L'ART DEPUIS I
Entre plusieurs de ces artistes, malgré la diversité d’origines, bien des traits communs pourraient être notés. Il en est un du moins que je veux signaler en terminant. Tandis que la peinture d’histoire, telle qu’on l’entendait autrefois, perd de sa vogue, de jour en jour s’étend le domaine de la peinture sociale. Les artistes s’attachent avec une sollicitude plus vive à reproduire les types et les scènes de la vie populaire; ils suivent l’ouvrier dans la rue, à l’atelier, dans sa demeure; ils cherchent à exprimer son labeur, ses sentiments, ses joies, ses tristesses. Par là ils entrent en communion plus directe avec cette démocratie qui, sous des formes diverses, tend à conquérir dans tous les pays une plus large place au soleil. Tels, pour ne citer que quelques noms, Roll. Rafaelli, Legros, Friant, Butin, Geoffroy, Adler, en France; Constantin Meunier, Frédéricq, en Belgique; Israëls, en Hollande; Liebermann, en Allemagne. Mais il ne suffit pas que les artistes reproduisent la vie du peuple, il faut qu’ils travaillent pour lui. Si, le plus souvent, les œuvres d’art du passé ne peuvent être comprises et goûtées que par ceux qu’une certaine culture et la connaissance de l’histoire y ont préparés, ce serait une erreur de croire que l'àme populaire n’est point apte aux jouissances artistiques et qu’elles doivent rester le partage d’un petit nombre d’initiés. Sans doute, il ne faut point exagérer le rôle de l’art dans l’éducation morale du peuple, mais il n’en reste pas moins qu’il peut être pour tous, sans distinction de fortune ni de condition, une source de belles pensées, de nobles sentiments, de généreuses émotions.
Les artistes doivent donc rechercher quelles sont les œuvres qui éveilleront chez le plus grand nombre ces sentiments et ces émotions. L’art ainsi compris doit contribuer de plus en plus à la décoration de nos monuments publics, de nos places, de nos rues; il doit, sous forme de reproductions ou d’images, pénétrer dans les plus modestes demeures et y introduire un rayon de beauté. A se rapprocher ainsi du peuple, les artistes ne risquent point de se diminuer, ils y trouveront, au contraire, comme un renouveau de forces et d’inspiration.
L ART CONTEMPORAIN
Bibliographie.
Consulter plusieurs des ouvrages cités à la bibliographie du chapitre précédent, et en outre :
L'Art français en 188g. sous la direction d’Antonin Proust. — Les études publiées dans la Galette des Beaux-Arts, la Revue de l'art ancien et moderne à l’occasion de l’Exposition universelle.de 1900. — Dubufe, Geffroy, André Michel et Pascal, Rapports des jurys internationaux sur les œuvres d’art à l’Exposition universelle de igoo, 1904. — Geffroy, la Vie artistique, recueil d’études et d’articles, huit sériés parues, dont la troisième consacrée à l’impressionnisme. — Bénédite, le Musée du Luxembourg (s. d.). — De la Sizeranne, Questions d'esthétique contemporaine, 190^.. — Mauclair, l'Impressionnisme, son histoire, son esthétique, ses maîtres, 1904; De Watteau à Whist 1er, 1905.— bignac, D’Eugène Delacroix au néo-impressionnisme, 1899. — Lorquet, la Peinture française contemporaine, les maîtres d’aujourd’hui, 1900. — Vachon, Puvis de Chavannes, 1900. — Duret, Manet et son œuvre, 1906; Histoire des peintres impressionnistes, 1906. — Nenot, la Nouvelle Sorbonne, 1904. — D’une manière générale, les études sur les salons, les artistes contemporains, parues dans les principales revues d’art.
Gurlitt. Die deutsclie Kunst des XIX,en Jahrhundert, 1900. — » De la Mazelière, la Peinture allemande du XIXe siècle, 1900.
De la Sizeranne, Ruskin et la Religion de la Beauté 1899; la Peinture anglaise contemporaine, 1904. — Chesneau, la Peinture anglaise (Bibliothèque de l’enseignement des Beaux-Arts). — Dayot, la Peinture anglaise, 1907. — Muther, la Peinture belge au XIXe siècle, trad. par de Mot, 1905. — Camille Lemonnier, l’Ecole belge de peinture de i83o à igo5.