DU DEUXIÈME JOUR
CVi, deuxième vésicule cérébrale; — Ch, corde dorsale; — Pli, pliarynx ; — Ao, aortes; — Sh, sinus buccal; — Ar, arc aortique; — £■(1, eutoderme ; — Ec, ectoderme ; — Me, mèsodernie (d'après Kôlliker).
Aujourd'hui, l'on admet généralement que le pharynx et l'œsophage sont formés aux dépens de l'entoderme et, plus particulièrement, aux dépens de Vaditus anlerior.
Sur une coupe longitudinale d'un embryon (fig. 86, p. 202), on voit que la paroi antérieure de Vaditus anterior [A a) est formée par le repli céphalique. Ce repli comprend les deux feuillets primaires de l'embryon,
PUAHYNX ET CESOPHAGK.
entre lesquels ont pénétré les lames mésodermiques.
Si l'on examine une série de coupes transversales, on constate alors que le proenteron est en rapport,
en haut, avec l'appareil ijranchial et, plus bas, avec la paroi thoracique. Or, sur les coupes faites au niveau de 1 appareil branchial, le mésoderme enveloppe le
TUBE DIGESTIF
pharynx sans se dédoubler (fig. 90) ; plus bas, on voit les lames latérales se diviser en deux feuillets et on retrouve la cavité pleuro-péritonéale (Pp, fig. 91).
Le proenteron est en rapport, en avant, avec la partie la plus antérieure de la cavité pleuro-péritonéale qui formera la cavité péricardique {Pc, fig. 91); par sa face postérieure, avec la notocorde et les protovertèbres.
Son extrémité supérieure, d'abord séparée de la cavité buccale par la membrane prépliaryngienue, (flg. 86, p. 202), communique ensuite largement avec cette cavité, par suite de la disparition de la membrane (fig. 87, p. 203).
Au début, le proenteron est tout entier consacré au pharynx. Celui-ci, par son extrémité postérieure, donne naissance à deux tubes épithéliaux : l'un antérieur [Br, fig. 87, p. 203), rudiment de l'appareil respiratoire ; l'autre, postérieur, fait suite au pharynx et forme l'œsophage (OE,.fig. 87).
Reste maintenant à expliquer comment l'épithélium de l'œsophage et du pharynx se différencie de Tépithélium intestinal. Pendant la vie fœtale, la transition entre l'épithélium de l'œsophage et celui de l'estomac se fait graduellement. L'observation montre, en outre, que la future portion sus-diaphragmatique du tube digestif passe par une succession de formes épithéliales très différentes les unes des autres. Elle est d'abord, comme le reste de l'intestin, à épithélium pavimenteux simple, puis à épithélium cylindrique simple. Ensuite, l'épithélium -devient cylindrique stratifié, cylindrique stratifié à cils vibra-
HYPOPHYSE. ^{'1
liles, et enfin il est stratifié'à type épidermique; l'épilliéliiim cj'lindrique à cils vibratiles ne persiste que dans l'arrière-cavité des fosses nasales. Un épithélium pavimenteux stratifié dérive ainsi de l'entoderme.
L'allongement de la colonne vertébi^ale entraine l'allongement du pharynx et de l'œsopliage.
Les papilles et les glandes se montrent après le
mois.
A cette partie du tube digestif se rattache un organe annexe, l'hypophyse.
Formation de l'hypophyse. — L'hypophyse ou corps piluitaire est un organe du volume d'un pois; situé au niveau de la selle turcique, sous la tenté de l'hypophyse. La tente est percée d'un trou par lequel passe la tige du corps pituitairc qui relie ce dernier au plancher du 3" ventricule.
Ce petit corps est composé de deux lobes, l'un antérieur ayant la structure d'une glande vasculaire sanguine, l'autre postérieur renfermant des éléments nerveux. Les deux lobes sont séparés par une cloison conjonctive.
Le lobe postérieur se rattache manifestement au système nerveux central dont il est un prolongement.
La provenance du lobe antérieur a été, au contraire, diversement interprétée : les uns y voyant uné inclusion de l'extrémité antérieure de Vadilus anlerior, les autres un diverticulum de la cavité buccale (f/y, fig. 87, pag. 203).
Cette dernière opinion a prévalu. Il ressort des récents travaux que l'invagination hypophysaire se fait, en avant de la membrane prépharyngiennei
E.MIlilVOLOGlE. j[3
TUBE DIGESTIF
dont les restes se voient entre Uy et //p/t sur la figure 87. Le diverticule épithélial traverse le crâne membraneux; plus tard, quand le crâne est devenu cartilagineux, l'exlrémilé renflée du saccule hypophysaire est encore rattachée à l'épithélium buccal par un pédicule dont la disparition laisse, isolée dans Je crâne, cette invagination de la muqueuse buccale.
La poche hypophysaire se met souvent en rapport avec l'extrémité coudée de la notocorde.
Seessel a montré encore qu'en arrière du diverticule qui vient d'être décrit, il se produit une poche accessoire {Hph, fig. 87, pag. 103); d'après l'auteur, elle pourrait être l'origine de la bourse de Luschka ou glande de Tornwald, cavité sacculaire s'ouvrant par un petit orifice sur la ligne médiane du pharynx, au niveau de l'apophyse basilaire. Nous n'acceptons pas cette origine ;la glande de Tornwald est, d'après nos recherches, un crypte amygdalien très développé.