés la sensation transformée? Il ne serait pas difficile de prouver que les idées de l'école de la sensation ont guidé à leur insu les fondateurs ou les élèves
'■^^ rr.Écis
de l'école de l'imlalion, comme l'onloloj!;ie de Scolt a inspiré les théories souvent sublimes de Van Helmont , comme le spiritualisme des écoles philosophiques du dix-septième siècle a produit l'animisme de Stalh , et n'a pas été étranger à la doctrine du vitalisme de Barthez.
On a comparé le rôle joué par l'irritation dans l'état de maladie à celui que remplit l'excitation dans l'état de santé. Essayons donc de déterminer la nature et les limites de l'influence exercée par cette excitation sur les phénomènes physiologiques. On a admis avec raison que l'air est un excitant de la membrane muqueuse des voies aériennes ; mais là ne se borne pas l'influence de l'air : l'air agit sur le sang ; il le modifie d'une manière chimique et vitale tout-àla-fois ; plusieurs de ses principes sont directement absorbés et remplacés par d'autres ; dans cette série de phénomènes, quel rôle joue l'excitation? un rôle bien secondaire ; nous explique-t-elle ces phénomènes? nullement. L'aliment détermine par sa présence dans le tube digestif une augmentation de vitalité , il y produit un appel de fluides ; il Vexcite. Mais est-ce là tout? ici encore, comme pour le phénomène de l'hématose pulmonaire , cette excitation n'est qu'un des élémens du phénomène ; elle n'est pas l'unique condition de son accomplissement. 11 en est de même pour les diverses sécrétions : lorsqu'on admet qu'fxcitée par le sang , la glande produit un liquide , comme le muscle excité par un instrument piquant produit un mouvement, on n'émet qu'une hypothèse; et en accordant même que dans ce travail de sécrétion il y ait de l'excitation produite , ce qui n'est pas prouvé ,
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dans celle excitalion ne consisle certainemeiil pas le phénomène tout entier. Que sait-on de plus , el en quoi a-t-on avancé la question, lorsqu'on a dit que la conception est le résultat de l'excitation de l'ovule par le sperme ? Ainsi , dans l'étal physiologique , l'hypothèse de l'excitation n'explique véritablement aucun phénomène ; elle ne saurait rendre compte de l'accomplissementdu moindre acte vital; souvent, enfin, on la suppose. Elle n'explique pas plus l'état sain que son excès ou son défaut n'expliquent l'état morbide.
Lorsque l'augmentation de l'excitabilité normale , ou V irritation, est accompagnée de rougeur, de tumeur, de douleur, on l'a appelée inflammation. Créée dans l'enfance de la science , cette expression toute métaphorique était destinée à représenter un état morbide dans lequel les parties semblent brûler , s'enflammer , comme si elles avaient été soumises à l'action du feu. Reçu dans le langage , sans qu'aucune idée précise lui ait jamais été attachée sous le triple rapport des symptômes qui l'annoncent , des lésions qui la caractérisent , et de sa nature intime , l'expression à' inflammation est devenue une expression tellement vague, son interprétation est tellement arbitraire , qu'elle a réellement perdu toute valeur; elle est comme une vieille monnaie sans empreinte , qui doit être mise hors de cours , car elle ne causerait qu'erreur et confusion. Uinjlammalion ne peut plus être- considérée que cçmme l'expression d'un phénomène complexe qui comprend plusieurs autres phénomènes, dont la dépendance n'est ni nécessaire, ni constante.
Dans ce qui va suivre , je ne décrirai donc pas
l'inflammation; car ce mot, à force de tout embrasser, finit par ne plus rien représenter. Il n'importe pas de déterminer si tel ou tel groupe de lésions doit être ou non rapporté à ce qu'on appelle une inflammation ; ce qu'il importe , c'est de bien étudier chacune de ces lésions, c'est d'essayer de remonter à leur cause et de pénétrer leur nature.
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