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Bras longs

17 j Bras égaux.

18 ( Bras courts.

Théoriquement celte systématisation parait être tout à fait simple; mais l'auteur aurait pu se demander si le caractère tiré de l'indice nasal ou de l'indice orbi taire, ou de la chevelure, n'avait pas droit, lui aussi, à entrer en ligne de compte.

Nous signalerons enfin la classificatitm de Topînard. L'auteur l'a résumée dans le tableau reproduit ci-dessous.

Indice. CheTCux. Indice Couleur:

nasal. eëphaliquo.

TaUle.

Races.

ondes, coupe ovale

dolichocéph.

blond. . . . grande Anglo-Scandinaves

ou Kimris.

roux .... » Finnois (!•» type),

brun.... petite relavement... Méditerranéens.

mésaUcéph.

brachy-

Sémites, Egyptiens, petite Lapons et Ligures.

céph. ( ch&tain. . moyenne . . Gelto-Slaves.

Indice. Chereux. Indice. Goideur. Taille. Races.

nasal. céphalique.

dolicho- ^ jaune.. . . petite ËskinoAux.

gros, droits, 1 cépti.. | rougeàtre. grande.... Tehuelches. o ;^ 1 ronds ; 1 . ». . .

5 2 1 longs sur la H"^»«*P*^- » • Polynésiens.

tôle, rares \ i ' ' Peaux-Rouges.

J § I sur le reste/ brachy- / j^^une.... petite Race jaune d*Asie.

^^"1 du corps, f céph. /jaunâtre, moyenne,. Guaranis.

\ olivâtre., petite Péruviens.

droits, oval. dolichocéph. noir., grande.... Australiens.

^ I- L^^ Maunâtre . très petite. Bochimans.

»A^u \ noir grande. . . . Mélanésiem

E z\ laineux, i cepn. i » .

>» S I II- »• \ \ * • Nègres d Afnque.

elliptiques

mésaticéph. » moyenne.. Tasmaniens. brachycéph. t petite Négritos.

Il est facile de voir que ce lableau cherche à allier la prééminence donnée à l'indice nasal par Broca — qui pourtant n'a point fait de classification générale — et la prééminence donnée par Isidore Geoffroy- Sain t-Hilaire au caractère tiré des cheveux. Certes, aucune tentative n'est plus louable, mais, en définitive, à quels résultats aboutiton? A classer en un même groupe Scandinaves et Lapons, Ëskimaux et Polynésiens, Bochimans et Négritos. Voilà qui peut difilcilement se soutenir.

Est-ce à dire que Tindice nasal, que la nature des cheveux, que la couleur de la peau, que la taille ne distinguent point les races humaines les unes d'avec les autres? Non, certes. Mais il faut bien reconnaître que la concordance n'existe pas entre les différents caractères. Si tous les leptorrhiniens avaient la tête allongée, le teint blond, la taille grande, on se trouverait en présence d'un groupement bien net. Mais il est loin d'en être ainsi : certains leptorrhiniens ont la tête courte, la taille petite. De même, chez les platyrrhiniens.

6Ui PRÉCIS D*ANTUROPOLOGlE.

nous trouvons des individus à cheveux droits, à tètes nallongée, et des individus à chevelure crépue; et ces dernier onl parfois la tête longue, parfois la tète courte; ils sont parfois de grande taille, parfois de petite taille. Nous reconnaissons volontiers Timportance de l'indice nasal (pris sur d'assez fortes séries), Timporlance du caractère des cheveux, mais nous constatons qu'il est impossible de faire cadrer régulièrement avec ces caractères l'un quelconque de tous les autres. Les classifications, en définitive, n'ont point de réalité; elles ne répondent pas à des catégories rigoureuses. Sans doute il est commode de parler de races blanches, jaunes, noires, de races à tète allongée et de races à tète courte, de races à cheveux lisses et de races à cheveux crépus : il existe bien des races présentant tels ou tels de ces caractères ; mais vouloir systématiser un ensemble de caractères, cela, évidemment, est irréalisable.

