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Crania ethnicat p

Menton, avec une série de crânes de Solutré, de crânes de Grenelle, etc. L'ensemble des crânes masculins de cette race donnerait un indice de 73.5, l'ensemble des crânes féminins un indice de 75.5. Le même ouvrage classe la première de ces races — d'une façon hypothétique, il faut le reconnaître, — dans un groupe ethnique < voisin de celui où figurent, à côté des Australiens du sud et de l'ouest, certains peuples noirs de l'Inde centrale t>. La deuxième race fossile, dite race de Cro-Magnon, aurait des représentants chez les Guanches, chez certains Basques, chez les Kabyles. D'autres races fossiles seraient formées par des mésaticéphales, sous-brachycéphales et brachycéphales de Furfooz, de la Truchère, de Clichy, d'une série de Solutré, de Grenelle, etc. ; quatre types, au crâne plus ou moins arrondi, seraient venus se juxtaposer ou se superposer, en Europe, pendant la période quaternaire, aux deux types dolichocéphales précédents. Ces types, qui se retrouveraient actuellement encore dans nos contrées, ont donné naissance à la théorie des c mongoloides > de l'Europe occidentale. Les Crania ethnica^ sans admettre que les habitants de la région de la Seine, à la fin des temps quaternaires, fussent de véritables Lapons, acceptent que l'on a ici « un groupe voisin de celui auquel on rapporte les peuplades actuelles du nord de la péninsule Scandinave », un groupe c laponoïde ». Cette classification des races préhistoriques de l'Europe occidentale regarde comme quaternaires des crânes qui ne sont rien moins que tels; d'autre part, elle suppose la découverte de brachycéphales dans des gisements magdaléniens : or, aucun gisement intact de cette époque n'a donné de crânes courts. Ainsi que l'a démontré G. de Mortillet, le trou du Frontal, â Furfooz, avait bien son entrée fermée par un dépôt de magdalénien remanié, mais l'intérieur a fourni des pièces d'une forme incontestablement postérieure, forme de l'époque

dite « robenhausienne > . Nous reviendrons en temps voulu sur l'origine des Lapons.

En somme, durant les temps géologiques, où Tindustrie humaine consiste en la taille de la pierre (particulièrement du silex) et, vers la fin, en la fabrication d'instruments d'os, on trouve d'abord Thomme de la Naulette, du Néanderthal, de Canstadt (?), d'Eguisheim, de Brûx, de la Denise; puis, à une époque postérieure, l'homme de Marcilly-sur-Eure et celui de l'Olmo ; enfin, et plus tard encore, l'homme d'Arcysur-Cure et de Lauge rie-Basse. Les premiers étaient contemporains de Velephas antigtius^ du rhinocéros Merckii; les seconds, de Velephas primigenius (mammouth) et du rhinocéros tichorhinus; les derniers vivaient à l'époque où le renne {cervus tarandus) était extrêmement abondant et ou disparaissait le mammouth. Mais les crânes humains appartenant à ces temps géologiques sont tous allongés, aussi bien ceux appartenant à l'époque de l'industrie chelléenne (Néanderthal, 72) que ceux de l'époque moustérienne (indice 71) et de l'époque magdalénienne (indice 74.8). Dans l'Europe occidentale, la première race humaine était donc dolichocéphale.

Si l'on compare le préhistorique ancien de cette partie de l'Europe avec celui de l'Amérique, on reconnaît une complète similitude : la plus vieille industrie quaternaire de l'Amérique offre des pierres taillées à la façon chelléenne, et les crânes trouvés par Lund, et donnés comme contemporains de ces pierres, sont, sous presque tous les rapports, néanderthaloïdes. Cela n'a rien de surprenant, si Ton se rappelle que pendant le quaternaire l'Amérique a été réunie à l'Europe : Velephas antiquusy caractéristique de l'époque chelléenne européenne, a été retrouvé en Amérique, et dans les deux régions on a constaté Texistence de nombreuses coquilles terrestres appartenant aux mêmes espèces {Le Pré-

