‹ Précis d'histoire du Canada à l'usage des écoles primaires [microforme]Chapitre 16 sur 69 · DÉVOUEMENT DE DOLLARD · texte numérisé non relu

DÉVOUEMENT DE DOLLARD

M. d’Aiïlleboust vint en 1648 remplacer M. de Montmagny, car le roi avait décidé que les gouverneurs seraient changés tous les trois ans. En même temps le souverain créait à Québec un conseil supé. rieur : le gouverneur, l’ancien gouverneur, le r:cteur des Jésuites, et trois colons devaient en faire partie. Plus tard l’évêque, quand il y en aurait un» remplacerait au çonseil le supérieur des Jésuites,

C’est sous le gouvernement de M. d’Ailleboust que les Hurons furent exterminés par leurs terribles ennemis les Iroquois, dans les années 1648 et 1649,

Sept cents personnes, outre le père Daniel, furent massacrées dans la bourgade Saint-Joseph, quatre cents dans le village de Saint-Ignace. Les Hurons de la bourgade de Saint-Louis, encouragés par leurs missionnaires, offrirent une résistance héroïque, mais ce fut en vain, et les Iroquois se vengèrent de leurs pertes sur les pères de Brébœuf et Lalemant. Ils leur firent subir des tortures inouïes, allant jusqu’à leur attacher autour du cou des plaques de fer rouge.

Exaspérés de l'intrépidité du Père de Brébœuf, qui ne cessait, dans ses souffrances, d'encourager les autres victimes, ils lui coupèrent les lèvres, lui enfoncèrent un tison ardent dans la bouche. Enfin ils le sculpèrent et lui versèrent de l'eau bouillante

ii sur la tête. Les deux apôtres expirèrent presqu'en même temps, et se suivirent au ciel à quelques minutes d'intervalle.

Le village de Saint- Jeun, qui comptait six cents familles subit le même sort, et le Père

Grarnier y perdit la vie.

LE PÈRE DE BRÉBŒUF. Les Hurons qui échap-

pèrent à ces massacres s'enfuirent, les uns chez les peuplades voisines ou dans les îles du lac Huron, les autres, en assez grand nombre, fondèrent auprès de Québec le village de Lorette, qui existe encore aujourd'hui.

Débarrassés des Hurons, les [roquois songèrent à massacret tous les Français. C'était en 1660. M. Voyer d’'Argenson avait succédé, comme gouverneur à M. de Lauzon, qui lui-même, avait remplacé M. d’Aïllcboust. Les Iroquois, au nombre de près de douze cents guerriers, se dirigeaient sur la colonie, pour détruire Ville-Marie et Québec. M. de Maison-

neuve avait bien reçu un renfort d’une centaine de colons, accompagnés de la Mère Marguerite Bourgeoys, la vénérable fondatrice de la Congrégation de Nntre-Dame, mais qu'était-ce auprès du grand nombre d’ennemis qui allaient fondre sur la ville naissante ?

Confiants néanmoins dans le secours de Dieu, les habitants se mirent à barricader avec ardeur leurs maisons, à percer des meurtrières, Mais un nouveau Gédéon allait les sauver avec une poignée d'hommes.

Quarante Hurons et six Algonquins, désireux de combattre l'ennemi partout où ils le rencontreraient, étaient arrivés à Montréal. Un jeune homme, Dollard, se joignit à eux avec seize autres Français.

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