DE LA TRANSFORMATION MUQUEUSE
En décrivant un trajet fistuleux qui établissait une communication entre un épanchement pleurétique et l'intérieur des voies aériennes, Bayle avait reconnu qu'une membrane muqueuse accidentelle tapissait les parois de ce trajet; avant lui, Jean Hunter dans son Traité sur le sang et L'inflammation , M. Dupuytren dans ses Leçons sur ïanatomie pathologique , avaient admis une analogie entre la membrane des fistules anciennes et les membranes muqueuses. Laennec partageait aussi cette manière de voir , et plus récemment , le docteur Villcrmé , auquel la science doit tant d'utiles recherches, a publié une excellente
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description des membranes des fistules, description dans laquelle il fait ressortir la grande ressemblance qui existe entre ces membranes et les muqueuses. Le professeur Cruveilhier a aussi décrit quelques cas de ce genre (Essai sur V anatomie pathologique , tom. II). De plus, il y a déjà long-temps que M. Chaussier a annoncé qu'on trouve souvent des membranes hérissées de viîlosités, semblables aux muqueuses, à la surface interne d'anciens foyers puruiens qui ne communiquent point avec l'extérieur. Enfin M. Cruveilhier et d'autres observateurs admettent la possibilité de la reproduction des membranes muqueuses, lorsqu'elles ont subi une perte de substance. Dans ce dernier cas, comme dans les précédens , c'est également le tissu cellulaire qui , changeant insensiblement de nature , s'élèverait par degrés à la transformation muqueuse.
Ainsi voilà trois circonstances principales dans lesquelles a été admise l'existence des membranes muqueuses accidentelles : i°. dans les anciens trajets fistuleux ou dans les foyers de pus communiquant à l'extérieur par un de ces trajets; 2°. dans les abcès clos de toutes parts ; 5°. à la place de portions de membranes muqueuses détruites.
La transformation du tissu cellulaire en membrane muqueuse, dans ce dernier cas, me semble évidente. D'abord la possibilité de cette transformation aurait pour elle de l'analogie avec ce qui se passe à la peau dans les cas de perte de substance de cette membrane ; en second lieu des observations directes ont démontré la réalité d'une pareille transformation. M. Cruveilhier en a cité quelques exemples remarquables (Essai sur
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/' anat. patlwl.j, tom. II,pag. 170). Là ou la muqueuse a été détruite, le tissu cellulaire subjacent devient vasculaire; un peu plus tard, il apparaît comme une membrane molle, spongieuse, hérissée d'espèces de houppes vascuiaires; plus tard, enfin, la transformation est complète , et Ion ne peut plus apercevoir aucune différence entre l'ancienne membrane muqueuse et celle qui s'est récemment formée. Pour les membranes muqueuses intérieures, sur lesquelles ont plus spécialement porté mes recherches , je crois avoir constaté plusieurs degrés dans leur reproduction. Dans un premier degré , le tissu cellulaire sous-muqueux mis à nu est rougeâtre et lisse; c'est alors le passage d'une membrane cellulo-vasculaire à une membrane muqueuse encore très-simple. Dans un second degré, cette membrane cellulo-vasculaire est élevée au niveau du reste de la muqueuse; mais elle n'est pas encore détachable comme celle-ci ; elle a une disposition vasculaire moins compliquée ; et, si la membrane qu'elle remplace avait des villosités, elle en est encore dépourvue. Dans un troisième degré, elle devient membrane muqueuse parfaite, elle se détache des tissus subjacens, et, dans le tube digestif, le corps villeux s'y développe.
Si, pour réparer une perte de substance, le tissu cellulaire est susceptible de se transformer en membrane muqueuse , n'est-il pas possible que , dans d'autres circonstances où il n'y aura plus ce but à remplir, mais où le tissu cellulaire en contact avec un corps étranger remplira accidentellement les fonctions de membrane muqueuse , il devienne aussi tissu inuqueux. Dans ce second cas comme dans le pre-
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mier se trouve l'application de deux des lois précédemment établies. Cependant cette transformation , admise par les auteurs les plus recommandables, et qui vient d'être niée par M. le docteur Gendrin, est-elle bien réelle, bien complète? I\'a-t-on pas donné trop facilement le nom de membrane muqueuse à un tissu cellulaire injecté et condensé en couche membraniforme ? Si cette transformation a lieu, jusqu'où peut-elle s'élever? La muqueuse accidentelle ressemble-t-elle seulement à la muqueuse très-simple qui tapisse certains conduits excréteurs? peut-elle atteindre le degré de complication de certaines portions de la membrane muqueuse des voies aériennes, et surtout des voies digestives? Pour résoudre ces questions , il est nécessaire que nous comparions anatomiquement avec les diverses muqueuses naturelles les membranes d'apparence muqueuse que l'on trouve dans certains abcès , et surtout dans les anciennes fistules.
