‹ Précis d'anthropologieChapitre 153 sur 319 · SYSTÈME NERVEUX · texte numérisé non relu

SYSTÈME NERVEUX

geur des lobes pariétaux : c'est la persistance d'une disposition fœtale, par suite du développement insuffisant des lobes frontaux. En général, ce rétrécissement des lobes antérieurs ne se rencontre pas sur le cerveau de TEuropéen, dont le contour est quelquefois presque circulaire. Comme le cerveau du fœtus et de l'enfant nouveau-né, celui des races inférieures se distingue encore par la longueur et la grande largeur relative des lobes temporaux. De même que chez les singes, la branche postérieure de la scissure de Sylvius y est, par suite, plus longue et plus redressée que sur les cerveaux d'un type élevé. Les lobes occipitaux de la Bochimane présentent une forme amincie et étroite, nouveau caractère fœtal, bien différent de l'épaisseur et de la largeur de ces parties sur les cerveaux les mieux développés des races blanches, limités en arrière par un contour arrondi.

En ce qui concerne l'étude comparée des circonvolutions dans les races humaines, presque tout est à faire, et c'est là certainement un des plus urgents desiderata de la science. D'une façon générale, le cerveau des races inférieures se distingue par un plissement plus simple et plus grossier : les circonvolutions sont larges, aplaties, peu flexueuses; les plis d'anastomose moins nombreux. L'asymétrie des circonvolutions secondaires, d'un hémisphère à l'autre, est moins prononcée dans les cerveaux des Nègres et des Bochimans que dans ceux des blancs (Broca, Bastian), On a particulièrement signalé la moindre complication des circonvolutions frontales et la disposition très simple, souvent toute ' simienne, des circonvolutions temporales (le sillon parallèle peut être presque rectiligne). Quand on compare le cerveau du Bochiman, par exemple, au cerveau du blanc, d'une part, à celui de l'orang, de l'autre, on trouve une ressemblance frappante entre le singe et les hommes de race inférieure (G. Vogt). La troisième circonvolution frontale (centre de la mémoire

su PRÉCIS D^ANTHROPOLOGIE.

motrice des mots) est plus simple, moins plissée, plus courte et plus symétrique d'un côté à l'autre dans les races inférieures (Nègres, Bochimans, Hottentots, Eskimaux ^) qiie chez les blancs, où Texistence fréquente d'une troisième branche antérieure de Sylvius détermine des méandres plus compliqués. D'après Pozzi, la réunion par des plis accessoires de cette circonvolution à la deuxième frontale est la règle chez le Nègre, tandis que chez le blanc c'est, sinon une exception, au moins la disposition la moins fréquente. Cette délimitation imparfaite des deux circonvolutions rappelle le type simien, où la troisième apparaît comme un simple dédoublement de la seconde. Un autre caractère du cerveau des races inférieures est la persistance du sillon limbique *, par fusion incomplète du lobule de l'hippocampe avec le lobe temporal (Broca) ; l'absence presque constante de ce sillon chez les Européens s'expliquerait par la désuétude dans laquelle tombe, chez les civilisés, la fonction olfactive.

Les observations recueillies sur le poids de l'encéphale dans les races humaines commencent à être assez nombreuses pour que l'on puisse apercevoir le sens général des variations du développement quantitatif du cerveau. Comme Ta établi Hanouvrier', ces variations obéissent à la même loi que dans la série des vertébrés. De même que, dans cette série, la première place est occupée, avant l'homme, par les plus grand mammifères, de même les races humaines les plus intelligentes sont dépassées par les races de grande taille. De môme encore certaines races, comme certaines espèces de petite taille, l'emportent sur d'autres races plus fortes, mais moins intelligentes.

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