DE SALABERRY
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Les Américains protestèrent, et les difficultés amenèrent la guerre, qui dura trois ans ; en 1812, 1813 et 1814.
La Grande Bretagne craignit fort de voir les Canadiens prendre parti pour les Etats-Unis: aussi le nouveau gouverneur, sir Georges Prévost, fut-il aussi conciliant que sir Craig avait été arrogant, et les Canadiens gardèrent généralement la neutralité.
En 1812, les Américains attaquèrent par trois points, et échouèrent partout : leur armée de l’ouest, formée de deux mille hommes, fut faite prisonnière à Détroit par le général Brock, gouverneur du Haut- Canada ; leur arri:ée du centre, composée de mille hommes, dut se rendre à Queenstown, où fut tué Brock. Enfin dix mille hommes qu'ilsavaient envoyés dans le nord sous la conduite de Dearborn, attaquer Salaberry, qui défendait Lacolle, se retirèrent à la suite d’une terrible méprise: Dearborn avait divisé son armée en deux corps qui, pendant la nuit, se prirent réciproquement pour l'ennemi, et se fusillèrent.
En 1813, ils l'emportèrent dans l’ouest et sur les grands lacs. Leur commodore Perry gagna sur le lac Erié, à Put-in-Bay, une bataille contre Barclay, et le général anglais Proctor essuya une défaite importante à Moraviantown, où un chef indien, fidèle allié des Anglais, Tecumseh, fut tué.
Ils furent aussi heureux sur le lac Ontario:
après s'être emparés de Toronto, ils gagnèrent une grande victoire sur le lac, devant cette ville: le commodore Chauncey y fut vainqueur contre le commandant anglais Yeo.
Il ne Jeur restait plus que Montréal et Québec à enlever, et ils devenaient maîtres du Canada ; mais les deux armées qu'ils envoyèrent dans ce but échouèrent : Wilkinson fut battu à Chrysler’s Farm par le colonel Morrison, et le général Hampton fut arrêté par de Salaberry à Châteauguay.
De Saixte. y s'était posté près d’un bois presque impénétrable sur la rive gauche de la rivière Châteauguay : il n’avait que trois cents hommes autour de lui. Il les plaça derrière les abattis d'arbres, et attendit les Américains. Ceux-ci, au nombre de sept mille, étaient pourvus de dix pièces d'artillerie,
Dans Ia nuit du 25 octobre, le colonel Purdy essaya de surprendre les Canadiens par derrière, mais il s’égara dans le bois. Le 26, Hampton, avec trois mille cinq cents hommes, commence l'attaque.
De Salaberry dirige lui-même le feu de ses miliciens qui, énergiques et calmes, se comportent comme de vieux soldats. Durant l’action, un cer. tain nombre de Canadiens, éparpillés dans le bois, sonnent de la trompette pour donner à l'ennemi l’impression qu’il a devant lui des troupes nombreuses, Après quatre heures et demie de combat, Hampton
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n’a encore reçu aucune nouvelle de Purdy, qui du reste avait été repoussé. Convaincu que les forces qu'il attaque sont supérieures aux siennes, il se décide à la retraite, abandonnant une quarantaine de morts sur le champ de bataille.
Dans la campagne de 1814, les succès furent partagés : les Américains ne purent enlever Lacolle, situé au pied du lac Champlain, et leur forte place d’Oswego fut incendiée par le gouverneur du Haut- Canada, le général Drummond. Ils vengèrent cet échec par une victoire importante à Chippawa, mais Drummond prit une revanche éclatante à Lundy's Lane.
11 poursuivit les Américains jusqu’au fort Erié, et s'était déjà emparé d’une partie de leurs positions, quand une mine fit explosion : les Anglais, saisis de panique, prirent la fuite, et perdirent un millier d'hommes tués, blessés, ou faits prisonniers.
Le général Prévost reçutalors d’Angleterreun renfort de quatorze mille hommes avec lesquels il pénétraaux Etats-Unis, mais un échec éprouvé par la flottille anglaise sur le lac Champlain le força à rentrer au Canada. La paix fut enfin signée à Gand en 1814, mais la question des frontières ne fut tranchée que très longtemps après, en 1846, par le compromis d’Ashburton : la ligne 45e, c'est-à-dire le 45e dogré de latitude fut choisi comme frontière entre je Canada et les Etats-Unis.
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