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historique^ p. 187). Si l'on admet que le premier homme fossile européen, l'homme quaternaire qui a succédé à l'anthropopithèque tertiaire, a pris naissance dans l'Europe sudoccidentale (où ont existé des singes fossiles), il y a lieu de penser qu'à Tépoque chelléenne, cet homme, gagnant le nord-ouest de l'Europe, a pénétré en Amérique, de même que Velephds antiquus, par la région continentale aujourd'hui submergée qui rejoignait alors les deux mondes actuels.

Entre les temps géologiques (caractérisés par l'industrie de la pierre taillée) et le commencement des temps actuels (caractérisés par l'industrie de la pierre polie), — c'està-dire entre la période paléolithique et la période néolithique — y a-t-il eu, comme quelques personnes l'ont supposé, un vide, une lacune, un hiatus? Il faut répondre à cette question par la négative. L'état climatologique, le régime hydrographique deviennent ceux de nos jours ; de môme la flore et la faune ; mais le changement a son explication. Le climat se tempérant, un certain nombre d'animaux émigrent vers le nord (renne) ou gagnent les montagnes (chamois, marmotte).

Il est permis de croire qu'une partie des indigènes suivirent le renne vers les contrées froides où il allait s'établir, et rien ne vient contrarier cette supposition que certaines populations hyperboréennes à tète allongée pourraient être les descendants émigrés des dolichocéphales quaternaires de l'Europe occidentale ^ Une population à tète plus ou moins arrondie arrive alors de l'est, pénètre sur le territoire qui devait être plus tard celui des Gaules : cette population nouvelle apporte l'usage de la pierre polie (on n'avait guère poli que des os), la poterie, l'agriculture, une meilleure

i. Ph. Salmoo, Lllomme, t. I", p. 8C.

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pratique de la domestication des animaux, la coutume de Tensevelissement des morts et de la construction des monuments mégalithiques. Avec elle, la vie devient sédentaire.

Entre les dépôts de la dernière époque quaternaire (industrie magdalénienne) et les dépôts de la plus ancienne industrie des temps actuels (pien*e polie), il existe sur beaucoup de points un intervalle; c'est le cas général en France (G. de Mortillet) comme en Angleterre (John Evans). L'homme qui arrive de Test, à la fin des temps quaternaires, arrive sans doute avec la pierre, non plus seulement taillée, mais polie, ce qui est un progrès considérable ; mais peut-on assurer que les derniers hommes des temps géologiques, en Occident, n'aient pas appris déjà par eux-mêmes à polir des pierres qui au préalable avaient été taillées? Ils pratiquaient, cela est incontestable, le polissage des os; pourquoi n'auraient-ils pas appliqué à la pierre le même procédé? Non seulement on peut le supposer, mais on en a la preuve certaine : la dénomination d'âge de la pierre polie ne convient, dit Mortillet, qu'à la hache polie, parce que le polissage ne se généralisa vraiment qu'à ce moments En tout cas, on rencontre — en petit nombre, il est vrai — des stations c intermédiaires >, indiquant la transition de l'industrie magdalénienne (fin de la période paléolithique) à l'industrie néolithique*. 11 est vraisemblable que de nouvelles découvertes confirmeront cette opinion que, déjà à la fin de la période de la pierre taillée, on savait, dans l'Europe occidentale, polir la pierre; mais un fait est certain, c'est que les nouvelles races qui firent invasion au milieu des anciens c dolichocéphales paléolithiques » apportaient avec elles des instruments de pierre polie. Elles aussi avaient certainement possédé l'industrie de la pierre taillée, mais elles avaient

1. Afiociat. pour Vavaneemenl des Sciencet, U* session, l^* part., p. 158.

2. Le Préhintorique, p. 484; — Ph. Salmon, L* Homme, l. !•% p. 87, 125.

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depuis plus ou moins longtemps dépassé ce procédé primitif.