Une couche spongieuse , pourvue de vaisseaux nombreux, apposée sur un tissu cellulaire dense, d'où elle peut être détachée en membrane, recouverte quelquefois d'un épithélium , parsemée de follicules et souvent de villosités , sécrétant un liquide particulier connu sous le nom de mucus , voilà ce qui constitue normalement une membrane muqueuse. Parmi ces diverses parties, les unes sont constantes, les autres ^peuvent ne pas exister, sans que pour cela la membrane où on ne les trouve pas cesse d'appartenir aux muqueuses ; cette circonstance ne doit pas être perdue de vue, lorsqu'on cherche à établir une comparaison entre ces membranes et plusieurs couches membra-
informes , qui se produisent dans l'état morbide; car il est clair, d'après ce qui vient d'être dit, qu'on pourra encore les regarder comme analogues aux membranes muqueuses, bien qu'on n'y retrouve pas tous les élémens de celles-ci. Voyons donc ce qui a été trouvé dans les membranes de nouvelle formation auxquelles a été imposé le nom de muqueuses accidentelles.
A la surface de foyers purulens ordinairement anciens, ou de trajets fistuleux existant depuis longtemps, j'ai trouvé souvent une couche molle, spongieuse, comme veloutée, n'ayant ni fibres distinctes, ni cellules, dépourvue d'élasticité , très-peu extensible, et, suivant les cas , incolore ou parcourue par des vaisseaux nombreux. Ceux-ci peuvent y représenter des lacis , des arborisations plus ou moins multipliées. La membrane où ils se dessinent peut être légèrement rosée , d'un rouge plus intense , grise , ardoisée, brune, et enfin d'un noir plus ou moins foncé. Cette description est analogue à celle que l'on ferait d'une membrane muqueuse , soit saine , soit hyperémiée d'une manière aiguë ou chronique. Examinées sous le rapport de leur épaisseur, les couches membraniformes que je viens de décrire présentent autant de variétés que les muqueuses naturelles. Il en est qui, semblables aune toile très-mince, sont à peine aussi épaisses que la membrane des sinus frontaux. Il en est d'autres qui égalent ou surpassent l'épaisseur de la muqueuse gastrique. Elles reposent sur une couche celluleuse ordinairement dense , tendant souvent à l'état fibreux , analogue à la membrane cclîulo - fibreuse , qui double partout les di-
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verses membranes muqueuses. Souvent on ne peut pas les détacher de cette couche, avec laquelle elles se confondent ; elles semblent n'en être que la partie la plus superficielle , distincte seulement des parties plus profondes par sa plus grande vascularité , rappelant ainsi, soit la disposition de la peau dont le réseau vasculaire ne peut être réellement séparé du derme subjacent que par la pensée, soit la disposition de certaines muqueuses elles-mêmes, qui font tellement corps avec les tissus silués au-dessous d'elles, qu'on ne peut les en détacher sans endommager les unes ou les autres. D'autres fois, de la surface interne des parois d'un abcès et surtout d'une fistule , on vient très-facilement à bout de séparer une véritable membrane présentant tous les caractères ci-dessus décrits , et au-dessous d'elle on trouve la couche celluleuse qui vient également d'être indiquée. Il est quelquefois arrivé qu'en disséquant d'anciens trajets fistuleux on a trouvé près de l'orifice cutané de la fistule une membrane très-mince, qui recouvrait la pseudo-muqueuse , et qui, disparaissant peu-à-peu à une certaine profondeur, représentait ainsi, par son aspect aussi bien que par son siège, l'épithélium des muqueuses naturelles. Dans tous les cas où ont été décrites , comme appartenant aux muqueuses, les pseudo-membranes des fistules et des abcès , il n'est pas dit qu'on y ait rencontré des follicules ; je n'en ai pas non plus trouvé , quoique je les aie cherchés , dans mes dissections propres. Cette absence de follicules suffitelle pour empêcher de regarder réellement ces pseudomembranes comme des muqueuses accidentelles? Je remarquerai à cet égard que dans beaucoup de points
