II. FEUILLET INTERNE 1° CORDE DORSALE OU NOTOCORDE
Dès le 9" jour, on voit se délimiter, au-dessous et tout le long de la gouttière médullaire, un cordon cellulaire, placé immédiatement au-dessus du feuillet interne {ch, fig. 46, Cd, fig. 48) : c'est la corde dorsale ou notocorde.
Kolliker la considère comme une portion isolée du mésoderme.
La plupart des auteurs la font provenir de l'entoderme. Reportons-nous au développement de l'amphioxus. A un moment donné, l'entoderme primitif fournit trois culs-de-sac : un médian, deux latéraux (voyez fig. 21, p. 4S). Nous avons déjà dit que les deux culs-de-sac latéraux formaient le mésoderme. Le cul-de-sac médian forme la notocorde. C'est d'abord une gouttière à concavité tournée vers la cavité intestinale et dont la courbure s'accentue rapidement jusqu'à occlusion et transformation en un cordon cellulaire plein. Celui-ci s'isole ensuite de l'entoderme primitif dont la continuité se rétablit pour constituer l'entoderme définitif, après la production des deux culs-de-sac latéraux mésodermiques. Ce processus, que Kowalevsky a parfaitement décrit chez l'amphioxus, Lieberkuhn et Heape l'ont retrouvé chez les mammifères; Kollmann a constaté, tout récemment, sur un embryon humain de 14 à 16 jours, la formation
CANAL NEURENTÉRIQUE. 81
do la corde dorsale aux dépens de l'entoderme (1).
La iiotoeordc s'étend du milieu des vésicules cérébrales jusqu'à l'extrémité caudale de l'embryon.
2° CANAL NEURENTÉRIQUE.
La formation de ce canal est fort simple chez ïamphioxus. La larve gaslruléenne a d'abord la forme d'un ballon ouvert à sa partie inférieure (B, 1, tlg. 47) ; ce ballon se couche sur un côté en s'aplalissant, si bien que le blastopore est porté en
FiG. 47. — TRÂNSFOnilATIONS DE LA LABVB DB l'asiPUIOXUS (schéllia).
B, lilaslopore; — S, face supérieure ou dorsale.
arrière (6, 2); ce mouvement continuant, la bouche gastruléenne finit par se trouver à l'extrémité postérieure et à la face dorsale du corps (B, 3). Or, c'est sur la face dorsale (S) que se forme la gouttière médullaire d'avant en arrière (Gm,fig. 21, p. 45) ; il est donc facile de comprendre qu'en arrière, la gouttière, communiquera avec la cavité intestinale primitive par le blastopore. Le système nerveux central s'ouvre ainsi dans la cavité digestive et le canal, qui unit ces deux systèmes, est le canal neurentêrique (Cîi, fig. 48).
(IJ Kollraaiu), Analomischei' anzeiger, Jena, 1890.
82 ÉBAUCUE DE l'embHYON.
Kowalevsky, le premier, a bien observé cette formation chez Tamphioxus.
Casser (1879) a découvert, ciiez les oiseaux, une disposition analogue, dont il était d'ailleurs facile de supposer l'existence. La ligne primitive, en effet, homologue au blastopore, donne accès dans la cavité sous-germinale qui est homologue à la cavité digcstive primitive. D'autre part, la ligne pri-
his^ Cp. Pr.
FlG. 48. CouPB LONGITUDINALE DIAG UAMMATIQUC DE l'cxTIIÉMItÉ POSTÉ-
RIBURB Wva EMBRYON d'oiseau (d'appès Balfourj.
Ep, ùpiblaste ; — Gm, canal neural ou méduUiiire ; — Cd, corde dorsale ; — nn, point où se formera l'anus : — Ipa, intestin post-anal ; — Cîi, canal neurentérique ; — al, allautoïde ; — Pr, restes de la ligne primitive ; — i/s, inésoblaste ; — Cp, cavité périviscérale ou cœlome externe ; — Atn, repli amniotique.
mltive, par son extrémité antérieure, est en rapport avec l'extrémité postérieure de la gouttière médullaire. L'existence d'une communication entre Taxe nerveux central et la cavité digestive primitive ou, autrement dit, l'existence du canal neurentérique se comprend donc sans peine. Sur la coupe schématique empruntée à Balfour (flg. 48), il est aisé de se