D'IBERVILLE. TRAITÉ DE RYSWICK. MORT DE FRONTENAC
Les Anglais allaient encore subir d’autres échecs. En 1691, le major Schuyler, avec une petite armée composée en partie de sauvages, vint surprendre, sous le fort üe ia Prairie de la Madeleine, un camp de sept à huit cents hommes, dont le chef M. de St-Cirque fut tué; mais les Français, revenus à eux, le forcèrent à retraiter, et M. de Varennes, qui accourait
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de Chambly avec un corps d'habitants et de sauvages, mit les ennemis en déroute après une lutte acharnée.
Les Anglais échouèrent encore dans l’île de Terre- Neuve; ils ne purent enlever le fort de Plaisance, qui était défendu par M. de Brouillan; mais celui qui devait leur faire bien du mal, fut le célèbre Pierre Le Moyne d’Iberville, fils de Charles Le Moyne.
Né à Montréal en 1661, il entra dans la marine française, Dans l’année 1696, il fut chargé de chasser les ennemis de Terre-Neuve ; il s'empare de la capitale St-Jean qu'il brûle, et avec cent vingt cinq hommes seulement, il soumet l’île entière, tue près de deux cents Anglais, et fait six à sept cents prisonniers.
L'année suivante il partit avec cinq navires pour conquérir la baie d'Hudson. Un jour son vaisseau se trouve seul, devant le fort Nelson, en face de trois gros navires ennemis : à la stupéfaction des Anglais, au lieu de se rendre, d’Iberville court sur eux. Dans un combat acharné qui dure quatre heures, il coule le plus puissant, force le second à se rendre, pendunt que le troisième s'enfuit à toutes voiles,
Le fort Bourbon se rendit presque aussitôt : la baie d'Hudson était conquise.
Après la paix, d’Iberville explora les bouches du
Mississipi, éleva plusieurs forts, fonda la ville de +
Mobile, et devint le premier gouverneur de la Louisiane. Quand la guerre recommenga, le roi lui donna une flotte de seize vaisseaux, pour combattre les Anglais aux Indes : il mourut d’une attaque de fièvre en 1706.
Pendant ce temps les Iroquois étaient aussi dangereux pour les Français par leurs incursions et leurs dévastations, que les Abénaquis l’étaient pour les colonies anglaises; aussi Frontenac voulut-il les réduire.
Dans l'été de 1696, bravant la fatigue et les privations malgré son grand âge, Frontenac partit de l’île Perrot avec plus de deux mille hommes, et débarqua à l'entrée de la rivière Chouaguen. Il ne trouva à
Onnontagué que les restes fumants de la bourgade, que les sauvages avaient incendiée eux-mêmes, et les cadavres de deux Français morts dans les tourments.
Il marcha ensuite contre les Onneïouts. Tout avait fui à son approche, il dut se contenter de ravager leur pays.
Il restait trois des Cinq Cantons à punir : mais l'hiver approchait. Frontenac ne voulut pas pousser plus loin, au milieu d’ennemis insaisissables, et retourna à Québec.
L'année suivante, on apprit que le traité de Ryswick venait d’être conclu entre la France et l’Angleerre (1697). La France gardait la baie d'Hudson.
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Elle allait faire une grande perte quelques mois après : le comte de Frontenac, le plus grand des gouverneurs du Canada, mourut à Québec le 28 novembre 1698, à l’âge de 78 ans.
QUESTIONNAIRE
1. Où les Anglais furent-ils battus en 1691 ? Qui les commandait ? Quel chef, du côté des Français, décida de la victoire par son arrivée ?
2. Qui défendait Plaisance ? Où était ce fort ? Le fort fut-il enlevé par les Anglais ?