des muqueuses -on n'a pas plus découvert de follicules que dans les membranes des fistules, et que si Ton y en admet l'existence, c'est uniquement par analogie; on les y suppose trop petits pour pouvoir y être aperçus. En définitive , le mode d'organisation , par lequel une membrane est constituée membrane muqueuse, est-il changé , parce que cette membrane présente des enfoncemens moins nombreux ou moins apparens? Quant aux villosités, leur absence ne serait pas une raison pour exclure de la classe des muqueuses plusieurs membranes des fistules : car ces villosités «'existent réellement que dans une seule muqueuse naturelle, dans celle de l'estomac et de l'intestin grêle; encore n'y sont-elles pas apparentes dans les premiers lemps de la vie intra-utérine. Si l'on examine sous l'eau une membrane d'apparence muqueuse trouvée dans une fistule ou dans un abcès, on voit effectivement que dans le plus grand nombre des cas cette membrane a une surface lisse, comme est la surface des membranes muqueuses autres que la digestive. D'autres fois , à la vérité , cet aspect lisse n'existe plus ; plongée dans l'eau, la membrane accidentelle parait comme hérissée de nombreux filamcns; mais ces fila— mens n'ont ni la forme, ni la régularité des villosités intestinales. On pourrait plus exactement les comparer aux filamens qui garnissent la langue de certains animaux. Ils m'ont paru spécialement formés par des faisceaux vasculaires très-fins élevés perpendiculairement à la surface de la membrane. En résumé, dans les muqueuses naturelles, on ne trouve pas partout des follicules et des villosités ; ce n'est donc pas par des caractères tirés de leur absence ou de leur
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présence qu'on sera fondé à admellre ou non les membranes des fistules au nombre des membranes muqueuses. Celles-ci sont spécialement caractérisées par la faculté qu'elles ont de sécréter du mucus. Ce liquide a-'t-il été trouvé dans les trajets fisluleux? Il est assez difficile de résoudre positivement cette question , parce que différens liquides s'écoulent ordinairement à travers ces trajets, et que , si du mucus y existe, il se confond avec eux. De plus, de la matière purulente , fournie par les parois mêmes de la iistule , peut dans plus d'un cas en imposer pour du mucus. Cependant M. Yillermé assure avoir vu assez souvent des fistules anciennes et non actuellement irritées fournir une matière visqueuse , semblable à ce qu'on appelle des glaires , c'est-à-dire à du mucus. Il a vu ces fistules présenter dans leurs sécrétions toutes les variétés que peuvent offrir les membranes muqueuses saines ou malades, toutes celles que l'on observe , par exemple , dans les nombreuses nuances d'urétrite aiguë ou chronique. Dans un cas de nécrose d'une cote que j'eus occasion d'observer en 1819 chez un phthisique , je constatai qu'à travers l'orifice du trajet fistuleux assez long qui conduisait à la portion d'os nécrosée, s'écoulait habituellement un liquide d'un blanc grisâtre, visqueux et filant comme le mucus des fosses nasales; je soumis ce liquide à quelques réactifs chimiques, et j'obtins les résultats suivans : il se dissolvait dans l'eau , mais très-lentement , sa solution ne se coagulait pas par la chaleur : ce n'était donc point de l'albumine ; elle ne se prenait en gelée ni par la concentration , ni par le refroidissement : ce
n'était donc point de la gélatine ; l'infusion de noix de galle ne la précipita pas, ce qui arrive aux solutions d'albumine et de gélatine; elle précipita au contraire parl'acétatede plomb, ce qui n'alieu nipourl'albumine, ni pour la gélatine ; enfin l'alcool la précipita de sa solution aqueuse. Ces différens caractères sont ceux que les chimistes assignent au mucus. Mais ils furent loin de se présenter constamment : un jour je les trouvais ; le lendemain je ne les rencontrais plus ; la matière sécrétée présentait elle-même les plus grandes variétés d'aspect, qui semblaient être en rapport avec les variétés de sa