FIG. 72. — BOUDDHA JAPONAIS
(xyiii* siècle.)
Telles sont, sommairement indiquées, les grandesépoques
hist. de lart.
LE MOYEN AGE
de l'art japonais. Si l’on cherche à en classer et à en caractériser les principales manifestations, l’architecture rappelle celle de l’Inde par le fouillis des lignes et l’abondance des ornements; elle s’en distingue par des différences de matériaux qui amènent des différences de formes : l'architecte japonais emploie de préférence le bois, c’est un charpentier ingénieux et habile Le temple de Yéyos à Nikko est un des chefs-d’œuvre de l’architecture japonaise (fig. 71).
La-sculpture, dès le vme siècle, produit des œuvres d’un modelé savant et d’une remarquable énergie d’expression. Ces œuvres anciennes sont même souvent d’un style plus libre, d’un réalisme plus sincère que celles de l’époque moderne. Une superbe statue en terre représentant Tamontén permettra d’en juger (fig. y3).
Au xi® siècle, Jocko, ou Djyau-Tchô, le fondateur de l’école de sculpture de Nara, fut un artiste de grand talent. Ounkei, Kwaikeisont les grands maîtres du xii* siècle. Dans la suite la grande sculpture a plutôt décliné pour faire place à l’art des figurines, à la sculpture industrielle. Le bronze est la matière par excellence où s’exerce l’artiste, il en varie les colorations, il le plie aux conceptions les plus diverses. Ici ce sont les Bouddhas impassibles (fig. 72); là, au contraire, la vie bouillonne, des guerriers brandissent leurs armes avec de farouches contorsions, des dragons s’accrochent aux flancs des vases, 1er. animaux s’agitent, saisis dans le jeu de leurs mouvements, les feuilles et les fleurs s’épanouissent et.s’entrelacent, les lignes se brisent, ondulent avec une variété et une souplesse qui charment le regard.
On peut suivre, depuis une époque reculée, et par des œuvres authentiques, le développement de la peinture japonaise. Les œuvres les plus nombreuses sont des kakémonos ou makimonos , rouleaux peints, décoration mobile dont on orne les parois des temples et des maisons. Dès l'époque des Foujiwara, la grande école de peinture de Tosa s'inspire de la nature japonaise, reproduit les paysages et les types du pays. Les artistes de Tosa cultivent le grand art, ils traitent les sujets historiques et religieux, ils travaillent pour l’aristocratie. Ils ont un style fin, mais parfoisconventionnel, s’attachent minutieusement au détail. Depuis la fin du xvi* siècle, c'est l’école de Kano qui se
l’art japonais.
place au premier rang : les peintres de Kano ont des aspi-