MGR, DE LAVAL
sorte qu'il y eut des conflits d'autorité entre ces deux pouvoirs. Finalement l'abbé de Queylus dut retourner en France, Il revint dans la colonie quelques années plus tard, et une harmonie complète règna entre le prélat et lui.
Mgr de Laval eut à soutenir une lutte beaucoup plus longue contre les gouverneurs au sujet de la traite de l’eau-de-vie. En échange de leurs fourrures, les sauvages demandaient de Ia poudre, des armes à feu, du drap, mais surtout de l’eau-de-vie, qu'ils appelaient eau de feu. Pour ne pas les voir tous abandonner les agents de la Compagnie des Cent Associés, et aller trafiquer avec les commerçants anglais et hollandais, les gouverneurs avaient d’abord fermé les yeux sur la traite des liqueurs fortes. Mais les missionnaires se plaignaient des désordres que l’eau-de-vie produisait chez les enfants des bois : aussi la vente en fut-elle strictement défendue.
Un malheureux incident changea les dispositions du gouverneur M. d’Avaugour, qui avait remplacé M. d’'Argenson.
Une femme avait été surprise à donner des liqueurs fortes à un sauvage : elle fut jetée en prison. Le père Lalemant vint demander à M. d'Avaugour le pardon de la coupable. Le gouverneur résista, et dans la chaleur de la discussion, déclara que désormais la vente de l’eau-de-vie ne serait plus défendue.
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Mgr de Laval, qui était très influent auprès du roi, fit rappeler M. d’'Avaugour et le fit remplacer par un de ses amis, M. de Mésy ; muis l'évêque rencontra bientôt la même opposition chez le nouveau gouverneur, qui en outre oublia le respect qu'il devait au grand âge et à la dignité du prélat.
Mgr de Laval en appela au monarque, qui décida que M. de Mésy serait jugé.
Le marquis de Tracy, nommé vice-roi des colonies françaises de l'Amérique, M. de Courcelles, choisi comme gouverneur du Canada, et M. Talon, le premier intendant de la Nouvelle-France, devaient venir juger M. de Mésy, mais il mourut avant leur arrivée.
L'année 1663 qui avait commencé par un terrible tremblement de terre, fut fertile en changements importants dansla colonie : la Compagnie des Cent Associés remit au roi tous ses droits et celle des Indes Occidentales consentit à la remplacer. Le Conseil Souverain fut créé pour l'administration de la justice et la disposition des deniers publics : trois cours de justice, devant dépendre de lui, furent établies à Québec, à Montréal et à Trois- Rivières.
Le Conseil Souverain fut composé de l’intendant, du gouverneur, de l’évêque, de cinq conseillers et d’un procureur royal.
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Dans le même temps, la Société de Montréal cédait l’île de Montréal au Séminaire de St-Sulpice, qui devenait ainsi Seigneur de l’île.
Une des premières décisions du Conseil Souverain fut l'établissement de la dîme, qui fut fixée au vingtsixième ; c'est-à-dire que le Conseil ordonna que les cultivateurs auraient à payer pour l'entretien de leurs prêtres la vingt-sixième partie du grain récolté par eux.
QUESTIONNAIRE
l. Qui fut le premier évêque de Québec ? Que fonda:t-il ?
2. Avec qui Mgr de Laval eul-il des démêlés au sujet de Ja juridiction religieuse ?
3. Pourquoi le clergé s’opposait-il à la traite de l’eau-devie ? Pourquoi les traitants tenaient-ils à en vendre aux sauvages ?
4, En quelle circonstence M. d’Avaugour cessa-t-il de s'opposer à la traite de l’eau-de-vie ?