composition chimique. Cependant la membrane sécrétante ne variait pas dans son organisation ; elle ne pouvait varier que dans ses propriétés vitales, dans la quantité de sang qu'elle recevait, et par suite dans l'action élaboratrice qu'elle exerçait sur celui-ci pour en séparer divers matériaux d'excrétion. L'os malade pouvait aussi fournir plus d'un principe qui devait modilier celui-ci. Telles sont les difficultés que l'on rencontrera toujours dans de semblables recherches ; mais ce n'est pas tout : l'on sait maintenant que le mucus n'est pas partout une matière identique; que sa composition varie dans chacune des différentes membranes qui le fournissent; qu'outre la matière sut generis qui le caractérise , et que Berzélius appelle matière muqueuse, on trouve dans le mucus, suivant les lieux où on l'examine , des principes différens les uns des autres , et qui , par leur combinaison ou leur association avec la matière muqueuse proprement dite, peuvent faire varier singulièrement les propriétés physiques et chi-
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miques de cette matière (1). Pour qui connaît ces difficultés, il devra paraître tout simple que les membranes des fistules, bien qu'organisées comme des muqueuses, ne présentent pas toujours dans le produit de leur sécrétion une matière identique , ou même une matière qui ressemble à celle qu'exhale telle ou telle muqueuse de l'état normal (2). Il suit de l'ensemble des faits précédens : i°. Que le tissu cellulaire qui existe sur les parois d'abcès chroniques ou d'anciens trajets fistuleux peut revêtir un aspect semblable à celui de certaines membranes muqueuses. Toutefois Meckel me semble être allé trop loin, lorsqu'il a comparé toute surface qui suppure à une membrane muqueuse imparfaite.
2°. Que, dans cette transformation, on peut admettre divers degrés, suivant que le tissu cellulaire, non encore membraniforme^ présente seulement une série de bourgeons ou de granulations vasculaires , suivant qu'il devient une couche cellulo -vasculaire non encore séparable des tissus subjacens, suivant enfin qu'il s'élève à être une véritable membrane
(1) Ainsi, par exemple, s'il faut ea croire M. Bostock, par l'action différente que l'infusum de noix de galle , le perchlorure de mercure et l'acétate de plomb exercent sur la gélatine , l'albumine et le mucus, rien n'est plus facile que de distinguer ces trois matières; cependant M. Chevreul . si bon juge en un semblable sujet, n'adopte pas cette manière de voir, parce que, dit il, on n*a point suffisamment apprécié l'influence des corps qui accompagnent ces trois substances dans les liquides où elles sont dissoutes. (Dictionnaire des sciences naturelles, tom. XXXUI, pag. 72.)
(2J" De nouvelles recherches, a dit M. Chevreul, sont absolument nécessaires pour prononcer en définitive si le mucus est une espèce ou un genre d'espèces, ou bien encore si on n'a pas confondu sous un nom commun des corps qui seraient trop différens pour être considérés comme congénères. (Dictionnairt des sciences naturelles, tom. XXX,1II > pag. î;5.)
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qu'on isole facilement de ces tissus, et dont la surface est tantôt lisse, tantôt filamenteuse.
5°. Que Jamais on n'a trouvé dans ces membranes accidentelles ni follicules , ni villosités comparables aux villosités intestinales.
4°. Que les circonstances qui peuvent influer sur la composition et sur l'appel du liquide fourni par ces membranes sont trop multipliées et encore trop peu appréciées, pour qu'on puisse de la nature de ce liquide conclure à la nature de la membrane qui l'a formée.
5°. Que ces membranes, dans leur organisation la plus parfaite, ne peuvent être assimilées qu'aux muqueuses les plus simples, telles que celles des uretères ou des petites ramifications des canaux hépatiques.
6°. Qu'on n'a jamais vu jusqu'à présent de membrane muqueuse accidentelle qui puisse être comparée, pour la complication de sa texture, à la membrane muqueuse gastro-intestinale.