Nous pensons avec Letourneau {Sociologie^ p. 3) que sous l'influence combinée de la diversité des origines, de la disparité de la civilisation et d'innombrables mélanges, le genre humain s'est modelé en des types nombreux et divers; ici nettement tranchés, ailleurs reliés par des nuances tellement graduées qu'il n'y a pas de place pour une frontière. Broca, en ne classant point les races humaines, en se bornant à les décrire, a suivi la doctrine de Buffon : les genres, les ordres, les classes n'existent que dans notre imagination.

En ce qui touche, non plus les races, mais les idiomes, question tout à fait différente, on peut classer les langues de deux façons : ou bien selon l'état de leur développement morphologique, ou bien selon leurs parentés.

D'après le premier procédé on les distingue en langues monosyllabiques, en langues agglutinantes, en langues à flexion. Mais il faut tout d'abord se garder ici d'une confusion dangereuse : par ce fait que deux familles linguistiques

appartiennent à une même période de développement, il ne faut pas conclure à leur parenté. Le basque, par exemple, et les langues du groupe bantou sont des idiomes agglutinants, mais aucun lien de parenté n'existe entre eux. Toutes les langues, ou pour mieux dire tous les systèmes linguistiques, ont passé par la période du monosyllabisme; dans' cette condition morphologique la racine elle-même est le mot : nul élément ne vient indiquer la personne, le genre, le nombre, le temps, etc. ; point de suffixes, point de préfixes. La phrase se compose d'une succession de racines. Presque toutes les langues ont franchi cette première étape, dont le procédé était, en réalité, fort mal commode. Pourtant, quelques peuples ont recouru à des méthodes ingénieuses pour conserver leurs idiomes à l'état monosyllabique. Ils ont créé une syntaxe, et le mot, la racine, a valu dès lors comme nom, comme verbe, comme sujet, comme régime, selon la position qu'on lui donnait dans l'ensemble de la phrase. Un autre procédé, fort curieux, a été l'emploi de tons, d'intonations, qui venaient différencier les racines homophones et leur donnaient des significations diverses. Le système du monosyllabisme donna naissance d'une façon très simple à celui de l'agglutination. Voici comment. Certaines racines perdirent leur valeur entière et servirent d'éléments de relation, devinrent des prépositions ou des postpositions. Ce fait se retrouve dans les langues les plus avancées en développement; en latin, par exemple, de circus, cercle, provient la préposition circutn, autour; de vertOy versunij la préposition versus^ vers. C'est ce même phénomène qui réalisa le passage du monosyllabisme à l'agglutination. Dans une langue agglutinante le mot est composé d'une racine ayant conservé son sens plein, à laquelle sont annexées une ou plusieurs racines ayant, elles, perdu leur pleine valeur et ne servant plus que d'éléments de relation; ces éléments

reçoivent le nom de dérivatifs, ce sont, selon leur position au commencement ou à la fin du mot, des préfixes ou des suffixes; s'inlroduisent-ils dans le corps même de la racine dérivée, ce sont alors des infixes. La troisième phase du développement est celle de la flexion. Ici il y a plus de difficulté, et la plus grande partie des familles linguistiques n'ont pas franchi la phase agglutinative. Dans les langues sémitiques la flexion consiste en une modification phonique entraînant une modification de sens : qatala^ il tua, gutila^ il fut tué, qailf meurtrier. Par une telle variation de sa propre forme le mot peut donc exprimer les rapports difi'érents qu'il a avec tel ou tel autre mot ; en d'autres termes, la flexion sémitique exprime par elle-même, sans qu'il faille nécessairement avoir recours à des éléments dérivatifs, tel ou tel mode d'être du sens général de la racine. En ce qui concerne les langues indo-européennes, le mode de naissance de là flexion est plus obscur. Victor Henry n'y voit pas une simple variation phonique, mais bien à la fois des mutations phoniques et une agglutination par infixés ^ Les langues à flexion, de synthétiques qu'elles étaient d'abord (sanskrit, grec, etc.), deviennent toutes , par la suite des temps, plus ou moins analytiques (français). Ajoutons enfin que dans les langues agglutinantes on trouve de nombreuses traces du monosyllabisme primitif, de même que dans les langues à flexion, et que celles-ci contiennent un grand nombre de formes purement agglutinatives.

