Viollet-le-Duc, Dictionnaire d'archilec
Inre. t. Vit, pp. 188 et 4gG.
GLOSSAIRE ARCHEOLOGIQUE.
par extension, peinture murale ou vitrail obtenus à l’aide de cette couleur.
Harpe, s. f. — Les harpes sont ces pierres saillantes que l'on nomme aussi pierres d’attente ou arrachements et qui sont ménagées au bout d’un mur pour faire la liaison avec la continuation de ce mur.
On donne aussi ce nom aux pierres qui, dans les chaînes de maçonnerie, dépassent, de deux en deux assises, les pierres plus courtes et liaisonnent la chaîne au mur.
Haut-relief, s. m. — Voy. Bas-relief.
Hotte, s. f. — Partie de la cheminée, en forme de tronc de cône ou de tronc de pyramide et qui constitue le bas du tuyau.
Hourdage, s. m. — Ensemble de Lourds, galeries de bois volantes, que l'on pouvait établir au sommet et à l’extérieur des murs de défense. Action de hourder.
Hourder, v. a. — Garnir de hourdis.
Hourdis, s. m. — Maçonnerie à bain de plâtre ou de mortier, dont on se servait notamment pour garnir les pans de bois.
Imposte, s. f . — Ce mot a deux acceptions. En premier lieu, il désigne, soit la tablette saillante qui est posée — imposita — sur le pilier ou sur le pied-droit et qui porte les sommiers, soit la mouluration de cette tablette, qui s'associe, dans l’ordonnance, à l’archivolte. En second lieu, l’imposte est la partie supérieure dormante, en bois ou fer, d’une baie. — Ne pas appeler imposte le plan de naissance d’un arc ou d’une voûte.
Jambage, s. m. — - Les jambages sont les montants d’une baie, d'une fausse baie, d’une cheminée.
« Lorsque la baie est fermée par un arc, on donne de préférence aux deux montants verticaux qui
portent l’arc le nom de pieddroits1. » Certains écrivent piédroit par analogie avec piédouche; mais piédouche est un mot italien francisé, tandis que pied-droit est de vieille souche française.
Jarret, s. m. — « Imperfection d’une direction de ligne ou surface, qui fait une sinuosité ou un angle.
Le jarret saillant s’appelle coude, le rentrant s’appelle pli'1. »
Joint, s. m. — 11 est intéressant d’étudier les sens propres des mots joint et lit et les déviations de ces sens. Le lit est, au juste, la surface supérieure ou inférieure d’une pierre ou d’une brique : lit de dessus, lit de dessous. Le joint est l’intervalle entre des pierres superposées, joint de lit, ou juxtaposées, joint montant. Construire à joints vij’s, c’est construire sans mortier.
Voilà les significations rigoureuses.
Considérons deux voussoirs qui se touchent; ils ont, suivant les meilleurs auteurs, un joint de tête et un joint de douelle. Il n’existe cependant entre ces deux voussoirs qu’un intervalle. C’est que, dans ces expressions, joint désigne, non pas l'intervalle, mais la marque de cet intervalle sur les parements.
Autre acception : les lits étant les surfaces horizontales, il n’existe pas de terme pour les surfaces verticales prises dans l’épaisseur de la construction. On adoncété conduit à distinguer les lits, qui sont horizontaux, et les joints, qui sont verticaux11. Cet usage doit être très ancien : Frézier4 dénomme les lits
1. Viollet-le-Duc, Dictionnaire d'architecture, t. VI, p. 1 4 ’> — Cf. Quicherat, Mélanges, moyen âge, p. 3ga.
2. Frézier, Coupe des pierres et des bois, t. 1, pp. 4 oo-/i 0 1 .
3. Choisy, Histoire de l'architecture, t. Il, p. 261 ; Viollet-le-Duc, Dictionnaire d’architecture, t. VI, p. i45.