‹ Précis d'embryologie adapté aux sciences médicalesChapitre 133 sur 178 · DANS LES BOURSES · texte numérisé non relu

DANS LES BOURSES

r, esfcule - P, péritoine ; - Mf, y, cavité vaginale commucouclie celluleuse; - Se, scrotum. vite péritonéale.

en généra], Toblitération se produit dans le courant du premier mois. Le processus adhésif peut être gene par l'existence d'une hydrocàle congénitale ou dune hernie inguinale congiinilale. Dans le premier cas on peut faire refluer le liquide dans la cavité ponloneale;dansle second, l'inlcstin est en contact avec le testicule recouvert de son feuillet viscéral

ORGANES GÉNITAUX INTERNES

On donne encoi'e le nom de hernie congénitale à une variété de hernie qui se produit chez l'adulte, sous l'influence d'un elTorl violent ; le canal vaginopéritonéal s'ouvre de nouveau, remet la cavité vaginale en communication avec la cavité péritonéale et l'intestin hernie vient se mettre au contact du testicule, comme chez l'embryon.

La soudure des parois du canal vagino-péritonéal peut être irrégulière; entre des points adhérents subsistent des portions de, cavité qui donnent naissance à des kystes du cordon.

Pendant la descente du testicule, les deux faisceaux externes du gubernaculum , d'abord ascendants, deviennent descendants et entrent dans la constitution des bourses oîi ils forment le crémasler.

Jusqu'ici, nous n'avons admis que trois faisceaux d'insertion pour le gubernaculum; il est probable qu'il y en a davantage et, avec Lockwood (1), nous serions disposé à admettre un faisceau crural et un faisceau périnéal. Ces faisceaux, à un moment donné, deviendraient prépondérants et leur action provoquerait Vectopie crurale ou périnéale, suivant qu'il s'agirait de l'un ou de l'autre. Le testicule, sorti du canal inguinal, glisse, sous la peau, vers la région cruraleouvers lepérinée, jusqu'au devant de l'anus. Cette hypothèse paraît plus admissible que celle qui consiste à admettre une insertion vicieuse du .gubernaculum.

(1) Journal of Anal. 1889.

APPAREIL EXCRÉTEUR FEMELLE. 321

Nous avons suivi le testicule dans sa descente. Il peut s'arrêter dans les différents points de son trajet, d'où diverses variétés d'ectopie. Quand aucun testicule ne descend dans les bourses, il y a eryptorchidie et le sujet est, le plus souvent, infécond.

2° APPAREIL EXCRÉTEUR FEMELLE.

Cet appareil, représenté, chez l'adulte, par les trompes, l'utérus, le vagin et la membrane hymen, se forme aux dépens des deux canaux de Millier qui pei^sistent dans toute leur étendue.

Par leur extrémité inférieure, les deux canaux de Millier s'accolent avec les canaux de Wolff et l'ensemble des quatre tubes constitue le cordon génital de Thiersch (CG, fig. 139) dont l'extrémité inférieure s'ouvre, en arrière des uretères, dans le pédicule de l'allantoïde(.4/, fig. 128, p. 299). Le cloaque (C/) s'est déjà divisé en deux conduits, l'un postérieur, anorectal, l'autre antérieur, sinus iiro-génital, auquel le cordon génital aboutit (fig. 139, Su).

1° Trompes de Falioppe (fig. 139). - Celles-ci se forment aux dépens de la partie supérieure des canaux de Millier (M). Le gubeniaculum de Hunter (Gb) croise le canal de Millier ; le point de croisement établit une division du canal en deux parties l'une supérieure formant les trompes, l'autre inférieure qui donnera naissance au conduit utéro-vaninal. '

Les trompes, d'abord verticales, se déplacent avec lesovaires.Lepavillon, lisse au début,devientensuite

ORGANES GENITAUX INTERNES.

frangé. Les trompes, pendant la vie embryonnaire, sont relativement plus développées que l'utérus. Vers

la fin de la gestation, elles présentent des flexuosités très accentuées.

Hydatide. — Sur une des franges du pavillon,plus souvent sur la face antérieure des ligaments larges, se trouve une vésicule close, tapissée à l'intérieur d'un épithéliiim à cils vibratiles et contenant un liquide lactescent. Cette hydatide pi'oviendrait de l'extrémité supérieure du canal de Millier.