Les principaux idiomes monosyllabiques, n'ayant d'ailleurs point de parenté les uns avec les autres, sont le chinois, Vannamitey le siamois j le birman. Le tibétain contient déjà bien des formes agglutinantes. Certains idiomes de l'Orient,

1. Dici. des Sciences anthrop., aux mots Agglutination, Monosyllahitinef Flexion.

par exemple le khastUy laissent prendre sur le vif le passage du monosyliabisme à Tagglutination . Parmi les langues agglutinantes nous citerons celle des Holtentots; celles des Nègres $us-équatoriaux {une parlie de ces langues sont à peine dégagées du monosyliabisme); celles du groupe baniou; le peul; les langues nubiennes; celles des Négriios; des Papous; les langues australiennes; les langues des Malais et des Polynésiens; le japonais ; les langues dravidiennes; le basque; les langues américaines; les langues du Caucase. Cette énumération est loin d'être limitative. Parmi les langues à flexion il faut comprendre les langues sémitiques (arabe y hébreu, amharique, tigré), auxquelles se rattachent les langues khamiUques (berber, somali, galla, etc.). Les langues khamitiques, parentes des langues sémitiques, sortent à peine de la phase agglutinante. L'autre famille des langues à flexion, langues indo-européennes ^ se divise en plusieurs variétés : — a) Branche hindoue : kachmiri, peodjabi , sindhi , goudjerati , marathi , hindi , népali , assami, bengali, oriya, idiomes des Tsiganes; — b) Branche éranienne : persan, afghan, béloutche, kourde, arménien, ossète; — c) Branche hellénique; d) — Branche italique : portugais, espagnol, catalan, langue d'oïl (français), langue d'oc, ladin, italien, roumain; — e) Branche celtique : irlandais, erse d'Ecosse, manx; gallois, breton; — f) Branche germanique : islandais, norvégien, suédois, danois; anglais, platt-deutsch, néerlandais, frison; allemand; — g) Branche slave : russe, ruthène, polonais, tchèque et slovaque, vinde, Slovène, croalo-serbe, bulgare; — h) Branche lettique: lithuanien, lette. L'albanais est une langue indo-européenne, mais dans l'état actuel des connaissances, il est difficile de la classer. En ce qui concerne le groupement des diflërentes branches entre elles, diverses tentatives ont été faites. On a généralement formé un rameau spécial avec les langues indo-

européennes de TÂsie, un autre avec celles de TEurope. Ces dernières ont été groupées à leur tour en tiges diverses : les uns faisaient un groupe gréco-italo*celtique et un groupe germano-letto-slave ; d'autres rapprochaient cette dernière tige plutôt de leurs parentes asiatiques que de leurs parentes de l'Europe septentrionale. Ces différentes classifications nous semblent aussi inacceptables les unes que les autres. Entre le vieil idiome indo-européen et les langues qui en sont issues, il n'est guère vraisemblable qu'il ait existé des unités secondaires. Certains idiomes indo-européens ont sans doute plus de ressemblance avec tels de leurs congénères qu'avec tels autres, mais cela s'explique par le fait que, avant leur expansion hors de leur lieu d'origine, les divers dialectes indo-européens s'étaient altérés de différentes façons : ils étaient déjà d'autant plus distincts qu'ils étaient parlés à une plus grande distance ; ils se ressemblaient d'autant plus qu'ils étaient parlés dans des régions plus voisines. Il faut voir ici une sorte de continuité, que nous montrent actuellement les patois, et de ce qui se passe aujourd'hui on peut conclure à ce qui s'est passé jadis.

Pour terminer, nous avons à peine besoin de prémunir contre la confusion que l'on a trop souvent faite entre les classifications ethniques et les classifications linguistiques. Les membres d'une même race peuvent parler, et parlent souvent, des langues fort différentes; par contre, et plus souvent encore, une seule et même langue peut ètte parlée par des individus appartenant à des races diverses. La science du langage est assurément une des branches de la science générale de l'homme; elle a largement contribué au développement de cette dernière; elle a fourni aux ethnographes de précieuses indications ; elle emploie incontestablement la méthode des sciences naturelles ; mais elle ne peut avoir la prétention de prévaloir sur les enseignements

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