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CHAPITRE XV, GUERRE DE SEPT ANS : CAMPAGNE DE

La population du Canada et de la Louisiane atteignait alors à peine 80,000 âmes, tandis que celle de la Nouvelle-Angleterre dépassait douze cents mille habitants ; néanmoins, chacun songea à faire consciencieusemcnt son devoir.

Le baron de Dieskau, maréchal de camp, vint prendre le commandement des troupes, et M. de

Vaudreuil, fils de l’ancien gouverneur-général, fut nommé pour remplacer le marquis de Duquesne.

De leur côté les Anglais choisissaient Braddock comme leur général en chef dans le Nouveau- Monde.

La lutte, dans l'A mérique du Nord, dura pendant six ans ; en 1795, 1756, 1757, 1758, 1759, 1760.

En 1755, la campagne s'ouvrit par une perte fâcheuse pour les Français ; deux vaisseaux, l’Alcide et le Lys, transportant des soldats, tombèrent dans toute une flotte ennemie et furent pris.

Cette année est restée tristement célèbre par la dispersion des habitants de l’Acadie, qu’on appelle

aujourd’hui Nouvelle-Ecosse. Comme les Acadiens étaient très attachés à la France, le général Monckton les attira à Grand-Pré, brûla leurs habitations et dévasta leur pays ; puis il les embarqua pêle-mêle dans ses vaisseaux, et les dispersa sur les côtes des colonies anglaises.

Le Ciel punit cette cruauté. Braddock, à la tête de deux mille deux cents homines 8e dirigeait contre le fort Duquesne : de Beaujeu, commandant à deux cent cinquante Canadiens et à six cents sauvages, l'attendait sur les bords de la rivière Monongahéla. Dès la première décharge, de Beaujeu est tué : Dumas le remplace. Les Anglais tentent vainement de traverser la rivière : au bout de trois heures de combat, ils sont obligés de prendre la fuite.

Braddock perdit les deux tiers de ses gens, et le reste ne fut sauvé que par l’intrépidité de Washington et deses milices,

Unautre chefanglais, Johnson, marchait avec six mille hommes sur le fort Saint-Frédéric. Un important détachement, qu’il avait envoyé en avant, fut mis en déroute par Dieskau, mais le général français ayant voulu, malgré la fatigue de ses soldats, profiter de sa victoire pour enlever les retranchements de Johnson, fut repoussé : il perdit huit cents des siens et fut lui-même blessé et fait prisonnier.

L'avantage pour cette année restait pourtant aux Français : ils ravagèrent pendant l'hiver, les établisse-

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ments des ennemis, depuis la Nouvelle-Ecosse jusqu'à la Virginie, massacrèrent ou firent prisonnières plus de mille personnes, et de Léry s’empara du fort Bull, qu'il incendia.

QUESTIONNAIRE

1. Quelle était la population du Canada et celle des colonies anglaises d'Amérique au commencement de la guerre de Sept ans ?

2. Qui fut nommé gouverneur du Canada ? Qui fut chois; comme général en chef par les Anglais ? Par les Français ?

3. Citez les années pendant lesquelles dura cette guerre au Canada.

4. Quelle perte firent les Français au commencement de 1755 ?

5 Quel général anglais fit la dispersion des Acadiens ? KRacontez-la.

6, Qui gagna et qui perdit la bataille de la Monongahéla ? Combien y avait-il d'hommes de chaque côté ? Combien Braddock perdit-il d'hommes ? Qui sauva le reste de son armée ?

7. Par qui fut battu le baron de Dieskau ? Pourquoi ? Combien d'hommes perdit-il ?

8. A qui restait l'avantage de cette campagne ? Que se passa-t-il pendant l'hiver ?

HISTOIRE DU CANADA. 65 jus- | res ; fort

CHAPITRE XVI. | | CAMPAGNES DE 1756, 1757, 1758. BATAILLE DE sig CARILLON | erre | jois; Le marquis de Montcalm fut choisi pour remplacer | is ? de Dieskau : il amenait avec lui de Lévis, Bourla- | erre marque, Bougainville et quatorze cents soldats. | ns En 1756, il enlève le fort Chouaguen, (ou Os- 8 ? wego) où il fait scize cents prisonniers, et s’emla ? pare d’une immense quanien tité de munitions et de on provisions, qui furent très T utiles à la colonie dans un temps où séviseait la se disette. Les fortifications

furent rasées,.

MONTCALM. ; Je En 1757, il se dirige vers

le sud du lac Champlain, contre le fort William- Henry : le général Monroe, qui le commande, est obligé de se rendre au bout de six jours. Malheu- : À reusement les sauvages alliés, qui avaient contribué 4 au succès, déshonorèrent la victoire par leur cruauté.

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