ACHEMINEMENT AU SOULÈVEMENT DE
A sir G. Prévost, succéda le général Drummond ; celui-ci ne put s'entendre avec l'assemblée législative au sujet de deux juges indignes de leur position et que la chambre voulait faire révoquer, et il ordonna brutalement sa dissolution.
Mais sous l'administration suivante, celle de sir John Sherbrooke, allait commencer à s’aigrir entre les gouverneurs et les députés du peuple, la lutte au sujet des subsides, (1) dont nous avons dit un mot dans un chapitre précédent. L'assemblée voulait posséder le droit de disposer des deniers, droit que le gouvernement tenait à conserver au Conseil Législatif.
Les gouverneurs, s’entêtant dans leur résolution, prorogeaient continuellement la chambre, et le peuple, de son côté, réélisait les mêmes députés. Une telle situation devait amener infailliblement un soulèvement.
Sherbrooke évita bien des difficultés par sa modération, mais celui qui le remplaga, le duc de Rich-
(1) On nomme subsides les impôts levés pour les néces. sités d’un pays.
mond, prorogea l'assemblée. Dalhousie, qui vint ensuite, refusa de reconnaître Papineau comme président de la Chambre, qu'il prorogea deux fois. C’est lui qui fit élever auprès de Québec une colonne à la mémoire de Wolfe et de Montcalm.
Sir James Kempt, qui arrivaen 1828, fit quelques concessions, et lord Aylmer, qui lui succéda deux ans plus tard, annonça à l’Assemblée Législative qu’à l’exccption du revenu des Terres de la Couronne, le ministère consentait à lui abandonner le contrôle de tous les revenus, moyennant une liste civile de £19,000 votée pour la vie du roi.
Le parlement eût du se contenter de ces concessions raisonnables : malheureusement les esprits, très montés, étaient devenus défiants. On demanda copie des dépêches des ministres : le gouverneur, froissé, refusa. Dès lors, l'espoir de la concorde s'éloignait, et la guerre civile allait commencer.
QUESTIONNAIRE
1. Nommez les gouverneurs qui se succédèrent depuis Prévost jusqu’à Aylmer. | |