DESTINÉE DE LA CORDE DORSALE
Il y a, pour chaque vertèbre, trois centres d'ossification principaux ou points primitifs : un pour le corps, deux pour les lames. Les lames donnent naissance'aux apophyses transverses et articulaires; à leur point de réunion, se trouve une masse cartilagineuse qui formera l'apophyse épineuse.
La soudure des lames entre elles se fait pendant la première année. Celle des lames avec le corps, de la 1" à la 8'^ année.
Nous n'énumérerons pas ici tous les points osseux primitifs et complémentaires des diverses vertèbres. Nous ajouterons seulement que l'ossification se fait lentement : les vertèbres du sacrum ne se soudent qu'à dix-huit ans. L'ossification du coccyx ne se termine qu'à cet âge.
Destinée de la corde dorsale. — Quand les vertèbres définitives apparaissent, la corde dorsale prend un aspect moniliforme; elle se renfle dans les espaces intervertébraux, s'effile dans le corps de la vertèbre (fig. 70).
La portion renflée perdra sa gaine et formera la substance molle et visqueuse qui occupe le centre du disque. A soixante ans, cette substance devient fibreuse et la corde dorsale ne laisse plus de vestiges.
Dans le corps de la vertèbre, la portion effilée de la corde se transforme en un axe de tissu compacte, au moment oii se fait l'ossification du corps.
L'apophyse odontoïde de l'axis est traversée par la corde, qui se prolonge même dans le ligament suspenseur de fapophyse; la notocorde disparaît.
COLONNlî VERTÉBRALE.
cet endroit, de la 2" à la 3^ année. Ces faits ont permis d établir que l'apophyse odontoïde représente le corps de l'atlas. Au niveau du sacrum, la corde dorsale persiste jusqu'à J'àge de neuf à douze ans.
Tel est le mode de développement de la colonne vertébrale. A un moment donné cette colonne .Q^ présente chez l'embrvon plus de vertèbres que chez l'adulte.
Vertèbres caudales. — On donne le nom de caudales aux vertèbres situées en arrière du sacrum, c'est-à-dire aux vertèbres coccygiennes. Le coccyx de l'homme adulte est formé par quatre ou cinq vertèbres: celui
GITDDINALE DE QUEL- J T, ■ . ,
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EMDHTON DE HUIT SE- OU trOlS.
On s'est demandé si, pendant la Cl), corps de lavertè- période embryogéuique, l'homme saie'(d'api4s Koiiike,-)! Présentait pas une queue, en réservant ce nom à un prolongement de la colonne vertébrale situé hors du tronc. Il est bien entendu que nous laissons de côté les divers appendices tératologiques siégeant à l'extrémité inféro-postérieure du tronc.
La réponse doit être affirmative. En 1885, Fol a montré, dans une note à l'Académie des sciences, que J'embryon humain, depuis l'âge de trois semaines jusqu'à celui de deux mois, est porteur d'un
Fie. 70. CODPE LON-
MALFORMATIONS
appendice cylindro-conique qui se détache nettement de l'extrémité du tronc et dont l'axe est occupé par les vertèbres coccygicnnes (fig. 83, 84, 85 p. 190 et 191). Il a établi aussi qu'à la 5" semaine, Tembryon humain possède un nombre de vertèbres supérieur à celui de l'adulte. Il porte, en effet, trente-
huit vertèbres. , . ,„pt.;wn ....,r ,.'.!,,
L'extrémité même de la queue est, formée par la terminaison du tube médullaire.
A la 6" semaine, les 38% 37% 36" vertèbres se confondent, la do" n'a plus de limites nettes. Un peu plus tard, l'embryon n'a plus que trente-quatre vertèbres, la 34° résultant de le fusion des quatre dernières. La queue est alors moins proéminente. Pour Fol, et il ne peut en être autrement, cet appendice transitoire doit être classé au nombre des organes qui rappellent le passé ancestral.
Malformations. — Spina-bifida ou hydrorachis. — Le développement du rachis nous permet de comprendre le vice de conformation décrit sous le nom de spina-bifida ou lujdrorachis. On désigne ainsi une fissure des arcs vertébraux, à travers laquelle font ordinairement hernie la moelle et ses enveloppes, accompagnées d'une certaine quantité de liquide.
Le spina-billda se présente donc sous la forme d'une tumeur molle plus ou moins pédiculée. Il siège le plus souvent à la région lombaire, puis à la région cervicale, exceptionnellement au dos.
C'est qu'en effet la région dorsale est la première à se fermer.
COLONNE VERTÉBRALE
Mais il peut y avoir spina-bifida sans tumeur ; alors, au niveau de la fissure, la peau s'arrête et s'unit à la dure-mère.
