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également aux Qiff-Dwellers. C'étaient des bâtiments en pierre, étages en retrait les uns sur les autres et pouvant loger parfois des milliers de personnes. Les possesseurs de ces habitations, poussés du nord au sud, avaient reculé devant les Apaches. Le pays où ils se fixèrent n'était point désolé comme il l'est aujourd'hui, mais les cours d'eau, actuellement desséchés, assuraient au sol une grande fertilité. Lors de l'invasion espagnole, les habitants des roches, les anciens Indiens pueblos^ étaient dr^jà en décadence* Edvin Barber voit une série continue, sous le rapport ethnique, dans les Moiind-Builders occupant la région des lacs du nord et les vallées du Mississipi, de l'Ohio et de leurs afOuents, dans les pueblos^ formant un anneau intermédiaire et s*étendant du Colorado au Mexique, enfin dans les Tol^ teks dont les ruines couvrent le Mexique et l'Amérique centrale. Des simples tertres on paase aux constructions en pierre, et l'on arrive aux œuvres architecturales plus parfaites. Cette opinion est celle de nombre d'américanistes, et il n'y a, en effet, aucune raison pour une lacune dans la descendance des anciens aux modernes Américains.

Ce coup d'œil jeté sur l'ethnologie précolombienne, nous avons & mentionner succinctement les populations actuelles les plus importantes. Nous commencerons par celles du nord (laissant de côté les Eskimaux dont il sera parlé plus loin), et tout d'abord, dans l'Amérique septentrionale, nous traiterons des peuples habitant sur le versant du Pacifique : Ko* loches, Orégonais, Californiens.

Les Koloches, dont le nom propre est c Thlinkets », habitent au sud de l'Alaska, sur les bords du Pacifique. Tantôt ils présentent le type des Sibériens orientaux, tantôt celui des Américains du nord {Craniaethnica). Certains auteurs ne les comprennent pas parmi ces derniers. Ils ont communément la peau d'un jaune foncé et bronzé (Pinart),

les pommettes saillantes, le nez droit, la barbe rare, la face large, les cheveux et les yeux noirs, sont de taille moyenne ou assez petite, portent les cheveux en arrière sans jamais les couper (Erman). Ils possèdent le cuivre à Tétat natif et l'emploient pour fabriquer des poignards et des pointes de lances. Leurs demeures sont faites de madriers dégrossis. Ils réduisent en esclavage leurs prisonniers, et en sacrifient un certain nombre aux fêtes funéraires. Les Thlinkets sont extrêmement durs à la souffrance, et la coutume de la flagellation est chez eux en grand honneur. Ils sont chamanistes et leur culte est celui des esprits; ils sont braves, intelligents, assez industrieux, ont pour les femmes une certaine considération, mais sont féroces, voleurs et menteurs.

Les indigènes de Noutka (50" de latitude) diffèrent de leurs voisins du nord les plus proches qui sont d'une stature plus élevée et ont les traits saillants (Vancouver, t. III, p. 111) : ils ont la face pleine, les pommettes marquées, le nez large et plat, de petits yeux noirs, la peau blanche, le corps robuste. Ils sont fort sales, se vêtent de peaux de loutre ou d'écorce de pins, se peignent le visage avec de l'ocre rouge. Us sacrifiaient et mangeaient des esclaves, rapportent Meares(t. III, p. 16) et d'autres auteurs.

Les peuples de VOrégon, plus au sud (Sahaptins ou Nez^ percés, Tchinouks, Modoks, etc.), ne forment pas une race bien caractérisée. Ceux du nord-ouest ont souvent la peau blanche des Européens ; les Sahaptins sont de grande taille, les Tchinouks atteignent à peine la stature moyenne; ^ans certaines tribus orégonaises le type asiatique dit mongolique est marqué, dans d'autres tribus on ne le retrouve pas. Vancouver représente les indigènes du cap Oxford (cap Blanc, 42^,3 de latitude) comme ayant des traits presque européens, la stature au-dessous de la moyenne, la peau

