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LES MURS

Le petit appareil et d’habitude le moyen appareil ne constituent pas la niasse du mur, mais de simples revêtements; les anciens disaient : coria, parce qu’en effet les revêtements sont les peaux de la maçonnerie. Entre les deux revêtements, les maçons pilonnent du blocage de pierraille et de mortier. Les petits blocs des revêtements sont taillés en dépouille, en forme de troncs de pyramides carrées, pour que le mortier du blocage les saisisse mieux et que l’adhérence soit plus parfaite.

En dépit de cette précaution, les revêtements ont une tendance à se détacher du noyau de blocage, à se boursoufler, à tomber. On solidarise les deux parties du mur, on les attache Lune à l’autre à l’aide de chaînes de plus gros appareil {jig. 16), placées aux angles et de distance en distance. Ces chaînes sont plus stables par elles-mêmes et, en outre, elles forment boutisse ou parpaing.

Quand une pierre est taillée, on peut la poser de plusieurs manières. Tantôt la plus grande dimension se développe en longueur et la pierre n’a pas de queue, elle pénètre de peu dans le mur : c’est un carreau; lantôt la plus grande dimension plonge dans le mur : la pierre est une boutisse. Le parpaing est une pierre qui traverse le mur de part en part et dont les bouts sont visibles sur les deux parements.

Depuis le second quart du deuxième siècle environ, les constructeurs romains coupent le petit appareil d’assises de briques ; ces briques jouent le rôle de boulisses et, déplus, elles permettent aux maçons de s’araser, de rectifier les niveaux.

Marques d’appareil. — Dès une antiquité très reculée et pendant une grande partie du Moyen Age, les tailleurs de pierre ont assez souvent tracé sur les blocs des marques d’un dessin généralement simple et facile. Ces signes d’appareil indiquent parfois l'ordre dans lequel doivent être placés les blocs; plus souvent, ce sont des signatures de tâcherons. L’étude de ces marques et de leur groupement comporte quelquefois des conclusions intéressantes sur la marche des travaux et sur l’histoire de la construction.

3o [.ES DONNÉES DU PROBLÈME ARCHÉOLOGIQUE.

Dosserets et contreforts. — Sous les retombées des arcs, audessous des architraves, on renforce souvent les murs par des membrures verticales, -dosserets, pilastres ou pieds-droits à l’intérieur, contreforts à l’extérieur. Dosseret est l'appellation générique de tout bout de mur en saillie sur un parement, qu’il s’agisse d’un pilastre décoratif, du jambage d’une porte, du pied-droit d’une arcade. Quant au contrefort, il fournil une surépaisseur en vue de contenir la poussée sur les points où elle est le plus active, par exemple, au droit des doubleaux ou contre les piliers des voûtes d’arêtes.

Percements. — - Les murs sont évidés par des percements, portes ou fenêtres, dont les jambages reçoivent un linteau ou un arc, ou encore l’un et l’autre à la fois, l 'arc de décharge détournant du linteau la pesée du mur (Jig. 9). Dans ce dernier cas, entre le linteau et l’arc qui le protège, se place le tympan, qui, n’ayant pas de fonction statique, est tout désigné pour recevoir une décoration.

Lorsque le mur est épais, la baie des fenêtres est étranglée vers le milieu et s’évase, s'ébrase vers les parements, afin de laisser pénétrer l’air et La lumière. De même, l’appui des fenêtres présente d’ordinaire un double talus : vers l'intérieur et, afin de rejeter les eaux pluviales, vers l’extérieur.

La décoration : les moulures. — La décoration est obtenue par la couleur : combinaison d’appareils variés, application de peinture, ou par le relief : sculpture statuaire, sculpture ornementale et mouluration. Nous n’avons à nous occuper ici que des moulures.

Les groupes de moulures ont des objets très divers : en haut, la corniche couronne le mur et le protège contre les eaux du luit; au pied de l'édifice, un profil d’empattement ménage la transition entre le soubassement, plus épais, et le mur, plus mince. Le larmier arrête l’eau qui ruisselle sur un parement et la rejette. La base est profilée au pied des colonnes et des piliers, Y astragale entre le chapiteau et le fût et le congé entre

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