Quelques-uns la considèrent comme un produit pathologique.

2° Conduit utérovaginal (1). — L'utérus et le vagin se forment aux dépens de la portion des canaux de

FiG. 139. — Schéma bes oroamîs

GÉNITAUX ISTF.RNES, VOS DE FACE.

Su. sinus uro-génital ; — S, partie supérieure du corps de Wolll'; — Pa, corps innominé de Giraldés ou paroophore, suivant le sexe ; — G, plande génitale: — CW. canal de Wollî; — H, son extrémité supérieure (hydatide) ; — j1/,canal de Miiller; — cordon génit.il ; — Gb, gubernaculum de Hunter; — AU, anneau inguinal interne ; — Aie, anneau inguinal externe; — lai, faisceau du gubernaculum allant à l'épine iliaque anléro-inférieure ; — Ep. faisseau allant à l'épine du pubis; — Scr, faisceau allant dans les bourses ou dans les grandes lèvres.

(I) Tourneux et Legay. Développement de l'utérus et du vagin, envisagé principalement chez le fœtus humain. Journ., de Variât., 1884.

CONDUIT UTÉRO-VAGINAL. 323

Millier comprise dans le cordon génital. Certains auteurs, à la suite de Rathke, ont cru que le sinus uro-génital participait à la constitution du segment inférieur du canal vagino-utérin ; cette opinion est généralement abandonnée.

Les canaux de Millier, simples tubes épithéliaux, se soudent entre eux, d'abord dans le milieu du cordon génital (fig. 139) et restent doubles aux deux extrémités du cordon. Il en résulte que le vagin est d'abord double et que l'utérus est fortement bicorne. Les auteurs ne sont pas d'accord sur l'endroit précis où débute la fusion des conduits de Millier. Nous avons donné l'opinion de KôUilker. Pour Dohrn, la fusion commence à l'union du tiers inférieur avec les deux tiers supérieurs du cordon génital; pour Langenbacher, elle débuterait, chez le lapin, au niveau des extrémités vestibulaires des conduits de Millier. Ces divergences dépendent des espèces animales observées. Le degré de soudure des deux canaux de Millier est, en effet, très variable quand on l'observe dans la série des êtres. De là, des utérus plus ou moins bicornes. Chez les marsupiaux, les uretères, qui ordinairement contournent le cordon génital, passent en son milieu ; les canaux de Millier ne peuvent se souder et donnent naissance à deux utérus et à deux vagins.

Le canal utéro-vaginal est formé à la fin du 2'= mois ; à cette époque, la cloison a disparu, mais le conduit reste, bicorne en haut, jusqu'à la lin du 3° mois. Le fond de l'utérus empiète, dès lors, sur les cornes qui disparaissent progressivement, si

ORGANES GÉNITAUX INTERNES

bien que le ligament rond s'insère sur les côtés de l'utérus, au milieu du 4'= mois. Les extrémités inférieures des canaux de MuUer divergent et leur fusion ne s'eflectue que tardivement, vers la fin du ¥ mois.

Vers le 6« mois (C, fig. 146, p. 331), Tutérus commence à se délimiter en tant qu'organe musculeux. Un léger renflement annulaire marque, dans le conduit, ce qui deviendra le vagin. L'utérus s'épaissit à partir du col. On sait que, pendant la vie fœtale, le col forme les deux tiers de l'organe (fig. 146, A, B, C).

Dès l'origine, la cavité du conduit utéro-vagiaal est tapissée par l'épithélium C3'lindrique du canal de Millier. Au début du 3° mois, l'épithélium est devenu stratifié sans caractère spécial; mais, dans le cours du même mois, cet épithélium se transforme en épithélium pavimenteux stratifié dans la partie inférieure ou vaginale, tandis qu'il évolue en épithélium cylindrique dans la partie supérieure ou utérine. Les deux épithéliums se continuent par une transition graduelle, qui deviendra brusque au 8'^ mois. Les couches épithéliales du vagin prolifèrent activement, dans le cours du mois, si bien qu'elles remplissent la cavité vaginale, de bas en haut.