La membrane des trajets fistuleux présente plusieurs aspects, qui peuvent encore servir à établir une analogie entre sa nature et celle des muqueuses. Lorsqu'elle n'est point irritée , on la trouve pâle ou grisâtre comme les membranes muqueuses dans leur état sain. D'autres fois, au contraire, on y trouve les mêmes nuances d'injection et de rougeur qui dans les muqueuses annoncent un travail d'irritation aiguë ou chronique. Enfin diverses lésions qui sont le partage à-peu-près exclusif des membranes muqueuses , telles que des végétations , des fongosités , des callosités , etc. , se trouvent également sur les parois des
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anciens trajets frstuieux. Le tissu cellulaire , qui double la couche merabraniforme étendue sur ces parois, peut s'épaissir, s indurer de manière à ressembler à ce qu'on appelle du squirrhe , comme on voit s'indurer, devenir squirrhe ux , etc., le tissu cellulaire sous-mu qu'eux. Enfin , de même que des adhérences ne s'établissent jamais entre les diflerens points d'une surface tapissée par une membrane muqueuse 9 si ce n'est là où celle -ei a subi une solution de continuité , de même, pour faire adhérer les parois des trajets fistuleux et en déterminer ainsi l'oblitération, il faut y pratiquer des incisions qui mettent en contact les tissus subjacens au tissu membraniforme , d'apparence muqueuse, par lequel ces parois sont tapissées.
Ge n'est pas d'ailleurs seulement au milieu du tissu cellulaire libre que peuvent se former des membranes dont l'aspect se rapproche de celui des membranes muqueuses. On en trouve de semblables développées au sein des parenchymes. J'en ai cité des exemples dans le tome IV de la Clinique Médicale (observations sur les abcès du, foie). J'ai trouvé une fois, dans un des hémisphères cérébraux, deux cavités pleines de pus , que réunissait un trajet fistuleux : leur face interne, ainsi que celle du trajet par lequel elles communiquaient , était tapissée par une membrane mince j, d'un rouge grisâtre , douce et lisse au toucher, se détachant facilement , par lambeaux, du tissu subjacent, sur lequel elle ne semblait, en quelque sorte, qu'appliquée. Mise dans l'eau, elle paraissait hérissée de filamens et comme viileuse. Autour d'elle , la subs^tance cérébrale avait s<5n aspect physiologique. ParniL
les kystes que l'on trouve souvent dans les ovaires, j'en ai rencontré quelques-uns dont les parois étaient constituées par une membrane , qui ressemblait beaucoup plus à une muqueuse qu'à une séreuse. La même remarque a été faite par Meckel. J'ai rencontré une fois dans le rein d'un cheval un kyste gros comme une orange , que remplissait une matière blanchâtre ,
visqueuse, semblable à du blanc d'œuf. Les parois de ce kyste étaient formées par deux membranes distinctes : l'une, externe, était fibreuse ; l'autre, interne , offrait une texture molle , une apparence spongieuse , une teinte d'un gris pâle ; plongée dans l'eau , on eût dit d'une muqueuse ; elle se séparait facilement de la tunique plus extérieurement située. Il y avait ici un rapport entre la structure du kyste et la nature du liquide qu'il contenait. Enfin ces membranes d'apparence muqueuse peuvent se former jusqu'au milieu des pseudo-membranes des séreuses , ainsi que le démontre le fait suivant. Un garçon , âgé de trois ou quatre ans,. mourut à l'hôpital des Eufans avec tous les symptômes d'une péritonite chronique. De plus, autour de l'ombilic existait un orifice à travers lequel s'échappaient habituellement pendant la vie des matières muqueuses d'une odeur forte. L'ouverture du cadavre fut faite en ma présence par 1 ■ docteur Senn de Genève , alors interne à l'hôpital des Enfans. Au milieu de nombreuses adhérences celluleuses qui unissaient les diverses portions du péritoine, existait un conduit bien dessiné qui, commençant à l'orifice ombilical ci-dessus indiqué , allait, après un trajet de deux pouces environ , se terminer u un autre orifice par lequel il communiquait avec
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l'intérieur d'une anse d'intestin grêle. Tout ce conduit était tapissé par une membrane rougeâtre , lisse au toucher, semblable à une muqueuse. On pouvait la détacher des parties subjacentes formées par les adhérences celluleuses. Cette membrane se continuait d'une part avec la muqueuse intestinale, et d'autre part avec la peau.
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