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Cette expédition eut le même résultat que celui qu'obtinrent plus tard M. de Denonville, et ensuite M. de Frontenac. Après une marche pénible, on arrive chez les sauvages: maïs tout a fui dans les bois à l'approche des Français, on ne trouve que des huttes, d'immenses provisions de maïs pour l'hiver, et quantité de pourceaux. Du moins, si on ne peut châtierles barbares directement, on leur infligera quand même une punition terrible : le feu est mis aux cabanes et au maïs, les porcs sont égorgés, aussi un grand nombre de ces farouches ennemis moururent de faim pendant l'hiver.
Un autre fléau se joignit à celui de la famine : en 1670 et dans les années suivantes, la petite vérole enleva des centaines d’[ndiens.
Le marquis de Tracy repartit pour la France, et son départ fut suivi de près par celui de M. de Maisonneuve, qui fut remplacé par M. Perrot, comme gouverneur de Montréal. M. de Maisonneuve mourut à Paris en 1676.
Quelque temps après, la paix fut un instant compromise : des colons et soldats ayant assassiné des naturels pour leur voler leurs pelleteries, les sauvages s'agitaient, quand M. de Courcelles assembla tous les chefs alors à Montréal, et en leur présence, jugea les coupables et leur cassa la tête, Son énergie sauva la situation.
Le comte de Frontenac le remplaçga comme gouverneur en 1672 C'est lui qui exécuta le plan conçu
par M. de Courcelles, celui d'élever un fort sur le lac Ontario : on le nomma fort Frontenac ou Cataracoui ; ce fort est devenu la ville de Kingston. Sur la proposition de l'intendant Talon, qui fit tant do bien à notre pays, le gouvernement choisit un bourgeois de Québec, et l'envoya à la recherche de l’embouchure du Mississipi.
Ce fleuve avait été découvert dès 1639 par Nicolet. Jolliet partit donc avec un missionnaire qui voulut l'accompagner, le père Marquette (1673).
Quand ils furent arrivés à un affluent du Mississipi nommé l’Arkansas, leurs provisions étaient épuisées, ils durent retourner à Québec. C'est Cavelier de la Salle qui atteignit neuf ans plus tard, en 1682, l’embouchure du grand fleuve, et lui donna le nom de Louisiane. D’Iberville fut le premier gouverneur de cette nouvelle colonie française.