Organes de provenance ectodermique indirecte. A. Rétine
Vésicule optique primitive. — Dans ce groupe, trouvent place les organes dérivant de la vésicule optique primitive et de son pédicule, expansions des parois cérébrales qui proviennent elles-mêmes d'une invagination directe de l'ectoderme.
La vésicule optique primitive se modifie bientôt.
La portion externe de sa paroi tend à venir s'appliquer contre la portion interne de la même paroi (VO, fig. 162). Il se produit là, un processus analogue a celui de la formation de la gastrula par invagination. La cavité primitive, prolongement de la cavité cérébrale, se rétrécit de plus en plus pour disparaître enfin (70, fig. 163-164).
Le changement de configuration n'est pas dù à un refoulement exercé par le cristallin, puisque l'invagination commence, avant que le cristallin soit libre; c'est un simple phénomène d'accroissement.
La vésicule optique primitive présente encore une autre invagination, par laquelle la portion inférieure de la paroi s'applique contre la portion supérieure. Cette invagination s'étend même au pédicule de la vésicule ou nerf optique. La figure 165, due à Oscar llortwig, permet de comprendre le double sens, suivant lequel les parois externe et inférieure de la vésicule optique primitive se sont dirigées vers les parois opposées.
La vésicule optique primitive a ainsi fait place à une espèce de capsule à deux feuillets, désignée
sous le'noin de vésicule optique secondaire ou cupule optique (fig. 163-164-165).
Des deux feuillets de cette cupule, l'inlcrne (Fi) (ancienne porlion externe delà vésicule optique primitive) formera la rétine (R) ; l'externe(Fe) lacoiichepigmentaire {Pi). La cavité de la cupule Fio. 105. — REPnKsr:NTATioN {QV) cst la cavité du futur
PLASTIQUE DE LA vis.CULE OP- OCUlairC.
TIQUE SECOKDAinE AVEC LE CUIS- ^
TALLiN ET LE CORPS viTiiÉ (tl'u- Fcuillct înteme de lavé-
près 0. Hertwig). siculc Optique secondaire.
Fe, feuillet externe de l;i Rétine proprement dite. —
vésicule optique secondaire: ^ . .n ■ • i 'n\ i-
Fi. son feuillet interne; Le feuillcl lOtemC [R) SC dlS-
— Ci, cavité intermédiaire ou tingUC , dèS le délDUt , de l'cx-
cavità de la vésicule oculaire ^^^^^ ,p^^ épaiSSisSCprimitive; — C F, cavitc du \ /> i
globe oculaire ou du corps mCUt progressif qul CCSSC,
vitré; — NO, nerf optique avant, suivaut uuc lignc
avec invagination de sou feuil- ,, , mn
let inférieur; - FO, fissure qUl Sera 1 OTO f!mY(/« (0/?,
oculaire. fig. 167), ^ partir de là, jus-
qu'aux bords ( V) de la coupe optique, le feuillet iiiterne est aussi mince que l'autre ; nous les retrouverons tous les deux dans la constitution de la zone de Zinn et dans celle de l'iris.
La rétine proprement dite est donc formée par la partie postérieure du feuillet interne. Elle présente, pendant la vie fœtale, des plis qui disparaissent plus
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tard. Chez le nouveau-né, la membrane est lisse; la tache jaune n'est même pas visible; on ne sait, au juste, à quel moment elle apparaît; on if^nore également les causes déterminant la différenciation histologicjue de cette petite région.
Au début, la rétine est formée par des cellules allongées et fusiformes, qui se multiplient rapidement et se divisent en deux couches : l'une, externe, voisine de l'ancienne cavité effacée de la vésicule op tique primitive, correspond morphologiquement aux cellules épithéliales du canal cérébro-spinal ; l'autre, interne, plus rapprochée de la cavité du globe oculaire, est l'homologue des parois cérébrales. Aussi, est-ce dans cette dernière que nous verrons apparaître les cellules rjanglionnaires, les fihves nerveuses de la rétine et les couches granuleuses inlernes, tandis que l'externe donnera la couche granuleuse externe et la couche des cônes et des bâtonnets. D'après KôUiker et Babuchin, les cônes et les bâtonnets proviennent de la transformation de simples cellules de la couche granuleuse externe. Ce point n'est pas définitivement établi; certains auteurs veulent les considérer comme des produits cuticulaires. Il serait prématuré de conclure. Le fait remarquable est que les cônes el les bâtonnets se développent dans une couche homologue à l'épKhélium de i'épendyme, qui lui-môme est constitué par dos cellules ectodermiqucs.
