‹ Précis d'histoire du Canada à l'usage des écoles primaires [microforme]Chapitre 25 sur 69 · MASSACRE DE LACHINE · texte numérisé non relu

MASSACRE DE LACHINE

M. de Frontenac, rappelé en 1682, allait être nominé gouverneur une seconde fois en 1689, sept ans plus tard, mais ces sept années furent malheureuses pour le Canada, sous l'administration de M. de la Barre, puis sous celle de M. de Denonville.

Le premier était un vieillard faible et peu énergique. Parti avec un millier d'hommes pour secourir contre les Cinq Cantons les Illinois alliés des Français, il reçut sur les bords du lac Ontario une députation iroquoise au moment où les vivres commençaient à manquer à sa petite armée. Très inquiet, il voulut conclure la paix à tout prix, et abandonna peu généreusement les Illinois.

C’est sous lui qu'arriva le deuxième évêque de Québec, Mgr de St-Valier.

M. de Denonville fut plus énergique. 11 envoya quatre-vingts hommes sous les ordres du chevalier de Troyes, s'emparer sur les Anglais de la baie d'Hudson. L'entreprise réussit admirablement, car trois des plus illustres d’entre les sept fils de Charles Le Moÿne, premier baron de Longueuil, en faisaient

- partie : c'étaient d'lberville, de Ste-Hélène et de Maricourt.

Après avoir amassé de grandes provisions dans le fort Cataracoui, Denonville partit en 1687 avec deux mille hommes pour châtier les Iroquois.

Ceux-ci perdirent quarante-cinq des leurs dans un défilé qu'ils voulurent défendre, leur pays fut ravagé, leurs cabanes incendiées, leurs porcs égorgés et leur maïs brûlé.

A son retour, Denonville laissa cent hommes avec le chevalier de Troyes dans un fort qu'il éleva à Niagara : ils y moururent presque tous du scorbut.

Malheureusement, Denonville avait abusé du droit des gens ; désolé de ne pouvoir exécuter les ordres du roi, qui lui demandait des prisonniers

sauvages, pour les employer à ramer sur ses vaisseaux de guerre, il voulut en enlever quelques-uns par la ruse. Il fit réunir un certain nombre de leurs chefs à Cataracoui sous prétexte de traiter de la paix ; et, au milieu d’un festin, ils furent soudain garrottés et expédiés en France.

Le roi les renvoya quelque temps plus tard à leurs tribus.

Les [roquois cependant, à la suite de la rude campagne menée contre eux, songeaient à la paix. Elle allait se conclure, quand un chef illustre, mais rusé, se disant ami des Français, mais froissé de ce qu'il n'avait pas été consulté au sujet de ces négociations, résolut de les faire échouer. Il se nommait Kondiaronk, en français le Rat.

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