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LES DOUBLEAUX

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ligne; elle forme un triangle concave dont la pointe est en bas et la base en haut ; les quatre bases se rejoignent donc en haut suivant un cercle plus ou moins parfait, sur lequel on asseoit la calotte qui ferme la voûte. La calotte peut continuer la courbe des pendentifs ( fig . 15, à droite ) ou bien être tracée suivant une courbe différente et de rayon plus petit ( fig . 15, à gauche)', dans ce dernier cas, on dit que la coupole est à pendentifs distincts.

Théoriquement, dans la coupole sur pendentifs, la calotte est une demi-sphère, dont la projection s'inscrit exactement dans le carré et les pendentifs sont des triangles sphériques découpés dans une autre demi-sphère dont la base serait circonscrite à ce même carré. Dans la pratique, calotte et pendentifs appartiennent à des solides plutôt irréguliers. Cela est également vrai, d’ailleurs, de la coupole sur trompes. Ou ne saurait trop se garder, en ces matières, des notions de science pure qui ont cours parmi les constructeurs modernes.

Les voûtes à nervures : nervures saillantes, doubleaux; nervures noyées. — On doit distinguer soigneusement des nervures véritables, qui ont un rôle dans la construction de la voûte, les pseudo-nervures, simples bandes décoratives réservées par le ciseau du tailleur de pierre dans l’épaisseur des voussoirs.

Dès l’antiquité, on bandait des doubleaux sous les voûtes ( fig. 10). Les doubleaux sont des arcs saillants sous le creux de la voûte et qui doublent celte voûte. Ils peuvent répondre à diverses préoccupations : rompre la continuité des lignes et atténuer à l’œil les déformations possibles; chaîner les maçonneries et leur donner plus de cohésion; dissimuler les raccords lorsque la voûte présente des plans différents qui se rencontrent, comme, par exemple, dans le cas d’un berceau dont la directrice est une ligne brisée; peut-être servir de cintre : d’un doubleau à l’autre, on jetait des conclus, sur lesquels le maçon posait les voussoirs. Mais, quel que soit le but poursuivi, le doubleau a pour effet de soulager la voûte, d’attirer à soi une

partie de la poussée cl de la reporter sur des appuis que l’on renforce en conséquence.

Les Romains ont fait usage de nervures noyées dans les voûtes, dont elles constituent l’ossature. Ils commençaient par construire ces nervures, qu’ils faisaient en briques, pour qu’elles fussent plus légères; ils les réunissaient l’une à l’autre par d'autres briques, de façon à former des compartiments, qu’ils remplissaient de blocage. Le tout disparaissait sous les enduits ou les revêtements.

La toiture. — Les Romains ne combinaient pas la charpente avec la voûte : certains de leurs édifices étaient sous voûte, d’autres sous charpente; mais, lorsqu'il y avait une voûte, cette voûte n’était pas abritée par une charpente et la couverture portait sur la voûte directement.

On ignore comment était comprise la charpente romaine. Quant à la couverture, elle était habituellement formée de tuiles plates à rebords, teçjulæ, disposées en cours perpendiculaires à la ligne de faite, chaque tuile recouvrant le haut de la tuile inférieure. Entre deux cours contigus il restait un vide, que l’on fermait à l’aide de briques creuses, imbrices : les imbrices étaient des demi-troncs de cônes, qui s’emboîtaient l’un dans l’autre, la tuile inférieure entrant dans la tuile supérieure; les cours d’ imbrices étaient placés à cheval sur les rebords des deux legalæ juxtaposées.

Les appuis isolés : colonnes et piliers. — Nous en avons fini avec les parties portées, avec les couvertures; nous allons passer aux pal lies portantes, aux appuis des couvertures.

Ces appuis sonl discontinus : colonnes ou piliers, ou ils sont continus : murs.

La colonne romaine se compose essentiellement d’un lui el d’un chapiteau. Le fût, de diamètre plus forl au pied qu’au sommet, peut être monolithe ou bien élevé par tambours. Le pilier se distingue de la colonne, soil par l’absence de chapiteau, soit par la forme du fût, qui, dans le pilier, est ordinairement

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