Feuillet externe de la vésicule optique secondaire. Couche pigmentaire de la rétine. — Par son origine ectodermique, la couche pigmentaire se sépare définitivementdc la choroïde. Elle est d'abord
OilGANES DES SENS.
constituée par deux couches de cellules polygonales. Le pigment apparai t, vers la 4° semaine, dans la couche profonde et dans la région antérieure de la vésicule optique secondaire ; il se propage d'avant en arrière et s'arrête au niveau du pédicule du nerf optique.
Fissure choroidale. — Quand on regarde l'œil d'un embryon de poulet n'ayant pas plus de huit ou neuf jours, on voit, sur le segment inférieur de l'iris, une raie incolore qui semble le diviser dans toute son épaisseur. Or, cette raie non pigmentée se prolonge, à l'intérieur de l'œil, sur le segment inférieur du globe, jusqu'au pédicule optique. Chez l'homme, elle disparaît, de la 6'- à la 7" semaine.
Cette lacune de la couche pigmentaire trouve son explication dans le mode d'invagination des parois de la vésicule optique. La paroi inférieure vient s'appliquer contre la paroi supéineure. Sur une coupe transversale et verticale du globe oculaire (fig. 166), les deux feuillets de la vésicule sont repliés en une gouttière ouverte en bas et dont les lèvres, en se réunissant, ferment définitivement le segment inférieur du globe oculaire. A un moment donné, la vésicule optique secondaire présente donc, à sa partie inférieui-e, une fente qui a reçu le nom impropre de ^sure choroidule; quand les lèvres de la fente se sont soudées, la ligne de soudure reste encore privée de pigment pendant quelque temps.
Anormalement, cette fente ne se ferme pas; on se trouve en présence du colobomu du glube oculaire. Le coloboma peut-être limité à la choroïde ou seulement à l'iris. La sclérotique présente, au niveau de
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la fente, une ectasie irrégulière. La rétine peut manquer, ou tapisser l'ectasie dans toute son étendue ou, enfin, passer au-dessus en formant des replis. La
I-ic. )66. — Coupe thassveusai.e et veuticai.e d'ux ceii, D'EjinuYorf
HCMAIN DE QUATHE SEMAIKES ; VUE DE LA MOITIÉ ANTÉIllEUnE.
Le, feuillet externe de la vésicule optique secondaire ou couche pigmentaire ; — Li, feuillet interne ou rétine proprement dite; — 0, reste de la cavité de la vésicule optique primitive; — V, corps vitré uni au mésoderne extra-oculaire par le pédoncule P qui traverse la fHsure clioroïdale; - N, vaisseaux pénétrant dans l'inlérieur du corps vitre; — C, cristallin, situé sur un pian antérieur (danfès Kollikor). * '
nutrition du cristallin et du corps vitré étant troublée par cette malformation, ces parties ne se développent pas normalement.
B. Nerf optique.
Le pédicule de la vésicule optique primitive est
creux ; quand celle-ci se transforme en vésicule optique secondaire, l'invagination, qui refoule la paroi inférieure contre la supérieure, se propage au pédicule; celui-ci se dispose en gouttière à concavité inférieure {No, fig. i 6S). Les lèvres de la gouttière, en se soudant, emprisonnent, au centre du pédicule modifié ou nerf optique, des éléments mésodermiques, au milieu desquels se développera l'artère centrale de la rétine.
Le pigment s'arrête au niveau du nerf optique; ce dernier perfore simplement le feuillet pigraentaire et s'unit à la rétine proprement dite ou feuillet inférieur de la vésicule.
Le nerf optique a d'abord la même structure que les parois cérébrales et la vésicule optique : il est constitué par des cellules stratifiées. Ses parois s'épaississent et sa cavité disparaît, du globe oculaire vers le cerveau. Le nerf est encore creux à sa base que déjà se montrent les fibres du nerf optique. Leur origine est bien obscure; les uns les font naître sur place, les autres les font aller de la rétine A^ers le cerveau, d'autres enfin du cerveau vers la rétine.
La dernière opinion s'accorde mieux avec les lois qui président au développement des fibres nerveuses. Elle est soutenue par Kolliker : des faisceaux de fibrilles très délicates naissent de la substance grise de la région postéro-inférieure du cerveau intermédiaire. Ces faisceaux s'entre-croisent et se jettent ensuite dans les pédicules optiques. Les éléments cellulaires primitifs du pédicule se transforment en substance d'appui sans caractère distinclif.
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