Le museau de tanche se montre, au commencement du b» mois, sous la forme d'un bourgeon lamelleux épithélial provenant de l'extrémité supérieure de la masse épithéliale contenue dans lo vagin.

APPAREIL EXCRÉTEUR FEMELLE. 32o

Les sillons délimitant les plis des arbres de vie aj]paraissent vers la fin du mois.

Dans le dernier mois de la grossesse, l'épithélium du col subit une transformation muqueuse et donne ainsi naissance au bouchon muqueux.

Les cellules cylindriques do l'épithélium utérin n'ont pas de cils vibratiles pendant la vie fœtale.

La muqueuse présente des dépressions follicu laires ; les glandes utérines ne se montrent que de la 6'= à la 7'^ année.

Hymen. — Le vagin provenant des deux canaux de MLiller, l'hymen doit être également double, au début. Il apparaît, vers le S" mois, et ne serait, pour les auteurs un peu anciens, qu'une saillie du vagin. Budin, en 1879, résumant l'opinion classique, déclare que l'hymen n'existe pas comme membrane propre, qu'il est l'extrémité antérieure du vagin faisant saillie sur la muqueuse vulvaire, entre les petites lèvres.

Or, Pozzi a rencontré, en 1884, la membrane hymen sur un individu sans vagin. Il a été ainsi conduit à donnera cette membrane une provenance ectodermique, ce que les recherches embryologiques ne justifient pas pleinement. Toutefoi.s, l'hymen ne serait pas simplement dû à la saillie des canaux de Millier dans le vestibule.

ïourneux a montré que les extrémités inférieures des conduits de Wolff participent à la constitution du segment hymonéal du vagin, en se fusionnant avec la portion correspondante des canaux de Millier.

EMBnVOI.OtilE.

ORGANES GÉNITAUX INTERNES

Nous retrouverons l'hymen en étudiant les organes génitaux externes.

Malformations. — On peut observer, du côté de l'utérus et du vagin, des formes variées qui se rattachent à des arrêts de développement.

Il y a des utérus doubles; la soudure des canaux de Millier n'a lieu qu'au niveau du col. Parfois, les mêmes canaux sont presque entièrement soudés, mais ils restent séparés en haut, d'où ïutérus bicorne. A un degré extrême, les deux conduits de Millier restent isolés et l'on a ïutérus didelphe, qui s'accompagne de vagin double.

Dans d'autres cas, ils s'accolent, mais la cloison, résultant de l'adossement dos parois, persiste complète [utérus septus) ou incomplète {utérus subseptus). Cette cloison peut se trouver aussi au niveau du vagin.

Un des canaux de MLiller peut s'atrophier : l'utérus est unicorne.

Enfin, on comprend, qu'un utérus simple peut exister avec un vagin double ; il suffit de jeter un coup d'œil sur le schéma 139.

Le développement spécial de l'hymen permet aussi de comprendre l'existence d'un hymen double avec vagin unique, par persistance de la divergence des deux extrémités inférieures des canaux de Millier. La présence d'une membrane hymen bordant un léger cul-de-sac vaginal, sans vagin proprement dit (cas de Pozzi), s'expliquerait par ce fait, que les canaux de Woltî prennent part à la formation du serment inférieur du vagin.

APl'ARElL EXCRÉTEUR FEMELLE. 327

Restes du corps de Wolff. — Paroophore {Pa, fig. J39). — La portion inférieure du corps de Wolff s'cxlropliie et laisse, comme traces, des traînées jaunâtres composées de petites masses cellulaires, qu'on retrouve, vers le hile de l'ovaire, chez la chienne et la vache. Ces traînées finissent par disparaître et semblent manquer complètement chez la femme adulte, ^^■aldeyer leur a donné le nom de paroophore, pour faire entendre qu'elles sont homologues au paradidyme ou organe de Giraldès de l'homme.

Organe de RosenmOller ou époophoroiN de Val- DEYER. — Le corps de RosenmLiller, situé dans l'aileron de la trompe, est formé par 18 à 20 tubes fluxueux, dirigés du hile de l'ovaire vers la trompe. Leur extrémité aveugle est tournée vers l'ovaire, Tautre extrémité vient s'ouvrir dans un canal horizontal. Ces tubes présentent un épithélium vibralile. Les tubes verticaux proviennent de la partie bupérieure du corps de Wolff et correspondent aux canaux efférenls de l'épididyme.