L'industrie de la période néolithique (pierre polie) est appelée par G. de Mortillet c robenhausienne *, du nom de la slation de Robenhausen (Suisse) ; c'est l'âge des premières habitations lacustres et des dolmens. On trouve à la fois des instnimonts de pierre taillée (lames coupantes — à côté des

Wif. 16. — Nacléui on lilai (rubonbauilsii), itBail-(r«ulear.

Fl(. 17. - Point* de dird, ca lilc (robenhauilea), doml-granicur.

nncléus (fig. 16) d'où elles ont été éclatées et des percuteurs aj-anl servi à détacher ces éclats, — sortes de scies, grattoirs, perçoirs, pointes de flèches (fig. 18) et de lances, etc.), et des instruments de pierre polie : ces derniers sont des haches (fig. 19), généralement en silex, que l'on emmanchait presque toujours; parfois ce sont des sortes de ciseaux, prismes rectangulaires longs et étroits, à sonmict équarri; parfois des casse-tête de forme variée. A l'époque magdalénienne les instruments en os avaient apparu : leur usage

flOVELjkCQDE e( G. BEBVÊ. — Anthropologie. 31

se développe à l'époque robenhausienne (poinçons, poinies de dards, ciseaux, peignes, etc.); il en est de même aussi pour les instruments en corne de cervidés (harpons, pics, gaines de haches, etc.). La poterie apparaît enfin; on sépare de colliers de coquilles ou de dents, d'anneaux en pierre ; on possède des animaux domestiques (chien, cheval, bœuf, mouton, cochon); l'agriculture est développée (blé, orge,

lin), et l'on pratique le tissage. On enterre les morts. En somme, une civilisation nouvelle s'établit dans le pays des anciens sauvages occidentaux.

Tandis que l'âge t paléolithique i est divisé en quatre époques, l'âge • néolithique » estactuellementconsidérépar nombre d'archéologues comme n'en comprenant qu'une seule, le < robenhausien ». Tel n'est pas l'avis dePh. Salraon, qui fait trois coupures dans le néolithique. A la plus ancienne

époque de cette période Salmon rattache les stations de terre feiine, véritables bourgades où l'on ne rencontre que des instruments en roches locales, rarement polis, et des poteries tout à fait grossières. La seconde époque serait celle des i palafittcs :», des stations sur pilotis, spéciale au pays de lacs (Savoie, Suisse, Italie du Nord, etc.). La troisième époque enfin serait représentée par la civilisation des dolmens, des menhirs : ici, des roches exotiques faut été introduites et le bronze commence à apparaître*. A la première époque Salmon donne le nom de t campinienne ^ (Le Campigny en Sçine-Inférieure), à la seconde celui de « robenhausienne » (Robenhausen, canton de Zurich), à la troisième celui der t carnacéenne » (Camac en Morbihan) ; pour lui, le campinien comprend la première moitié de la période néolithique, le robenhausien en comprend le troisième quart, le carnacéen, enfin, en comprend la dernière partie.

Si nous examinons les restes de l'homme appartenant au néolithique, nous nous trouvons en présence de dolichocéphales et de brachycéphales. Les premiers sont en partie descendants des anciens indigènes des temps géologiques ; ce type est représenté particulièrement par les individus de Cro-Magnon, que l'on a erronément regardés comme quaternaires. L'indice moyen des crânes de Cro-Magnon est de 7â.4, l'indice nasal est de 48.2. La face est large, la branche de la mâchoire est très développée, les sutures sont simples ; la ligne âpre du fémur a une saillie extraordinaire, les tibias sont aplatis'. Les restes humains provenant de la caverne deTHomme-Mort (Lozère) appartiennent à cette même race : les os longs qui ressemblent en grande partie à ceux de Gro-

1. Reu. (VAnthrop., 1883, p. 100; Dict. des Sciences antkrop,, art. Néolithique.

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