GUERRE DE LA SUCCESSION D’ESPAGNE
La paix ne dura que quatre ans. M. de Callières, quiremplaça Frontenac, en profita pour réunir à Montréal plus de douze cents chefs ou guerriers sauvages, ct conclure ainsi une paix générale avec presque toutes les tribus des Indiens.
Le chef Kondiaronk était devenu un fidèle allié des Français : c'est grâce à sa bonne volonté et à son influence que le traité réussit. Il mourut à Montréal même, pendant ces fêtes pacifiques, et on l’enterra avec pompe.
La guerre allait se rallumer en 1701 avec la Grande-Bretagne cet les nations de l’Europe, parce que Louis XIV avait accepté pour son petit-fils et successeur le trône de l'Espagne. Aïnsi Philippe, petit-fils du roi de France, scrait devenu plus tard roi des deux pays : l’Europe effrayée prit les armes.
M. de Callières mourut sur ces entrefaites . son successeur fut Philippe de Rigaud, marquis de Vaudreuil.
Malgré sa petite population de 20,000 habitants,
alors que celle des colonies anglaises était treize fois plus considérable, le Canada se défendit avec
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énergie. Ce n’était pourtant pas assez que d’avoir à supporter les maux de la guerre: le fléau de la disette se joignit aux autres, parce que le vaisseau la Seine, qui apportait à la Nouvelle-France une grande quantité de provisions, était tombé, malgré sa belle défense, aux mains des Anglais.
Les Français prirent leur revanche : M. de Subercase s'empara de St-Jean de Terre-Neuve, dont les forts défendus par neuf cents soldats, furent enlevés trois ans plus tard par M. de St-Ovide qui avait seulement deux cents hommes. Un butin immense tomba aux mains des vainqueurs, et les forts furent rasés.
C'est aussi M. de Subercase qui défendait Port- Royal en 1707, quand les ennemis vinrent attaquer cette place avec une flotte de vingt-cinq vaisseaux : il les battit. Ils revinrent deux mois plus tard, et furent de nouveau repoussés. Mais quand ils apparurent encore, en 1710, avec cinquante-quatre navires commandés par Nicholson, de Subercase, n'ayant point de renforts, fut contraint de se rendre.
Dès lors, Port-Royal resta aux mains des Anglais ; ils le nommèrent Annapolis, et l’Acadie fut appelée Nouvelle-Ecosse.
Pour en finir avec le Canada, les Anglais chargèrent Walker, en 1711, de s'emparer de Québec. fl partit de Boston sur une flotte de quatre-vingt-huit bâtiments, qui portait plus de six mille hommes de débarquement. En même temps Nicholson, avec
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quatre mille soldats et six cents [roquois, devait suivre le lac Champlain et aller l'aider, en passant par Montréal.
La Providence intervint : surprise par une tempête dans le golfe Saint-Laurent, la flotte perdit huit de ses plus gros vaisseaux sur l’une des sept Iles ; le tonnerre tombant sur un autre, le fit sauter, Les autres rentrèrent en Angleterre : à l'entrée de la Tamise, le vaisseau amiral sauta avec tout son équipage. Cette malheureuse expédition avait coûté la vice à un millier d'hommes.
A cette nouvelle, Nicholson renonça à sa marche en avant, ct la Nouvelle-France fut sauvée de l'invasion,
Cependant la nation rusée et indomptable des Renards avait promis aux Anglais d'enlever le fort Détroit, pour le leur remettre. Cette acquisition aurait rendu les Anglais maîtres des grands lacs et du commerce des pays d’en haut.
M. Dubuisson n'avait qu'une vingtaine d'hommes pour défendre le fort. Dans cette extrémité, il appela à son aide les sauvages alliés, et vit accourir près de six cents Indiens, Hurons, Outaouais, Illinois, ou autres, qui attaquèrent hardiment les Renards.
La lutte fut opiniâtre; finalement les Français et leurs alliés furent vainqueurs : près de deux mille Outagamis périrent ; parmi ces victimes,-on compta des femmes et des enfants.
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Le traité d’Utrecht termina la guerre en 1713. La France, épuisée par de longues luttes contre l’Europe entière, dut céder à l'Angleterre l'Acadie (Nouvelle-Ecosse), le pays des Iroquois, Terre- Neuve, et la Baie d'Hudson.
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