Le tube horizontal ou tronc collecteur est un reste de Yextrémilii supérieure du canal de Wolff (fig. 139). Ce tube horizontal présente, à l'extrémité qui regarde lepavillon, un renflement vésiculaire (H) qu'on appelle hijdaUde. Il est l'homologue du canal de l'épididyme.

Les dimensions- de l'organe de Rosenraiiller au^mcntenl avec l'âge ; à partir de la ménopause, elles dimmuent cl l'organe subit une atrophie progressive.

ORGANES GÉNITAUX INTERNES

Tourneux (1) a montré que Tépoophoron, tel que nous venons de le décrire, n'est pas dans son intégrité complète. Chez la brebis, par exemple, Ton voit les extrémités internes des tubes verticaux former un i-éseau inclus dans la portion médullaire de l'ovaire, réseau ovarien, homologue au rete testis; de ce réseau, naissent des cordons épithéliaux pleins, connus sous le nom de corthms médullaires, qui se répandent, en s'irradiant, jusque dans la zone corticale ou ovigène de l'ovaire. Ces cordons seraient homologues aux canaux semiuifères.

Chez la femme, l'organe de Rosenmiiller n'aurait plus ni réseau ovarien, ni cordons médullaires.

Restes des canaux de Wolff. — Canaux de Gœrtner. — L'extrémité supérieure des canaux de Wolff persiste en donnant naissance au canal hoi'izontal de l'organe de Rosenmiiller; en outre, les canaux de Wolff (CW) peuvent se retrouver, avec le nom de canaux de Gœrtner, sous la forme de deux longs conduits longeant les parois latérales du vagin, remontant le long de l'utérus et venant se terminer dans l'organe de RoseumliUer ou près de lui. Leur extrémité inférieure ^.'onvve dans le vestibule du vagin par un orifice voisin du méat.

D'habitude, les canaux de Wolff disparaissent en prenant part à la formation des parois vaginales. Mais ils se conservent chez certaines femelles de mammifères (truie, ruminants). On les rencontre

(1) Tourneux F. L'organe de Rosenmûllcr (époophore) et le parovarium (paroopbore) chez les mammifères. Journal de l'anal. 1888.

DliSClîNTE DE l'oVAIRE.

anormalement chez la lemme; ils présentent alors des renflements et des rétrécissements irrégulièreiiifiit disposés. Il peut y avoir des portions atropliiées, si bien que la continuité du canal est interrompue.

D'après FoUin, les canaux de Gœrtner ont une paroi fibro-rausculaire et un épithélium cubique. Ils coutiennent un liquide et peuvent être l'origine de certains kystes des parois latérales du vagin.

Descente de l'ovaire.

La descente de l'ovaire est moins intéressante que celle du testicule. A l'extrémité inférieure de la glande, nous retrouvons le giibernaculum de Hunier. Le mécanisme du déplacement est le môme que pour le testicule. Au 4" mois, les ovaires correspondent à l'angle sacro-vertébral; du o« au

mois, ils sont dans la partie moyenne de la fosse iliaque. Enfin, vers les derniers mois de la grossesse, ils siègent sur les bords de l'excavation du bassinet ont pris une direction horizontale.

Pendant cette descente, la couche ovigène, qui constituait la glande presque en totalité, se replie en gouttière. Dans la concavité de la gouttière se développe peu à peu le bulbe de l'ovaire. Jusqu'à l'âge de trois ou quatre ans, la glande se pi'éscntc sous l'aspect d'un organe aplati en forme d'ellipse très allongée.

Ligament rond. — Le cjubernaculum de Hunter [Gb) formerait, d'après l'opinion classique, le liga-

330 ORGANES GÉNITAUX INTERNES

ment rond de la femme, lequel serait ainsi l'homologue du crémaster. Onpeut faire une objection à cette manière de voir: c'est que le ligament rond devrait, pour justifier cette homologie, s'attacher à l'ovaire.

En terminant ce chapitre, résumons, dans le tableau suivant, les homologies des organes génitaux internes, chez l'homme et chez la femme :

Page 1