Coupe des pierres et des bois, t. I. p. 4oa
GLOSSAIRE ARCHEOLOGIQUE.
pas donner ce nom au parapet tout entier.
Maçonnerie, s. f. — La maçonnerie est l’ensemble des opérations qui ont pour objet de poser les pierres et de les lier. Ainsi, un document de 1 55g relatif à Chenonceaux parle des « ouvrages de taille et maçonnerie »*. Dans un sens plus précis et, d’ailleurs, assez répandu -, maçonnerie s'applique aux constructions dans lesquelles il entre du mortier ou du plâtre. ,
Manteau de cheminée, s. m. — Si l’on admet avec Félibien que le manteau est ce qui couvre la hotte, la conséquence est que ce mot désigne l’ensemble du placage architectural qui enveloppe le haut du foyer et le départ du tuyau. Viollet-le-Duc3 appelle manteau la traverse, monolithe ou appareillée, qui est posée sur les jambages.
Meneau, s. m. — D’après la plupart des auteurs, meneau se dit des montants et des traverses qui garnissent les fenêtres. Cependant, au moins lorsqu’il s’agit de fenêtres gothiques, il paraît préférable de réserver ce terme aux montants légers qui divisent, la baie en plusieurs compartiments.
Merlon, s. m. — Voy. Créneau.
Métope, s. f. — Les métopes sont les dalles placées de champ entre les triglyphes de la frise dorique. Des auteurs ont, par analogie, appelé métopes les dalles dressées entre les corbeaux des corniches romanes.
L’expression mérite de rester.
Modillon, s. m. — Voy. Corbeau.
Moellon, s. m. — Ce mot est à la fois très usité et très vague. 11 sem-
i. Abbé C. Chevalier, Lettres et devis de Philibert Delorme (in-8°; Paris, i8G4}, p. 35. — « Tailler et massoner » ( Comptes de Gaillon, i5oa-i5o3, p. la).
a. Viollet-le-Duc, Dictionnaire d'arcliitec-
ture, t. VI, p. ai3; Choisy, Histoire de l'architecture, t. II, p. i/14 ; Rondelet, l'Art de
bâtir, t. II, pp. aâp et ss.
3 Dictionnaire d'architecture, t. III. pp. iÿO et ss.
ble qu’à l’origine le moellon fût la partie incomplètement durcie de la pierre. « Outre la pierre franche des carrières, il y a le moilon qui en est la portion la plus tendre et le libage qui en est le plus dur1 *. » Cette pierre insuffisamment durcie se prêtait mal à la taille ; on l’employait surtout en blocs de médiocre échantillon et négligemment traités, si bien que l’idée de façon et l’idée de dimension se confondent. « Au-dessous de o m. 4o les blocs prennent le nom de moellons et au-dessus de 1 mètre celui de pierre de taille 3. »
Le plus ordinairement, moellon est opposé à pierre de taille : « Aucunes pierres, soient de taille ou de moilon b3. Et sans aucun doute on entend par là des pierres taillées et des pierres non taillées ou simplement dégrossies. Choisy4 expose que « l’architecture antique de l'Occident ne connaissait point la voûte d’arête appareillée : à l’époque romane, la voûte d’arête en moellons d’appareil devient un type courant ».
On voit par ces exemples à quelles causes est due l’imprécision du mol .
Il est plus difficile d'y remédier.
Montée, s. f. — Terme vieillot, mais encore en usage, comme dans ce passage de Clioisy5 : « Les arcs de tête sont des courbes presque de même montée que l’arc diagonal. »
C'est la hauteur sous clef mesurée depuis le niveau des naissances ; c'est la llèche. Philibert Delorme emploie le mot dans ce sens et aussi avec l’acception de dessin en élévation. « Après le plan, je vous donneray la montée0. »
1 Daviler, Cours d’architecture, 1. 1, p. ao5. 3 Bosc, Dictionnaire, art. Carreau.