‹ Précis d'histoire de la littérature espagnoleChapitre 175 sur 263 · Résumé Historique · texte numérisé non relu

Résumé Historique

Felipe V, Kl animoso. 1700-1724. — Luis I. 17-24. — Felipe V, de nouveau, 1724-1746. — Fernando VI, 1746-17.")9. — Carlos III, 1739-1788. — Carlos IV, 1788-1808.— Occupation française; José Bonaparte, 1808-1814. — Fernando Vil, 1814-1833.

L'avènement de la dynastie française des Bourbons est, à tous les points de vue, une date importante. Mais les conséquences, en somme heureuses, qu'il allait avoir pour LEspagne, devaient être lentes à se faire sentir. La guerre de succession, qui ne se termina que par les traités de Vienne, en 172o, et de Séville, en 1729, d'autres luttes en Afrique, en Italie, en Amérique, occupèrent toute l'activité du Roi el achevèrent d'épuiser la nation. L'inlluence française, toute puissante d'abord, céda à l'influence italienne lors du mariage de Felipe V avec Isabelle Farnèse, de la chute de la princesse îles Ursins et de l'arrivée au pouvoir d'Albéroni. Les règnes de Fernando VI, et surtout de Carlos III, réalisèrent un progrès dans la situation politique ou sociale de l'Espagne et dans l'état général de sa civilisation. Carlos fut l'un des plus éclairés monarques du siècle et il rencontra, ainsi que ses prédécesseurs, d'habiles ministres, Somodevilla, Marquis de la Ensenada, Aranda, Floridablanca, Campomanes, Olavide, etc. Dans toutes les branches de l'administration, commerce, industrie, agriculture, finances, de sages mesures furent prises, qui

commencèrenl à réparer les maux dont suuiïr;iit la monarchie. Malheureusement, le règne de Carlos IV^ vint arrêter, compromettre même ces progrès. Les guerres, les rivalités entre favoris, les scandales au sein de la famille royale elle-même, la dégradante influence de Manuel Godoy, Prince de la Paix, replongèrent l'Espagne dans des embarras et des périls où elle perdit le bénéfice du règne précédent . Napoléon allait en faire une province de son vaste emjiire jusqu'au moment où le vif sentiment du patriotisme, appuyé d'ailleurs sur les solides armées anglaises, reconquit l'indépendance nationale et éleva sur le trône le triste et fourbr Fernando VII, u le Désiré ■>.

Au point de vue littéraire, cette période, que nous nommons le Xéo-Classicisrae, pourrait se caractériser par la prédominance des idées et des œuvres fianijaises, qui est complète sous Carlos III. Le rayonnement de la civilisation française d'aliord ri l'avènement des Bourlions exidiqucnl suffisamment citte iniluence et en |»récisent le caractère. A côté de la France, c'est l'Italie toujours et, pour la première fois, l'Angleterre qui fournissent des directions et des modèles. Le courant venu d'Angleterre, canalisé en partie par la France, entre alors en Espagne. Dans ce pays, si mal préparé en apparence à le recevoir, il produira des effets et des mélanges curieux, que Ton pourra étudier, par exemple, dans Meléndez, dans Cadalso ou dans Jovellanos. Vers la fin du siècle, les barrières qui isolaient le pays du reste de l'Europe, s'entr'ouvrent. Les idées, les livres, les œuvres de l'étranger commenci-nt à entrer plus aisément. Les échanges inlernalionaux sont |)lus fréquents. Les hommes d'État, les diplomates, les émigrés se font, auprès de l'élite de la nation, 1rs introducteurs des nouveautés philosophiques ou littéraires. Car, c'est par en haut, et jiarfois avec la collaltoralion inconsciente du pouvoir, que la révolution nécessaire se fera. Les vieilles universités, obstinément attachées à la routine, les grands corps de l'Etal, h' clergé, le fanatisme populaire essayent, de tout leur pouvoir, de s'y opj)Oser. Malgré tout, el en dehors d'eux, l'éiuililion.

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