Cette lésion est due à un arrêt de développement ayant porté sur une ou plusieurs vertèbres. L'arrêt se présente sous plusieurs formes : 1° l'apophyse épineuse manque, les lames restent écartées; 2" les lames se sont arrêtées dans leur extension en arrière, le canal reste ouvert ; 3° enfin le corps de la vertèbre peut être aussi divisé, affirmant ainsi sa dualité primitive.
L'arrêt de développement peut affecter, non seulement la portion osseuse, mais encore toutes les parties molles. Les crêtes dorsales ne se sont pas réunies. Alors la moelle, sous forme de gouttière non fermée, est baignée par les eaux de l'amnios.
A la région coccygienne, sur la ligue médiane, immédiatement au-dessus de l'auus, il est fréquent de constater les vestiges de l'ouverture des lames dorsales. Tout récemment, dans la séance de la Société de chirurgie du 31 juillet 1889, Desprès attirait l'attention sur ce point. Ces vestiges consistent en une fente delà peau. 11 peut y avoir aussi inclusion épidermique, d'où kyste sébacé dont l'inflammation et l'ouverture peuvent laisser des fistules.
Il COTES ET STERNUM - PAROIS THORACIQUES ET ABDOMINALES
Les côtes et le sternum se rattachent à la colonne vertébrale par le développement.
COTES ET STERiNUM.
Côtes. — Les côtes sont des produits des protovertèbres qui pénètrent, à l'état membraneux, dans l'épaisseur de la paroi abdominale primitive.
Au 2'= mois, ces bandes mésodermiques deviennent cartilagineuses comme les vertèbres. Elles s'avancent, en descendant vers la ligne médiane inférieure.
Avant d'avoir atteint la ligne médiane, les sept premières côtes, s'unissent, de chaque côté, en une bande cartilagineuse qui formera la moitié correspondante du sternum.
Les vertèbres lombaires émettent aussi des cartilages costaux rudimentaires qui se soudent aux apophyses transverses. Ce sont les apophyses costiformes. La première vertèbre lombaire émet quelquefois une véritable côte ; il existe alors treize côtes.
On peut trouver la môme disposition dans la région du cou, au niveau de la 7" vertèbre cervicale. Les lames antérieures des apophyses transverses des vertèbres cervicales sont des côtes rudimentaires.
L'ossification commence, à la fin du 2» mois, par un point situé à l'angle de la côte.
La tête et la tubérosité s'ossifient par un point complémentaire qui se montre de huit à quatorze ans. A vingt-cinq ans, toutes ces parties sont soudées entre elles.
Sternum. — Les deux bandes cartilagineuses, unissant les sept premières côtes de chaque côté,' sont les deux moitiés du sternum. Elles se soudent entre elles de haut en bas. La soudure peut être incomplète et le sternum présente alors une fissure au-
E.MBRYOLOCIÈ. q
COLONNE VERTÉBRALlî.
dessus de laquelle passe la peau. L'appendice xiphoïde se développe à part.
L'ossificalion débute au 6'= mois de la vie fœtale. Il existe un point osseux pour le manubrium, un pour l'appendice; de quatre à treize pour le corps. Ces derniers se fusionnent en trois ou quatre segments volumineux.
Parois thoraciques et abdominales. — Les parois thoraciques et al^dominales, d'abord confondues, forment ensemble la lame ventrale primitive. Celle-ci est constituée, de chaque côté, par l'ectoderme et la lame fibro-cutanée du mésoderme, c'est-à-dire par la somatopleure. Les deux lames ventrales tendent à se réunir sur la ligne médiane; la paroi primitive ainsi réalisée est connue sous le nom de membrane unissante inférieure de Bathlie.
Les lames latérales mésodermiques, d'abord séparées des protovertèbres, ne tardent pas à se souder avec elles. Cette soudure faite, les protovertèbres envoient, dans la lame fibro-cutanée de la paroi thoraco-abdominale, sous la forme de prolongements, les différents produits des protovertèbres : côtes, muscles venant plus spécialement des lames musculaires et formant les muscles intercostaux et abdominaux, etc.
Les plans musculaires, visibles dès le 2° mois, atteignent la ligne médiane au troisième.
Cette pénétration des produits protovertébraux divise la lame fibro-cutanée en deux portions : une externe formant le derme cutané ; une interne constituant le feuillet fibreux pariétal de la séreuse.
CHAXE MEMBHANEUX.
La région dorsale se ferme par la juxtaposition, au-dessus du rachis, des lames musculaires qui liiriiient lesmuscles spinaux. Lalame iîbro-culanée, après son union avec les masses protovertébrales, ruvoie en arrière un prolongement, qui passe entre les lames musculaires et l'ectoderme pour former le derme cutané du dos.