I. Des productions cartilagineuses développées dans le
tissu cellulaire.
Il est peu de parties du tissu cellulaire interposé entre les différens organes ou entre les divers tissus, où n'ait été observé le développement de cartilages accidentels. Ainsi le tissu cellulaire subjacent aux membranes séreuses en est fréquemment le siège. On a trouvé des cartilages , sous forme de grains isolés , de larges plaques, d'incrustations irrégulières, dans le
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tissu cellulaire cjoi double l 'arachnoïde , la plèvre, le péricarde , le péritoine , la tunique vaginale , les synoviales. Dans ces diverses membranes, les productions cartilagineuses peuvent exister i°. sans coïncidence d'aucune autre lésion appréciable; 20. avec diverses altérations de la séreuse , telles qu'adhérences, épanchemens de diverse nature dans sa cavité ; 3°. avec lésion des parenchymes mêmes qu'enveloppe la séreuse. Dans plusieurs cas de ce genre il est impossible de suivre les divers degrés de modifications que le lissu cellulaire subit dans sa texture pour arriver à la transformation cartilagineuse. Ainsi, par exemple , en dehors d'une même plèvre , on trouve des points où le tissu cellulaire est seulement condensé, induré , rmais où Ton reconnaît enepre son organisation normale; dans d'autres points , il est devenu manifestement fibreux; ailleurs, enfin, il ne représente plus qu'une masse blanchâtre homogène, dont la texture est tout-à-fait celle du cartilage ; souvent aussi l'on rencontre en même temps d'autres points, où entre les lames condensées du tissu cellulaire est épanchée une sérosité plus ou moins abondante, ou souvent une matière jaunâtre, gélatiniforcne , qu'on a appelée du squlrrhe ramolli.
Bien différent du précédent sous ce rapport , le tissu cellulaire sous-muqueux ne se transforme que très-rarement en cartilage , quoique très- souvent il s'hypertrophie ou s'indure. Je me rappelle avoir vu une seule fois une masse véritablement cartilagineuse développée au milieu du tissu cellulaire sous-muqueux de l'estomac. Cette masse se confondait peuà-peu avec du tissu cellulaire simplement épaissi et
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induré. Il semblait, en coupant cette masse, qu'on incisait un cartilage costal.
•Le tissu cellulaire sous-cutané, ou intermuseulaire, peut également subir la transformation cartilagineuse. Chez une femme, morte à la Charité en 1820, un des membres abdominaux était affecté d'éléphantiasis. Au-dessous de la peau et à la place des muscles de ce membre, réduits à quelques faisceaux minces et décolorés, on trouva une masse énorme de tissu cellulaire dur, condensé, creusé çà et là de vacuoles remplies de sérosité, ayant en plus d'un point toutes les qualités physiques du cartilage. Ici encore c'était par d'insensibles degrés qu'on voyait le tissu cellulaire devenir du tissu cartilagineux.
Le tissu cellulaire interposé entre la membrane interne des artères et leur tunique moyenne est trèsfréquemment le siège d'incrustations cartilagineuses qui seront décrites ailleurs avec détail. (Maladies de l'appareil circulatoire , tome II. )
Enfin, partout où existe du tissu cellulaire libre, peuvent se développer des productions cartilagineuses, tantôt amorphes et constituant des masses homogènes solides au milieu du tissu cellulaire, tantôt arrangées en membranes qui enveloppent différentes mnlières sécrétées , et contribuent ainsi à former des kystes à parois cartilagineuses. En voici quelques exemples assez remarquables.
Ie*. cas. Kyste , à parois cartilagineuses , contenant une matière grasse et des poils , développé entre les feuillets du mésentère.
J'ai trouvé ce kyste chez une négresse âgée de cinquante-sept ans. II avait le volume de la tête d'un
enfant naissant. Ses parois étaient complètement cartilagineuses ; en dehors de celles-ci existait une enveloppe celluleuse par laquelle le kyste adhérait lâchement aux parties voisines. La matière qui le remplissait était semblable à du suif, et mêlée à un grand nombre de poils. (Pour de plus amples détails sur ce fait, voyez Clinique Médicale , tom. 4» p<«g. 65o.)
IIe. cas. Kyste cartilagineux, rempli d'une matière semblable à du miel, trouvé dans le inédiastin antérieur.
Chez un homme de moyen âge j'ai rencontré, derrière le sternum, à la place qui chez l'enfant est occupée par le thymus, un corps du volume d'une petite orange, creusé d'une cavité que remplissait un liquide ayant l'aspect du miel. Trois membranes concouraient à former les parois de cette cavité : l'une intérieure , d'apparence séreuse ; l'autre extérieure , cellulofibreuse ; la troisième , moyenne , était complètement cartilagineuse.
IIIe. cas. Tumeur multiloculaire à parois cartilagineuses, développée sur le cou d'une femme.
Une femme portait sur l'un des côtés du cou une tumeur volumineuse qui fut enlevée par M. le professeur Roux. Je la trouvai composée d'un tissu fibreux en plusieurs points, fibro- cartilagineux ou cartilagineux en d'autres points. Ce tissu., disposé parlâmes, par cloisons de forme et de grandeur variables, circonscrivait dans de véritables loges une matière inorganique, demi-liquide, semblable à une épaisse décoction d'amidon.
IVe. cas. Tumeur de même nature développée s iule bras d'un homme.
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M. Roux enleva, à l'hospice de la Clinique de perfectionnement, une tumeur, pesant près de dix-neuf livres, qui existait sur le bras d'un homme de cinquante ans environ. Elle m'offrit la disposition suivante :
La peau qui recouvrait la tumeur était intacte ; les tissus aponévroliques situés entre la peau et les muscles semblaient plus épais que de coutume. Les muscles , étalés en faisceaux autour de la tumeur, étaient pâles et amincis. Immédiatement au-dessous des couches musculaires, on trouvait une couche celluloûbreuse qui environnait la tumeur de toutes parts, et lui formait une enveloppe complète. Touchée à travers celle-ci, la tumeur était rénitente , élastique, comme fluctuante en quelques points. Incisée, elle parut d'abord en grande partie constituée par une substance d'un gris demi-transparent, s'écrasant sous le doigt comme de l'empois, et ressemblant d'ailleurs beaucoup à cette matière par l'ensemble de ses propriétés physiques. En plusieurs points on la voyait se diviser en un grand nombre de petits grains agglomérés qui se louchaient par des facettes lisses et polies. Au milieu de cette substance, soit homogène, soit granulée , existait , sous forme de lames et de cloisons , uu véritable tissu , fibreux en quelques points, cartilagineux dans d'autres. Ces lames circonscrivaient des loges ou aréoles régulières dans lesquelles était comme déposée la matière inorganique ci-dessus décrite. Il en résultait que? dans sa totalité, la tumeur était divisée en un grand nombre de coin-
partimens, lesquels présentaient à considérer: i°.une