couleur olive claire S très différents des indigènes de Noutka; d'ailleurs, avenants et honnêtes. Les Tchinouks déforment la tète des tout jeunes enfants, de manière à augmenterconsidérablementle diamètre transverse; d'autres tribus aplatissent également le front. Les oreilles, la lèvre inférieure sont ornées d'anneaux ; dans le sud du pays on pratique le tatouage. Nombre d'Orégonais ne vivent que de la pèche. Ceux de l'intérieur sont nomades et chasseurs. Ils n'ont rien du caractère concentré des Peaux-Rouges de l'est. Au sud) les Californiens se distinguent des précédents et de leurs voisins du Mexique. Ils sont aux derniers degrés de l'échelle humaine ; leurs peuplades vivent isolées les unes des autres; ils logent l'hiver dans des huttes informes, se vêtent d*une peau de bête, se nourrissent de racines et des animaux qu'ils peuvent capturer. Bancroft les représente comme de peau tout à fait foncée, hauts de i°>,6â à i",64, ayant les pommettes saillantes, le nez aplati et large, une bouche lippue, des yeux noirs enfoncés, des sourcils broussailleux' . Ils n'ont rien du caractère guerrier des Américains de l'est et se plient facilement aux usages européens *. Ils passent pour extrêmement licencieux; la prostitution est chez eux si naturelle, que l'on ne possède aucun mot pour la dénommer. Ils n'ont aucune conception d'un être suprême, n'ont point de terme équivalent aux mot/c dieu, divinité ». La question de l'origine des Californiens est des plus obscures. Waitz supposait chez eux l'influence des Américains de la côte occidentale et celle des Polynésiens venus par mer. Putnam pense qu'ils sont issus d'une race dolichocéphale

i. Voyage autour du monde, t. I«% p. 288.

2. The native Races of the Pacific Statet of North America, — Cf. Van* couver, Voyage autour du monde, t. II, p. 274.

3. Contribut. to North Amer. Eihnology, t. IIC, p. 406. — Powers, Tribes of CaUfomia,

ROVEiACauB et 6. HKRYÉ. ^ Aothropologie. 83

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ancienne dont les Innuits çont les descendants les mieux conservés, mais qu'ils sont le produit de nombreux mélanges ethniques. Il est certain que la Californie a été habitée jadis par des races diverses : parmi les crânes recueillis dans les lies (S. Barbara et autres), un sixième sont longs, un tiers courts, et de toute la série on ne peut conclure à une moyenne. Ils sont, en tout cas, plus petits que ceux des Eskimaux. Une série de six crânes d'anciens Péricués de la Basse-Californie ^ a donné â Ten Kate un indice céphalique de 66.09, un indice nasal de 51.4; il serait difficile de ne pas admettre que la race à laquelle ces crânes appartiennent descende de la plus ancienne race américaine. Dans certaines iles, la brachycéphalie domine, dans d'autres la dolichocéphalie : en somme, la multiplicité des races est indéniable (L. Carr). Il resterait à en faire le départ et à expliquer la couleur noirâtre de la peau d'un grand nombre d'indigènes actuels. On a émis l'opinion qu'une partie de la population côtière entre SO"" et ^O"" de latitude aurait une origine polynésienne*.

Passant sur l'autre versant, nous rencontrons tout d'abord au nord-ouest les Kénaïs, dans le pays de Youkon, séparés de la mer glaciale par les Eskimaux. A l'est et au sud-est des Kénaïs s'étendent Xei^Aihapasks^ ouTinnés, ou Chippewyans, jusqu'à la baie de Hudson. Sur ce vaste territoire, les Athapasks sont divisés en un certain nombre de tribus (Côtes de chien, Lièvres, Castors, etc.). Au sud-ouest de

leur domaine, ils ont pénétré çà et là les peuples orégonais. Les Athapasks ont un indice sous-brachycéphalique de 82 {Crania ethnica) et les pommettes saillantes. Les sauvages Apaches qui errent, plus au sud, entre le Colorado et le Rio

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